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«Les amants de Fès«
18e épisode: D’émouvantes retrouvailles

Par L'Economiste | Edition N°:2351 Le 31/08/2006 | Partager

Résumé : Soussane Doumi n’est autre que Soussane Benabed, demi-sœur de l’hadj Mekki et tante de Jaâfar. Après le décès de l’hadj Abed, sa deuxième femme, Sophie Duvet, accoucha d’un bébé avant de mourir en couches. L’enfant fut élevée par une famille de Tanger sans que les Benabed ne se doutent de son existence. Jaâfar vient à son tour d’apprendre la nouvelle.Jaâfar resta de glace, silencieux et abasourdi. Il était dans le désarroi le plus total. Sa tête tournait dans le vide. Il était bouleversé par ce qu’il venait d’apprendre. Il versa même quelques larmes. Quel gâchis évité de justesse, se disait-il! Heureusement qu’il lui avait toujours voué un profond respect. Dieu a envoyé Si Abdelmalek à temps pour éviter le pire.Il se ressaisit, et raconta aux deux hommes comment et où il avait rencontré Soussane et chez qui il l’avait achetée avec l’intention de l’épouser.- Quelle histoire, s’exclamait l’hadj Mekki! En fait, tout est de ma faute. Après le décès de feu mon père, je n’ai pas cherché à savoir ce qu’il était advenu de Sophie. Je n’avais pas l’occasion d’aller à Tanger surtout après la fermeture de notre bureau là-bas. Et François et Sophie ne s’étaient pas manifestés non plus. Aussi ai-je pensé qu’ils étaient rentrés en France. J’avoue que je m’étais trompé.. PressentimentJaâfar écoutait le discours de son père et en avait la gorge serrée. Si Abdelmalek pria l’hadj d’envoyer chercher Soussane car il était impatient de la revoir.Quand on l’a fit appeler, elle eût peur, et craignit quelque nouveau chantage de la part de l’hadj. Que voulait-il encore? Elle s’attendait à tout sauf à trouver son oncle Si Abdelmalek dans la loggia en compagnie de ses maîtres. Grande fut sa surprise. Elle laissa éclater sa joie et se précipita pour l’embrasser.- Khali, Dieu soit loué tu es vivant! Se tournant vers Jaâfar, elle lui dit: Merci, merci Sidi d’avoir tout fait pour retrouver mon oncle! Que Dieu te récompense !Jaâfar ne savait que répondre.- Mais... Eh ?Soussane se rendit compte tout à coup qu’elle s’était exprimée, qu’elle avait enfreint les recommandations de Jaâfar. Elle écarquilla les yeux et mit la main devant la bouche.- Oh !- Approche et assis-toi, dit l’hadj en souriant. Je suis au courant de tout!Elle regarda en direction de Jaâfar qui semblait épuisé et ne comprenait pas pourquoi il était si triste. Il devrait être content lui aussi. Elle ne s’imaginait pas que sa vie allait être bouleversée dans les minutes qui allaient suivre.Soussan s’assit sur le sofa près de son oncle. Le silence était impressionnant. Elle eût un pressentiment obscur, opaque, une sorte de prescience brûlante qui l’a tétanisée. D’esclave, elle allait devenir maîtresse!L’hadj la pria de rester assise et d’écouter attentivement.- Nous avons quelque chose de grave à t’annoncer!- Grave? répéta-t-elle! Oh ce sont mes frères, que leur est-il arrivé!- Non, répondit l’hadj les nerfs éprouvés. Ce que je dois te révéler est plutôt compliqué !Je vais essayer de t’expliquer.- Si Abdelmalek nous a fait part d’une chose incroyable. Tu sais, eh bien... Il se trouve que... Que tu es ma demi-soeur ! Mon père s’était marié avec ma mère lalla Khnata et en seconde noce il avait épousé une jeune Française, ta vraie mère ! Elle s’appelait Sophie Duvet. A la mort de notre père, nous ne savions pas que ta mère était enceinte de toi. Malheureusement, notre père l’hadj Abed mourut avant ta naissance et ta mère décéda après t’avoir mise au monde. Aïcha était ta mère adoptive. Je sais que tout ceci est difficile à croire et à accepter. Comme toi, nous venons de l’apprendre ce matin. L’hadj se tourna vers Jaâfar et continua.- Ton oncle devait te révéler ce secret dès votre arrivée à Fès. Mais après ton enlèvement...Il s’arrêta un instant pour reprendre son souffle. Puis il tendit le document.- Voici ton extrait de naissance!Soussane était restée silencieuse pendant tout le récit. Elle était dans une confusion extrême. Après une pause, l’hadj reprit.- Je sais que tu es choquée. Nous le sommes tous.Après un long silence, elle demanda à Si Rami.Et toi mon oncle tu savais et tu ne m’as jamais rien dit!- Non ma fille, je ne l’ai su que trois jours avant le décès de ta mère Aïcha. Je savais que tu étais adoptée, mais je ne connaissais pas tes parents. Je te le jure ma fille! N’en veux pas à ma sœur.