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    Evénement

    22% de prisonniers de plus en un an

    Par L'Economiste | Edition N°:3504 Le 08/04/2011 | Partager
    Jeune homme analphabète, le profil type
    Des prisons surpeuplées pour abus de procédure!

    Quel est le profil d’un prisonnier au Maroc? C’est un jeune ayant entre 21 et 30 ans, souvent de sexe masculin (97,5%), analphabète ou ayant à peine un niveau primaire de scolarité… Selon l’Administration pénitentiaire, les prisons marocaines comptent 63.124 détenus à fin septembre 2010. Le plus surprenant, c’est que les personnes emprisonnées exercent souvent des professions libérales (30%) ou sont des artisans. Pas question pour autant de stigmatiser ces métiers. Une personne peut se retrouver derrière les barreaux pour un motif étranger à son activité professionnelle. Mais si on rapporte ce constat à la criminalité financière, la plus répandue, il y a matière à réflexion. Viennent après les chômeurs, agriculteurs... Les employés et les retraités sont très minoritaires dans le monde carcéral. En un an, la population carcérale a fait un bond de 22%. Elle est passée en effet de 51.623 à 63.124 personnes. Ces chiffres devraient relancer le débat sur le recours abusif à la détention provisoire, procédure pénale censée être exceptionnelle.
    Or, les magistrats (juges et procureurs) s’en servent sans modération pour des fins parfois injustifiées! L’article 125 du code de procédure pénale consacre une «mesure exceptionnelle». Elle ne peut dépasser les deux mois, mais peut être prolongée cinq fois pour la même période (2 mois), soit dix mois au total (L’Economiste du 2 décembre 2009). Et ce n’est pas Hafid Benhachem qui dira le contraire. Pour preuve, les données présentées par le délégué général de l’Administration pénitentiaire et de la réinsertion lors de la discussion du projet de loi de finances 2011. Les personnes en détention provisoire représentent près du quart de la population carcérale! Aberrant, si on sait que nos prisons sont surpeuplées. Le plan 2008-2012 présenté par l’ex-ministre de la Justice, Abdelouahed Radi, prévoyait la construction de 11 pénitenciers. Détachée subitement en 2009 du ministère de tutelle, l’Administration pénitentiaire poursuit donc ce programme de construction et d’agrandissement des prisons. Il est prévu en 2011 d’ouvrir trois pénitenciers dont celui d’Eloudaya à Marrakech. Six autres établissements viennent par ailleurs de démarrer leurs activités: Tétouan, Béni Mellal, Tifelt… Ce programme devrait atteindre à terme une capacité d’accueil de 18.212 lits. Ces projets ne doivent pas cacher la réalité. Ne pas confondre d’abord entre le nombre des lits et le nombre des prisonniers… Une superficie de 1 à 1,5 m2 par personne alors que la moyenne internationale est de 10m2. L’on compte ensuite un surveillant pour 11 prisonniers, d’où aussi des maux tels que la surpopulation et l’insécurité carcérales. Quant à la ration alimentaire d’un détenu, elle ne dépasse pas 5 DH/jour! Pis encore, les «budgets» médicament et hygiène sont respectivement de 0,60 et 0,20 DH. Ces chiffres remontent à 2009. C’est-à-dire du temps où l’Administration pénitentiaire était encore sous la coupe du ministère de la Justice. Benhachem soutient, en novembre 2010, devant la commission parlementaire justice et législation, qu’il y a eu entre-temps une «amélioration qualitative et quantitative de l’alimentation». Mais sans donner de chiffres… Toujours est-il que les repas mensuels à base de poulet sont passés de 3 à 5. Et 3 œufs servis chaque semaine contre 1 auparavant! L’Administration pénitentiaire reconnaît que ces efforts sont insuffisants: manque patent d’employés spécialisés dans la restauration collective, fournisseurs qui ne respectent pas les cahiers des charges, persistance d’entrée de paniers… L’idée de concéder la restauration à des entreprises fait son chemin… Benhachem y a en tout cas fait allusion lors de son intervention au Parlement.

    Médecins «boudeurs»

    120 médecins –généralistes et dentistes uniquement- pour plus de 63.000 détenus. Beaucoup rechignent à travailler dans des pénitenciers situés à Zayou, Errachidia ou Bouarfa… Il existe aussi 72 médecins, dont des spécialistes, dits «conventionnés». Il est pourtant «difficile» d’en avoir plus. Cela s’explique, selon l’Administration pénitentiaire, par le «faible montant des indemnités mensuelles». Elles oscillent entre 170 et 720 DH bruts. Cette grille dépend en fait du type d’établissement. D’où l’idée de réviser le décret régissant ces indemnités médicales. Le recrutement d’infirmiers formés dans des écoles privées a permis de couvrir les besoins. Les statistiques ont aussi un côté cynique: un médecin pour 750 prisonniers. La moyenne nationale est d’un médecin pour 1.637 habitants!

    Faiçal FAQUIHI

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