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Economie

«N'importe qui peut s’improviser éleveur!«
Entretien avec Younès Kadiri, vétérinaire

Par L'Economiste | Edition N°:2161 Le 30/11/2005 | Partager

- L’Economiste: Est-ce qu’il y a une procédure pour se débarrasser des cadavres de poulets? - Younès Kadiri: Les poulets morts doivent être incinérés dans des fours spéciaux. C’est le seul moyen pour détruire les germes et tout ce qui est nocif. Mais très peu d’éleveurs y ont recours. Et pourtant la loi est claire sur ce sujet. Mais sur le terrain, rien n’est fait. Les éleveurs se débarrassent des cadavres de poulets en les jetant tout simplement dans la nature. C’est aujourd’hui une pratique courante. Dans la région de Ribat El Kheir par exemple, un éleveur, dont l’élevage avicole s’élève à 25.000 têtes de poussins, a pris l’habitude de jeter les cadavres de ses poulets dans un lac de la région, au su et au vu de tous. Malgré les innombrables réclamations, rien n’est fait. - Quels risques encourent les riverains dont s’est emparée une psychose de grippe aviaire?- Les risques sont nombreux. Mais la psychose de grippe aviaire n’a pas lieu d’être. Le virus de cette infection ne devient dangereux que quand il passe dans la viande porcine ou de canard. Or, chez nous, il n’y a pas d’élevages porcins et très peu d’élevages de canards. Reste la propagation par les oiseaux migrateurs. Mais il faut noter que les élevages avicoles sont confinés. Ce qui réduit le risque de propagation. En revanche, d’autres risques, autrement plus dangereux, peuvent être engendrés par la décomposition et la putréfaction des cadavres de poulet. Celle-ci se fait rapidement, libérant énormément de germes dans l’atmosphère. Ils sont véhiculés par les animaux errants ou portés par le vent. Des odeurs nauséabondes se propagent également dans un grand périmètre avec tout ce que cela suppose de désagrément pour les habitants. Le plus grand risque encouru par les habitants à proximité des terrains où sont jetés des cadavres de poulets, est celui de maladies respiratoires. Mais plus grave, est que chez nous, les viandes blanches ne sont pas systèmatiquement contrôlées. N’importe qui peut faire un élevage et vendre directement au consommateur. Il n’y a pas de service étatique de contrôle. Pas d’abattoirs réglementaires. Seuls existent quelques abattoirs privés. - Les risques sont donc plus grands…- Oui, en effet. Et ils vont de l’intoxication au cancer, en passant par l’antibiorésistance. Les éleveurs pour engraisser leur volaille recourent à des antibiotiques. Pour éviter que les résidus médicamenteux ne soient transmis au consommateur, un délai d’attente doit donc être observé avant leur abattage. Ce qui n’est pas le cas. Ces résidus médicamenteux sont ingérés par le consommateur par petite dose. Sans oublier que les bâtiments avicoles font état d’un déficit hygiénique flagrant. Les normes sanitaires sont bafouées. En l’espace de 4 ans, l’élevage avicole a connu un boom. Il est passé de 3,5 millions par an à 7 millions aujourd’hui. Plus de 70% des élevages sont concentrés dans la zone de Casabanca-Kénitra. Mais le secteur n’est pas contrôlé. N’importe qui peut s’improviser éleveur. Ce qui n’est pas le cas de la dinde dont l’élevage est protégé. L’idée que pour s’enrichir, il suffit de faire de la volaille est toujours présente chez certains. D’autres vont jusqu’à monter des élevages dans leurs propre domicile. Propos recueillis par Khadija EL HASSANI

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