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«Pas de dumping, mais de bonnes négociations«
Entretien avec Hervé Vighier, PDG du groupe Marmara

Par L'Economiste | Edition N°:2236 Le 17/03/2006 | Partager

Hervé Vighier est à la présidence du groupe Marmara depuis 1988. Il a fait franchir un nouveau cap à son entreprise qui revendique aujourd’hui le premier rang français en matière de tour-operating. Le chiffre d’affaires est en croissance avec 450 millions d’euros. Pour lui, c’est le contrôle de toute la chaîne des prestations qui fait la force de son entreprise. A signaler qu’au Maroc, le TO a réalisé une croissance de 35% en 2005.- L’Economiste: On parle d’une baisse dans le domaine du voyage pour ce début de 2006, notamment sur certaines destinations. Qu’en dites-vous? - Hervé Vighier: Et comment! Malheureusement, les consommateurs partent de moins en moins en voyage, effrayés par le phénomène de la grippe aviaire et les problèmes d’insécurité. Les opérateurs essaient de modifier l’offre pour coller aux désirs des clients qui, au gré des évènements, chamboulent leur programme de vacances. Et, effectivement, des destinations souffrent plus que les autres. - Par exemple?- L’Egypte a chuté de 57% sur le marché français. Au sein du groupe Marmara, nous avons enregistré une baisse de 40% sur cette destination. Pour la Turquie, même si nous constatons des baisses, on ne peut encore donner de chiffres précis. Il faudra attendre la haute saison, c’est-à-dire l’été pour avoir une idée globale. A signaler que le Maroc n’est pas concerné par ces contre-performances. Les raisons? Le phénomène de grippe aviaire n’explique pas tout. Il y a aussi des causes purement économiques qui provoquent cette baisse: nouveaux besoins des consommateurs, l’incidence des augmentations des prix des carburants sur les budgets des ménages…Dans les îles comme la Réunion, les choses sont bien plus catastrophiques avec l’épidémie de Chikungunya (ndlr: virus transmis par des moustiques et qui cause la fièvre jaune). Et aujourd’hui, un réunionnais sur 4 est touché par cette fièvre. Vous pouvez imaginer ce que cela signifie pour le tourisme dans cette région.- Avec une croissance de 35% pour le groupe en 2005, vous vous présentez pratiquement comme l’un des leaders en matière de volume en tour-operating…- Effectivement, en terme de volume, nous avons transporté près d’un million de touristes en 2005, soit une croissance de 35% au total. Pour ce qui est du chiffre d’affaires, le groupe a réalisé 450 millions d’euros. Et d’après les statistiques du Ceto, organisme qui regroupe les plus grands tour-operators français, nous sommes au 4e rang. Du reste, notre résultat net est en amélioration cette année, alors que plusieurs professionnels ont enregistré des pertes. Et toujours d’après le Ceto, notre part de marché dans le tour-operating en France est de 25%. Par pays, c’est en Tunisie que nous avons réalisé les meilleures performances avec 270.000 voyages. Suivent la Turquie et le Maroc avec 242.000 et 222.000.- Vous vous positionnez sur le produit le moins cher. Certains même vous accusent de dumping. Vous ne perdez pas d’argent?- Il n’y a ni dumping, ni mystère. Grâce au contrôle de toute la chaîne touristique, nous arrivons à offrir les prix les plus compétitifs du marché tout en maîtrisant la qualité des prestations. Nous avons nos centrales d’achats, nos systèmes de productions et nous sommes de bons négociateurs. Du reste, nous réduisons les frais généraux à 6% du chiffre d’affaires. Et puis, nous prenons des risques sur les volumes. Pour l’aérien, le groupe opte pour des partenariats commerciaux, en privilégiant d’abord les compagnies nationales des pays de destinations. La tendance internationale va vers l’offre de produits à prix raisonnables. Aujourd’hui, via les compagnies low-cost on peut trouver un aller simple, Londres-Casa, à 39 euros. - Pour revenir sur vos réalisations au Maroc, vous annoncez 222.000 voyages en 2005. Quelles sont les perspectives pour 2006?- D’abord, nous devons veiller à garder notre part du marché et, surtout, la consolider. Il est clair que nous ne réaliserons pas une autre croissance de 35%, du moins à court terme. Nous ne pouvons accroître notre part que dans un marché en pleine croissance. C’est pour cela que nous nous mobilisons aux côtés du gouvernement marocain dans le cadre des objectifs tracés pour le développement du tourisme. - Quoi de neuf en matière d’investissements?- Et bien, le premier projet de club à Marrakech est presque achevé. Nous ouvrirons les portes de l’hôtel en avril prochain. La deuxième partie sera livrée dans les mois qui suivent. Nous prospectons pour d’autres investissements à Marrakech et aussi à Tanger. - Vous avez 5 destinations-phares où vous réalisez le plus gros de vos chiffres. N’y a-t-il pas trop de concurrence entre-elles?- Chacune a pour nous sa particularité. La Tunisie, la Turquie, la Grèce, sont vendues pour le balnéaire. L’Egypte, c’est plutôt sa valeur culturelle qui la met en avant. Le Maroc, avec Marrakech, arrive à attirer des touristes en grand nombre, sans plage, et pour de longs séjours. A ma connaissance, il n’y a que trois villes dans le monde qui parviennent à de telles prouesses: Las Vegas et ses casinos, Orlando et son parc Walt Disney, et enfin Marrakech et sa palmeraie.Propos recueillis par B.B.

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