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Société

«Les amants de Fès«
7e épisode: Prémices d’un grand mariage

Par L'Economiste | Edition N°:2340 Le 15/08/2006 | Partager

Si Driss Bouzoubâa est invité à déjeuner chez l’hadj Mekki. Le projet de mariage de Mamoun et d’Assia est annoncé. Mamoun ne rêve que de cela. Assia aussi. Pour elle, le mariage est un moyen pour s’échapper du joug de sa belle-mère, Lalla Houria. Comme chez toutes les familles marocaines d’autrefois, l’officialisation se fait par une lecture de la fatiha et un bon couscous.L’hadj Mekki et son invité discutaient quand Mamoun entra. Il était en train de demander à Si Driss de voir avec son courtier, s’il avait une domestique qu’il pourrait lui recommander.- Tu fais bien de m’en parler car je devais le voir déjà hier. Il doit avoir quelqu’un sous la main en ce moment. Il me faudrait justement une esclave pour ma fille Assia lorsqu’elle se mariera. A ce moment, Mamoun choisit de sortir discrètement de la pièce prétextant qu’il allait rejoindre sa mère. Il voulait laisser le champ libre à son père pour continuer la discussion. Lalla Mériem était dans la cuisine pour les touches finales du déjeuner, car même avec une pléthore de domestiques, l’œil du maître était indispensable à la bonne marche d’une maison. Dès quelle vit son fils, lalla Mériem lui demanda.- Alors as-tu vu ton frère Jaâfar?- Non, pourquoi? Il n’est pas encore rentré? - Non!- Je ne sais toujours pas ce qui lui a pris ce matin. -Ne t’inquiète pas, il doit sûrement être avec Boubker car il n’était pas chez lui non plus quand j’y suis passé! - Chez Si Driss?- Oui. - Hum...! - Non, ce n’est pas ce que tu crois! C’était pour leur dire que Si Driss déjeunait chez nous.Après un silence, il ajouta: je ne ferai pas de sieste aujourd’hui, j’irai aux nouvelles de Jaâfar. Je sais où je pourrais le trouver. Au fait, comment va grand-mère? dit-il pour changer de sujet.- Fatiguée la pauvre! Allons la retrouver car elle a fait l’effort de descendre de sa chambre.. KobbaIls regagnèrent tous les deux la kobba où se trouvait lalla Khnata. Mamoun embrassa les mains de sa grand-mère et s’assit auprès d’elle.- Que Dieu te bénisse, mon fils. Ta mère m’a informée de la bonne nouvelle! Que Dieu me donne longue vie pour que je puisse serrer tes enfants dans mes bras! - Inchallah, grand-mère! Que Dieu te donne longue vie pour que tu puisses voir les enfants de mes enfants! - Oh, dit-elle, tu ne veux tout de même pas que d’ici là, on me porte dans un couffin!A ces mots, ils pouffèrent de rire.Lalla Mériem demanda à son fils de rejoindre leur invité, car le repas allait être servi. Les femmes ne se joignaient jamais aux hommes étrangers à la famille. Pour manger et se divertir, hommes et femmes formaient des clans séparés. Quand Mamoun pénétra de nouveau dans la kobba, l’hadj s’exclama:- Alors, on le mange ce couscous, nous avons très faim!Mamoun remarqua que les deux hommes étaient détendus. En effet, l’hadj avait demandé la main de Assia et Si Driss avait donné son accord de principe.- On l’apporte tout de suite père, répondit Mamoun.- Que ton frère Jaâfar nous rejoigne aussi!- Euh ... Il n’est toujours pas arrivé. Quand je suis allé chez Si Driss, Boubker n’était pas encore rentré. Je suppose qu’ils sont ensemble! - Ah ces deux-là, des inséparables, entonna Si Driss en souriant.La servante Anbar arriva avec l’aiguière et une serviette sur le bras. On se rinça les doigts avant de se mettre à table. Le couscous aux légumes fumant, présenté en pyramide dans une makhfia, fut servi accompagné de bols de leben.