- Oui, dit-elle, tristement, le cœur blessé.Le silence s’installa dans la loggia. L’esprit de Jaâfar vagabondait. Soussane n’arrivait toujours pas à croire ce qu’elle avait entendu. Le miracle s’était produit. Après son enlèvement, elle croyait avoir tout perdu. Mais aujourd’hui, elle retrouvait sa vraie famille et sa liberté. Dans sa réaction, il n’y avait aucun débordement. Elle parvenait à se maîtriser. Ce qui lui importait le plus c’était d’avoir retrouvé sa liberté. Et c’était une joie trop intense pour s’exprimer autrement que dans le secret du cœur. Cette joie circulait en elle, comme le sang dans les veines.C’était tout à la fois naturel et surnaturel. Une onde irradiante et le soleil qui se levait enfin. La dissipation de l’effroi et la défaite du malheur. Elle n’était plus, ni l’esclave, ni la domestique. Soudain, elle fondit en larmes de joie et de tristesse. Dehors de fines gouttelettes de pluies commençaient à tomber. Le ciel s’étant couvert subitement et une ondée de quelques secondes s’abattit sur le jardin dégageant une agréable odeur de terre mouillée qui embauma l’atmosphère. L’hadj proposa de rentrer à la maison puisque le temps s’était gâté. Il s’adressa à Soussane une nouvelle fois pour lui souhaiter la bienvenue parmi les siens. A ces mots, elle se leva et apposa un baiser sur le front de l’hadj Mekki et sur celui de Si Abdelmalek. Quand elle s’approcha de Jaâfar celui-ci se leva et la serra contre lui avec beaucoup de tendresse et l’embrassa sur les joues.- Oh ma petite tante dit-il !Il laissa échapper un long soupir pendant que ses yeux se remplirent de larmes.- Merci Sidi Jaâfar, merci Sid l’hadj, dit-elle avec humilité.- Appelle-moi donc azizi, ne suis-je pas ton grand frère maintenant, s’exclama l’hadj en souriant.. Mardi el OualidineIls quittèrent rapidement la loggia car la pluie devenait si forte qu’ils en furent éclaboussés. Mamoun voyant son père retenu par son hôte, se rendit seul au magasin. Lalla Mériem commençait à s’impatienter. Elle s’aperçut que cette réunion au sommet avait duré trop longtemps. Ce devait être très important. Et Soussane que faisait-elle parmi eux au lieu de venir l’aider! L’hadj et Jaâfar accompagnèrent Si Rami et Soussane dans la kobba et les laissèrent seuls un moment. Ils n’avaient aucune idée de la manière dont ils allaient aborder le sujet avec lalla Mériem et surtout avec lalla Khnata qui était trop malade.- Ecoute, dit l’hadj à son fils, Dieu est grand. Il a sauvé cette pauvre innocente en te mettant sur son chemin pour lui servir de guide et de protecteur. Viens que je t’embrasse. Tu es un mardi el oualidine!- Oh père, que Dieu me pardonne! Quand j’ai vu Soussane dans le foundouk pour la première fois! Oh!- Confidences pour confidences, je crois mon fils que tu n’as pas été le seul à être troublé, avoua l’hadj qui ajouta:- Mais comment aurions-nous pu deviner? Toi au moins tu auras le mérite de l’avoir sauvée des griffes de ce marchand d’esclaves!- Alhamdoulillah, s’exclama Jaâfar!L’hadj Mekki fit appeler sa femme dans sa chambre. Elle accourut aussitôt car elle avait hâte de savoir ce qui se tramait depuis ce matin. Il la pria de s’asseoir.- Allah semaâna khir! Que voulait cet homme, dit-elle d’un ton sec?- Cet homme, est l’oncle adoptif de Soussane!- Ah, je le savais ! Elle vient à peine de commencer à travailler que déjà, il vient nous déranger. Mamoun ne lui a-t-il pas donné assez d’argent ?- Non attends, ne soit pas si pressée. Il nous apporte une nouvelle bouleversante et merveilleuse à la fois!- Que Dieu nous préserve des mauvaises nouvelles!- C’est un vrai miracle qui vient de se produire. La petite Soussane que nous avons recrutée, eh bien... devine qui elle est?- Qui est-elle? Ah cette fille, je savais bien qu’elle avait un secret!- Et un grand!- Mais parles donc ! dit-elle excitée. - Alors tiens bon. Cette petite est ma demi-soeur!- L’hadj, j’espère que tu plaisantes! Cet homme est un imposteur!- Cet imposteur comme tu dis, est un honnête homme. Grâce à lui nous avons pu connaître la vérité sur Soussane. Il est venu nous voir avec le document officiel de sa naissance. Mais il faudrait que je te raconte toute l’histoire pour que tu puisses comprendre! Tu dois te réjouir d’avoir une autre belle-sœur et celle-ci est vraiment belle, n’est-ce pas?- Si c’est une plaisanterie, elle est de mauvais goût!- Non, c’est bien la vérité et j’en suis très heureux. Une sœur qui nous revient de loin, te rends-tu compte de ce qui nous arrive ! Vendredi, 19e épisode Les indiscrétions de la loggia

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