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Economie

3,2 milliards d'investissements prévus en 1995

Par L'Economiste | Edition N°:156 Le 01/12/1994 | Partager

Le secteur des mines contribue, en fonction des cours sur les marchés étrangers entre 4 et 7% du PIB. Le chiffre d'affaires global atteindra en 1994 12,3 milliards de DH, en hausse de 15% par rapport à 1993, dont 9,9 milliards de DH pour les phosphates et dérivés. Les recettes d'exportation ont

atteint, en 1994, près de 11,1 milliards de DH. L'activité minière est hautement capitalistique. L'investissement peut être variable en fonction de la taille et de la nature du gisement, de la nature du produit et de la localisation de la mine. A titre d'exemple, la mine Hajar de Guemassa a nécessité pour sa mise en exploitation 800 millions de DH et celle d'Imiter 300 millions.

Durant l'année 1994, l'investissement du secteur s'est élevé à 1,9 milliard de DH et porte sur la recherche, l'exploitation et la valorisation des minerais. En 1995 et d'après les chiffres recueillis auprès du secteur, l'investissement sera plus important puisqu'il devra atteindre 3,2 milliards de DH avec une participation prépondérante de l'OCP (2,7 milliards de DH).

Le secteur des mines est particulièrement caractérisé par des fluctuations très importantes des cours sur les marchés internationaux. Ces fluctuations sont essentiellement dues à une inélasticité de l'offre par rapport aux prix : les producteurs ont des difficultés à réduire leurs capacités de production.

"Les entreprises minières qui parviennent à faire face à ces crises cycliques sont celles qui bénéficient de rentes absolues (conditions avantageuses de gisement)", précise Mlle Benkhadra. Vient ensuite en ligne de compte la qualité de gestion qui détermine leur compétitivité par rapport à leurs concurrentes. La libéralisation des changes offrirait éventuellement aux entreprises minières marocaines de se couvrir contre les risques de cours et de change à travers les marchés à terme. "Ces opérations doivent être néanmoins manipulées avec beaucoup de prudence", précise le directeur des mines qui cite l'exemple de Codelco Chili (cuivre) qui s'est trouvé avec des pertes très lourdes à la suite d'opérations de couverture qui ont pris l'aspect d'opérations de spéculation.

De plus , la hausse des coûts de certains facteurs de production (énergie, consommables, biens d'équipement, transport...) grève la productivité des entreprises marocaines. A titre d'exemple, entre 1980 et 1993, le coût de l'énergie a été multiplié par 3,2 et celui des consommables par 2,5.

L.T.

LA RECONVERSION DES CITES MINIERES

"L'ACTIVITE minière contribue particulièrement au développement régional du pays par le désenclavement des régions, la création d'emplois dans les régions les plus reculées du pays où n'existe dans la plupart des cas aucune activité industrielle ou de service", précise Mlle Amina Benkhadra, directeur des Mines. Mais la spécificité fondamentale d'une mine est qu'elle naît, se développe et meurt. "Cette spécificité, si elle est bien assimilée par les acteurs du secteur, le demeure moins par les autres intervenants", avance le directeur des Mines.

"Nous pourrons envisager dans ce sens que les entreprises minières puissent provisionner pour les indemnités de licenciement lorsque le gisement est épuisé", ajoute-t-elle.

Par ailleurs, le problème de reconversion des effectifs et des cités minières est actuellement à l'ordre du jour avec la fermeture prévue dans 10 ans de la mine de Jérada. Un programme de reconversion de la ville de Jérada devra être défini par une Commission Nationale multipartite.

Les programmes devront porter sur une reconversion du personnel à l'extérieur de la région par une réadaptation à de nouveaux postes de travail ou à l'intérieur par la création de nouvelles industries et des infrastructures nécessaires.

Par ailleurs, l'activité minière offre près de 60.000 postes d'emplois directs. Par ses effets induits, elle emploie près de 2 millions de personnes. La masse salariale distribuée, hors avantages et charges, est de 1,7 milliard de DH.

Le personnel bénéficie d'autre primes et indemnités diverses liées à la production, l'éloignement, la responsabilité, représentant une majoration du salaire de base de 20 à 50%.

Les autres avantages dont bénéficie le personnel ont trait à l'habitat. Le patrimoine actuel des entreprises minières en logements permet de loger près de 45% de l'effectif. Les entreprises minières tentent actuellement de favoriser l'accès à la propriété au personnel du secteur minier. Ceci permet de réduire les coûts de gestion très importants des cités minières.

L'exemple est la mine de Guemassa qui a préféré assurer le transport des mineurs de Marrakech à Hajar au lieu de construire une cité. En revanche, l'entreprise dispose d'un programme d'accès à la propriété au niveau de Marrakech moyennant des conditions avantageuses.


L.T.

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