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Culture

«Mon équipe et moi, n’avons aucun enjeu électoral»Entretien avec Meriem Bensalah, présidente du festival

Par L'Economiste | Edition N°:2325 Le 24/07/2006 | Partager

Le festival de Casablanca a démarré sur fond de polémique provoquée par certains élus de la ville qui mettaient en doute sa qualité et surtout sa gestion. Au final, ils ont tout faux. Le festival a été un vrai succès populaire. Programmation, ambiance, finances… Meriem Bensalah, sa présidente, revient sur les différents aspects d’une manifestation qui monte.. L’Economiste: Que retenez-vous de cette deuxième édition du festival?- Meriem Bensalah: Un succès qui s’est traduit avant tout par l’engouement extraordinaire du public qui est resté discipliné tout au long de l’événement. Au sein de l’équipe de l’organisation, nous étions portés par la liesse et la joie de ces milliers de gens; je ne parlerai pas d’euphorie, mais nous n’en sommes pas loin. Je suis persuadée qu’il est toujours possible de faire mieux. C’est le manager qui vous parle là (rires).. Quels sont les points que l’on peut améliorer? - Dans l’équipe, nous estimons qu’il faut avant tout veiller à la pérennité du festival. Ensuite, lui donner une forme plus appropriée à la répartition géographique de Casablanca en étant présent sur d’autres sites, que nous n’avons pas encore touchés pour des raisons budgétaires. Nous voudrions également prolonger la durée du festival. Huit jours, c’est certes beaucoup mais tellement peu pour une ville avide de culture comme Casablanca. En fait, il s’agit de faire mieux, plus longtemps mais certainement pas différemment puisque le concept actuel semble porter ses fruits.. On a reproché à la programmation une certaine «sélectivité». Les genres «grand public» comme Raï et Chaâbi à Sidi Bernoussi et d’autres plus «selects», à Rachidi, au «cœur» du festival…Je pense qu’il s’agit d’un mauvais procès. Les scènes ne sont absolument pas étiquetées. Le groupe Babylone Circus, par exemple, s’est produit à El Hank et pas seulement au centre-ville (Rachidi). Nous essayons d’obtenir un maximum, c’est-à-dire au moins deux représentations par groupe. Ce qui n’est pas toujours possible. Aussi, nous opérons en fonction des capacités de chaque scène par rapport à l’importance de l’artiste. Il est vrai qu’on a tendance à programmer des jeunes talents et des plateaux hip-hop à Rachidi pour la simple raison que se tenir devant 200.000 personnes est extrêmement impressionnant pour des groupes débutants. Ceci dit, la scène de Rachidi a une capacité de 60.000 personnes ce qui peut absorber les intéressés par le style de toues les zones de la ville.. Au niveau de la sécurité, comment peut-on évaluer le dispositif déployé? - L’importance des dispositifs évoluait en fonction des événements. Les agents de sécurité (publics) étaient mobilisés à l’extérieur et parmi le public, tandis que les sociétés privées s’occupaient de la partie intra-muros. Ce qui est toutefois à noter pour cette édition, est que ces agents ont saisi l’esprit du festival. L’année dernière, quand nous avons exigé un spectacle déambulatoire sans barrières, une proximité entre le public et les artistes, les autorités étaient quelque peu inquiètes, mais cette année nous l’avons réussi sans le moindre incident. Les dispositifs sécuritaires devaient être les plus discrets possible afin que le public reste serein. C’est ce qui a été réussi pour cette édition.. Comment a été arrêté le budget du festival? Aviez-vous assez de ressources?- Nous avons travaillé suivant une méthode managériale typique. Nous avons dressé un business-plan, précisé et évalué le coût. Je tiens à préciser que c’est une ligne budgétaire des plus transparentes. Nous avons deux commissaires aux comptes et je rappelle que Casablanca est le seul festival à être suivi de deux cabinets: Ernst & Young et PriceWaterhouse qui s’impliquent bénévolement. C’est notre manière d’installer la transparence et de dire aux gens, «voilà, vous en avez pour votre argent». C’est déjà un exploit d’avoir cette qualité avec les moyens qui étaient les nôtres. La concurrence était rude avec toutes ces manifestations organisées un peu partout au Maroc. Ce n’est pas évident de négocier avec les fournisseurs et de parvenir à avoir des prix compétitifs. Mais nous essayons d’optimiser au maximum nos dépenses. L’objectif était d’établir un juste prix pour chaque section. Et c’est ce que nous avons réalisé sans toucher à la qualité de l’événement.. Le festival de Casablanca a été la cible de véhémentes critiques de la part de certains élus. Selon vous, quels sont les enjeux d’une telle manifestation?- Ce que je peux vous assurer c’est que mon équipe et moi n’avons aucun enjeu électoral. Je me suis personnellement engagée de manière tout à fait désintéressée. C’est juste ma manière de contribuer au développement de ma communauté. Ma récompense reste l’expérience humaine que le festival me permet d’acquérir. Sinon, heureusement qu’il y a des détracteurs, cela ne fait que prouver que le festival est un vrai succès. Propos recueillis par I. M.

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