- Bismillah, dit l’hadj en invitant son hôte à manger. Chacun tant bien que mal essayait de façonner avec ses cinq doigts une boulette de semoule qu’il portait délicatement dans la bouche. En guise de dessert, on apporta un plat de gâteaux au miel. Le repas terminé, Si Driss se proposa de préparer le thé et s’installa devant le samovar et les deux plateaux à triple pieds en métal argenté. En buvant la première gorgée l’hadj s’exclama:- Je te remercie! Cela faisait si longtemps que je n’avais bu un thé aussi bon.Après avoir siroté la boisson et mangé les délicieux gâteaux aux amandes (cornes de gazelle et macarons) que Anbar servit dans la tbika, l’hadj demanda à son hôte de fixer une date officielle pour la demande en mariage de sa fille. Si Driss se tourna vers Mamoun. - Mais quand il vous plaira mon ami! Je serai honoré de votre présence et une telle alliance me comblera. Nul doute que ma fille sera entre de bonnes mains, n’est-ce pas, Mamoun?Emu, ce dernier n’arrivait pas à trouver ses mots. - J’espère... être... à la hauteur de votre confiance.L’hadj vint à la rescousse. - Assia sera comme ma fille Noufissa, la prunelle de mes yeux! - Je n’en doute pas un seul instant et je ne saurais trouver pour elle meilleur parti. Que Dieu bénisse cette union! - Amine, prièrent-ils tous ensemble.. Fenêtres grillagéesLa société traditionnelle marocaine était hiérarchisée en fonction de l’âge, du savoir, de l’expérience, de l’ascendance et, en dernier lieu, de la fortune. La première position était occupée par le aâlem, la seconde par le fkih, la troisième par les notables. Les chorfas avaient un privilège que leur conférait leur origine noble et leur présence dans les réunions était sollicitée car porteuse de la baraka. L’hadj Mekki proposa de lire le vendredi suivant la fatiha à la mosquée pour sceller l’union des fiancés. Mamoun, fou de joie et impatient d’informer sa mère, traversa la cour d’un pas alerte, et fit une chute sur le sol mouillé par la pluie, tombée quelques instants plutôt. Il se releva, alla récupérer ses babouches qui avaient volé deux mètres plus loin, et secoua sa djellaba. Non, ce n’était pas bien méchant; juste une glissade.Dans une autre kobba, les femmes avaient fini de déjeuner et s’apprêtaient à faire une sieste. Elles s’étaient glissées sous de grosses couvertures de laine et Noufissa alla se blôtir contre sa grand-mère, cherchant ainsi un peu de chaleur, car il faisait très froid. De ses trois frères, elle préférait Jaâfar qui la chouchoutait, la cajolait et lui réparait ses poupées de chiffon et surtout lui racontait des histoires.De temps à autre, quelques rayons de soleil venaient réchauffer l’ambiance se frayant un chemin par les fenêtres grillagées qui donnaient sur le patio de la maison. Lalla Mériem venait de s’assoupir quand Mamoun entra furtivement dans la kobba.- Mère, grand-mère, ça y est, la semaine prochaine, inchae Allah, nous irons demander la main de Assia! Tout le monde sortit la tête de dessous les couvertures, réveillé par les propos joyeux de Mamoun. Les vœux fusèrent de toute part.- Félicitations mon fils, fit lalla Mériem toute contente.Suivirent les félicitations de toute l’assistance féminine.- Que Dieu bénisse cette union, s’exclamèrent-elles l’une après l’autre!- Je vais vous laisser vous reposer, et je vais aux nouvelles de Jaâfar, glissa-t-il dans l’oreille de sa mère. - Mais mon fils il est tard et la nuit va tomber!- Ne t’en fais pas, j’emmène Sellam avec moi!- Oui mais ne tarde surtout pas. Que Dieu te vienne en aide!- A ce soir donc!«Dans la mode, comme en toutes choses, le Fassi a la prétention de donner le ton. De quelque endroit qu’elle arrive, une marchandise n’aura la cote que si elle passe chez les marchands de la ville qui lui donneront la marque du bon goût«Mercredi, 8e épisodeSur la piste de Jaâfar

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