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2 milliards pour les producteurs, 114 milliards pour les trafiquants

Par L'Economiste | Edition N°:1801 Le 30/06/2004 | Partager

. Gains de productivité chez le premier producteur mondial! . Les chiffres font douter de la volonté politique du MarocLE niveau de production du cannabis au Maroc augmente depuis les années 80. En 2003, le Maroc s’est engagé dans le cadre d’une coopération avec l’ONUDC (Office des Nations unies contre la drogue et le crime) pour mener une enquête sur la production de drogue illicite et le crime organisé. Les résultats ont déjà été diffusés, il y a quelques mois, et avaient surpris. Sans données précises, les chiffres les plus fantaisistes circulaient, dont certains multipliaient allègrement les surfaces et le commerce: les plus basses «estimations, fournies par l’ancien ministre de l’Intérieur, Driss Basri, donnaient plus de 20 milliards de dollars de CA, soit 220 milliards de DH. Les chiffres réels calculés par l’ONUDC ont remis les choses en place (cf. L’Economiste des 27 février et 1er mars 2004; www.leconomiste.com). Il n’empêche que ces choses sont graves.Le présent rapport («Rapport mondial sur la drogue 2004») revient donc à la charge avec un peu plus de détails et replace le Maroc dans son contexte mondial; lequel confirme sa responsabilité: il est le premier fournisseur mondial de résine de cannabis. L’enquête a montré que près de 134.000 hectares lui sont dédiés, soit près de 14.000 km2 dans les provinces du Nord, ce qui représente près de 1,5% des terres cultivables du Maroc (environ 9 millions d’hectares). Le potentiel de cannabis est estimé à 3.080 tonnes et la feuille de cannabis à environ 47.000 tonnes. L’enquête a relevé que près de 75% des douars de la région, 96.600 fermiers (6,5% des fermiers), produisaient le cannabis. Ce qui représente environ 800.000 personnes (2,7% de la population). Toutefois, en 1994, un recensement faisait état de 1,65 million de personnes y travaillant. La baisse de la «population active employée» dans le cannabis ne peut vouloir dire qu’une seule chose: évolution des techniques et maximisation des cultures, donc emploi de moins de personnes, -les gains de productivité du cannabis ont sans doute été très supérieurs à ceux des autres cultures! Parce que selon l’enquête, les niveaux de production sont en hausse depuis les années 80. Alors que la main-d’oeuvre est quand même moins nombreuse. Industrialisation de la production? Les observateurs rapportent souvent que les saisons de production de cannabis se sont raccourcies par deux, de manière à doubler les quantités en un minimum de temps.Ce que rapporte le cannabis? Un revenu (pas net!) de 20.900 DH en moyenne par an et par famille de fermiers. Il représente la moitié des revenus de ces familles qui perçoivent en moyenne annuelle près de 41.335 DH. Dérisoires! Tout comme le sont les revenus moyens enregistrés auprès des 1,5 million de fermiers marocains qui touchent près de 42.874 DH. Pas de grande différence. Mais c’est connu, ceux qui font le plus de bénéfices dans le monde du cannabis sont les intermédiaires et les distributeurs. Le monde du trafic et non de la production. Les producteurs gagneraient environ 2 milliards de DH, tandis que le trafic équivaudrait à environ 114 milliards de DH. Un rapport de 1 pour 57! L’étude indique que seulement près de 7% du total des saisies de cannabis concernent le Maroc en 2001. La majorité des saisies se font en Europe (75% en 2001). L’Espagne arrive en tête (57% des saisies). Normal, c’est le pays de transit par excellence. Le faible taux de saisie au Maroc implique forcément moins de contrôle, ou des capacités de contrôle moins importantes. Les démonstrations des forces policières médiatisées de temps en temps, montrant des lots de hachisch au bûcher, ne passent plus auprès des autorités de lutte contre le trafic de drogue. Les chiffres, implacables, accablent le Maroc et remettent en cause sa véritable volonté d’en finir avec celle dont on dit qu’elle est la première source officieuse d’entrée en devises dans le pays.M.Kd.

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