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«L’opposition juive au sionisme» pour changer la façon de penser

Par L'Economiste | Edition N°:1795 Le 22/06/2004 | Partager

. Un véritable pied de nez aux amalgames . Un livre «qui fait mal». «L’Etat d’Israël menace la continuité juive»«Au nom de la Torah, histoire de l’opposition juive au sionisme» est un vrai livre d’histoire. Riche en références, élaboré à partir d’une démarche scientifique, l’ouvrage est loin d’être démagogue, voire populiste (ndlr: la démagogie peut aisément piéger un écrivain à l’évocation d’un thème aussi complexe et sensible). L’auteur a présenté son ouvrage à la Bibliothèque la Source lundi dernier à Rabat. L’introduction de cette conférence a été faite par l’érudit Edmond El Maleh. Une cinquantaine de personnes étaient là, médusées et «ravies de redécouvrir des choses que l’on avait oubliées» pour reprendre les termes de l’un des auditeurs.Yakov Rabkin, professeur d’Histoire à l’Université de Montréal à Québec, après deux années de recherches poussées et de voyages, revient sur les fondements du judaïsme. Un travail de fourmi qui lui a permis de remettre sur le tapis des vérités cachées. Les stéréotypes véhiculés par les médias sur les Juifs et la situation au Proche-Orient seront terrassés. Et grand bien nous fasse. Et si ce livre existe aujourd’hui, c’est qu’il y a un besoin urgent de rappeler ces évidences: un juif n’est pas un sioniste (comme un musulman pas un islamiste). Le gouffre de l’oubli n’est pas très loin. Le discours d’André Azoulay lors des rencontres de Fès au début du mois de juin, non plus (cf. www.leconomiste.com). «Il faut changer la structure de penser sur ce sujet», insiste l’historien.Lutter contre ces amalgames qui nourrissent les haines dans l’inconscient collectif des peuples constitue pour ainsi dire l’objectif premier de Rabkin. «La majorité des gens ne sont pas extrémistes. Ils sont mal informés, c’est tout», ajoute l’auteur. Ce livre ne relève donc pas que d’un débat judéo-juif, comme quelques membres du cercle des Juifs marocains l’ont fait remarquer à Rabkin, mais s’étend à toutes les sphères. «Quand on parle d’Etat juif pour désigner Israël par exemple, cela donne lieu à une confusion aussi réelle que dangereuse entre la foi et la nationalité», écrit dans la préface du livre Joseph Agassi de l’Université de Tel-Aviv et Université de York à Toronto.En parcourant ce livre, l’on découvre un judaïsme opposé à l’idée d’un Etat d’Israël tel qu’il existe aujourd’hui. Basé donc sur le sionisme. «Attention! ce livre fait mal», prévient l’auteur. Il fait mal, car il recèle des vérités et remet en cause tout ce que les gouvernements israéliens successifs ont construit depuis 1948, date de proclamation de l’Etat d’Israël par Ben Gourion. «Regardez la photo du livre: cette main vide d’un jeune Haredim (juif conservateur) représente une menace pour Israël parce que celle-ci est basée sur la tradition. Tandis que la menace arabe et palestinienne ne fait qu’unifier Israël, dont le souci primordial se concentre sur la défense du territoire. Dès que ce danger sera éloigné, commencera alors la véritable déchirure. Et c’est là que réside la véritable menace. Il y a une énorme tension entre les Haredim et le reste de la société israélienne», rappelle l’auteur en reprenant des citations d’historiens, de rabbins, et d’autres experts. L’ouvrage débouche sur une conclusion fondée: «L’Etat d’Israël, tel qu’il existe, menace la continuité juive».


Plus sionistes que les sionistes

A l’évocation du sionisme, Rabkin tire la sonnette d’alarme quant au phénomène de l’extension de l’Eglise fondamentaliste chrétienne aux Etats-Unis. «Il y a plus de sionistes chrétiens que de sionistes juifs, aux Etats-Unis. Il y a toute une coalition chrétienne radicale d’environ 40 millions de personnes dont le projet est de réunir les Juifs en terre sainte, donc ne rendre aucun territoire palestinien». Dans leur esprit, dit Rabkin, viendra ensuite le Christ une deuxième fois. «Les Juifs auront le choix de se convertir au christianisme ou de périr. C’est pour cela que ces chrétiens donnent leur appui total à Israël».Les groupes les plus extrémistes en Israël sont ces groupes chrétiens, souligne l’auteur. «Cela explique pourquoi Bush a tellement changé de cap par rapport à Clinton: il y a le bien et le mal, et c’est tout». L’un des prédicateurs de ce mouvement est Jerry Falwell (ndlr: cité dans l’ouvrage) qui dit que l’Etat d’Israël est plus important pour les chrétiens que pour les juifs». Ce mouvement existe depuis 30-40 ans, conclut Rabkin… De quoi donner des sueurs froides.


Diaspora juive déstabilisée

Pour l’auteur de «L’opposition juive au sionisme», l’importation du confit au Proche-Orient par d’autres pays comme la France ou les Etats-Unis, ou même par le Maroc, déstabilise la diaspora qui y réside. Pour être concret, il cite l’exemple suivant: «Une semaine avant que Sharon ne justifie l’assassinat de Cheikh Yassine, comme un acte de défense du peuple d’Israël, le gouvernement israélien avait tenu une réunion sur la manière de développer des techniques pour augmenter l’immigration des Juifs vers l’Etat d’Israël. Et l’un des moyens est d’accroître leur sentiment de désespoir, pour qu’ils reviennent vers la mère patrie», explique le professeur d’Histoire.


Pour un Etat entre le Jourdain et la mer

Yakov Rabkin fait partie de ceux (de plus en plus nombreux) qui militent pour cette idée: créer un Etat démocratique qui ne tienne pas compte de la religion. Comme il l’explique dans son ouvrage, «Israël est de fait devenu un Etat binational qui renie ses droits politiques à l’une des deux nations». Puis d’ajouter plus loin: «Ces groupes (juifs) seraient sans doute d’accord quant au fait que la structure sioniste de l’Etat mine les efforts de paix entre Israël et les Palestiniens». Rabkin, fervent militant pour un Etat entre le Jourdain et la mer, assistera dans deux semaines à un colloque à Lausanne (Suisse), sur la question. Mouna KADIRI

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