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Politique

«Remplacer la compensation par une aide de 6000 DH/an«
Mohamed Soual, membre du bureau politique du PPS

Par L'Economiste | Edition N°:2408 Le 24/11/2006 | Partager

Illisibilité des programmes politiques, pauvreté du débat public et absence de leadership… Interpellé sur ces questions, Mohamed Soual, membre du bureau politique du PPS, tente d’apporter des explications. . L’Economiste: Les programmes des partis manquent souvent de visibilité. Est-ce par manque de compétences ou par crainte de faire des promesses qu’ils ne tiendraient pas?- Mohamed Soual:La démocratie repose sur deux piliers : les partis politiques ont pour mission constitutionnelle l’encadrement des populations et pour fonction la représentation populaire conférée par le suffrage universel. Par conséquent, le premier pilier est constitué par la légitimité conférée par ce suffrage, et le second réside dans l’obligation qu’ont les partis de rendre compte sur le respect qu’ils tiennent ou non à remplir leurs engagements. Il faudrait cependant savoir qu’en raison de l’éparpillement du champ politique (aucun parti n’est arrivé à rallier plus de 12 % des suffrages exprimés!), la normalisation démocratique qui s’opère dans notre pays depuis au moins l’alternance consensuelle de 1998 s’effectue au prix d’une large et hétéroclite coalition. Cette situation explique largement le peu de visibilité des programmes des partis politiques. La coalition travaille sur la base du dénominateur commun que constitue la déclaration générale du Premier ministre lors de l’investiture du gouvernement à la Chambre des représentants. Il faudrait juger sur cette base-là, et, ma foi, le bilan n’est pas mauvais!. Quid des compétences?- Notre pays dispose fort heureusement d’une technostructure de qualité. Une partie de celle-ci se trouve également au sein des partis. Opposer la technostructure à la légitimité politique qui seule a l’obligation de rendre compte, c’est rendre un mauvais service à la démocratie et alimenter un populisme qui ne sert en rien celle-ci. Il est tout de même surprenant de porter un jugement aussi sévère sinon mitigé sur les compétences partisanes alors que tout le monde sait que les militants des partis politiques surtout de gauche ont longtemps été frappé d’ostracisme dans l’exercice des responsabilités au sein de la haute administration, dans les fonctions de direction des entreprises politiques ou dans les fonctions d’autorité territoriales et diplomatiques. Traiter les cadres des partis d’incompétents traduit à la fois une méconnaissance profonde de ces militants et l’absence de véritables débats démocratiques dans les médias publics et privés. Je connais personnellement nombre d’entre eux qui disposent d’une grande maîtrise technique, d’une connaissance approfondie des dossiers mais également d’un sens élevé des responsabilités et d’une passion inégalée pour le service dévoué de la chose publique et de l’intérêt général.. A chaque élection, on assiste à une foire d’empoigne au lieu de débats profonds et sereins. Est-ce que ce sont les structures qui manquent ou les hommes?- Déverrouillons les médias publics, et vous allez voir qu’à force de pédagogie, la normalité démocratique s’installera, la polémique politicienne s’estompera sans jamais s’éteindre définitivement, et l’intérêt du public pour le véritable débat démocratique s’accroîtra. Il suffit d’être armé de patience! Juger le débat politique sous le seul prisme des petites phrases assassines, des jeux de cirque médiatico-politiques ou de résultats de sondages tronqués, c’est précisément alimenter cette foire d’empoigne. Deux autres mesures complémentaires me paraissent essentielles. Primo: tout faire pour élever le niveau de conscience politique des citoyens: les partis doivent s’engager à fond dans leur rôle d’encadrement et l’état doit s’engager totalement dans la promotion des valeurs citoyennes. Secundo: tout faire pour rationaliser le champ politique. Trente partis, c’est à la fois trop et ridicule. Les partis aux programmes similaires et aux sensibilités proches doivent se présenter en bloc face aux électeurs. C’est une affaire de responsabilité et non un objectif que l’on peut atteindre par la réglementation !. Concrètement, que préconisez vous sur le plan social? - Sur le plan social, il s’agit d’abord de s’attaquer en priorité à toutes les poches de la pauvreté pour la faire reculer. Nous proposons de procéder immédiatement à une évaluation de la Caisse de compensation pour transformer le soutien des prix en aide directe à ceux qui en ont véritablement besoin. C’est pourquoi nous réfléchissons aux mécanismes institutionnels pour la mise en place d’un revenu minimum de solidarité. Toutes les familles recensées comme étant pauvres et vivant avec moins de 10 DH par jour (soit un million de familles) recevront une aide directe de 6.000 DH/an. Le financement de cette mesure est à prélever sur les dotations de la Caisse de compensation. La première année, l’enveloppe nécessaire serait de l’ordre de 7,2 milliards de DH. Le reliquat des montants alloués à cette Caisse ira soutenir, à la base, les activités concernées (betteraviers, tournesols, etc.) Un pacte social sera proposé. Il reposera sur la contractualisation des rapports salariés/entreprises et sur le développement de la culture de la négociation. Un système d’intéressement assis sur le partage des fruits de la croissance sera soumis à l’appréciation des partenaires sociaux.Propos recueillis par Khadija RIDOUANE

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