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«ALE Maroc-USA: Une ouverture dans l'intérêt de l'Europe«
Günter Verheugen, commissaire européen chargé dudossier de l'élargissement au sein de la Commission européenne

Par L'Economiste | Edition N°:1703 Le 12/02/2004 | Partager

. La politique de bon voisinage converge avec le statut avancé réclamé par le Maroc. Un plan d'action finalisé en marsLa politique de bon voisinage: voilà un sujet d'actualité qui était au menu des discussions du Premier ministre Driss Jettou et son hôte le commissaire européen à l'élargissement en visite au Maroc la semaine dernière. Rabat et Bruxelles confirment leur volonté, au plus haut niveau, de renforcer le partenariat. Dans cet entretien exclusif, Günter Verheugen fait le point sur les enjeux des négociations en cours. - L'Economiste: L'élargissement de l'Europe qui passera le 1er mai prochain de 15 à 25 membres suscite quelques inquiétudes chez les voisins du sud méditerranéen. Que fera Bruxelles pour rassurer ces pays?- Günter Verheugen: Ma visite au Maroc sert justement à rassurer nos partenaires de la zone méditerranéenne que nos priorités ne vont pas changer. L'objet de l'élargissement est de garantir la paix, la stabilité, la démocratie et la prospérité dans toute la région qui s'étend entre la mer Baltique et la mer Noire. Cela est dans l'intérêt de nos partenaires. Maintenant, nous sommes en train de développer une nouvelle politique de voisinage qui constitue la logique de l'élargissement et qui vise à s'assurer que nos voisins, eux aussi, bénéficient de la stabilité et de ses retombées positives. Notre offre a pour objectif un approfondissement de nos relations. Jusqu'où nous pourrons aller? Cela dépendra bien évidemment des souhaits, des capacités et de la volonté politique de nos partenaires. Nous sommes prêts à aller très loin.- C'est la perspective de la politique de voisinage dont il est question?- Oui évidemment. La politique de voisinage est un instrument nouveau. Elle repose sur deux principes. Le premier est relatif à ce que j'appelle la “copropriété”. Cette politique est définie conjointement avec chacun des pays concernés; le second, la “différenciation”, qui tient pleinement compte de la situation particulière et des propriétés de chaque pays. Ce que nous pouvons imaginer comme objectif ultime serait l'intégration complète dans le marché européen et ses quatre libertés, la liberté de circulation des capitaux, des biens et services et des personnes. Bien sûr, cela ne pourra pas être atteint du jour au lendemain, mais dans quelques années peut-être. Nous aurions très clairement un nouveau statut. - Vous faites allusion au statut avancé que réclame le Maroc?- L'essentiel est que ce pays bénéficie du processus d'intégration européenne. Mon impression est que le gouvernement marocain est parfaitement conscient des chances qu'offre ce nouveau concept mais, attention! il s'agit ici de bien plus que d'économie: nous parlons aussi de paix et de stabilité.- Quels sont les chantiers préalables avant la mise en place de cette politique?- Nous avons un calendrier très ambitieux. Nous voulons définir dès ce printemps un plan d'action commun. Certains pays, cette année, ont annoncé leur volonté d'amorcer ce chantier. Le Maroc figure en excellente position. Nous pensons qu'il peut jouer un rôle-phare dans cette nouvelle stratégie.- Concrètement, quel est le sens de cette politique de bon voisinage? - Le concept repose sur l'idée que nous projetons sur nos voisins: la stabilité politique et économique par l'intégration. Car la politique de bon voisinage n'a pas seulement un sens de coopération bilatérale. J'ai abordé avec les responsables marocains un enjeu important pour l'avenir: comment cette politique permettra de construire une meilleure coopération régionale, dans cette région du Maghreb.- Le Maroc est en train de finaliser un accord de libre-échange avec les Etats-Unis. Cela ne crée pas des antagonismes? - Non. Il n'y a absolument aucune contradiction. Nous n'avons aucun problème avec la libéralisation du commerce entre le Maroc et les Etats-Unis. Au contraire, nous nous engageons justement dans une libéralisation à l'échelle mondiale et je pense qu'une ouverture supplémentaire de l'économie marocaine va également dans l'intérêt de l'Europe. Nous voulons même que les relations économiques entre les Etats-Unis et le Maroc se renforcent. Les chiffres actuels ne sont pas encore très impressionnants.- Revenons à votre visite, elle vous a permis de signer des accords?- Le but effectif de cette visite est la confirmation au plus haut niveau que nous avons une volonté commune de réaliser cette politique de bon voisinage. Je pense qu'au terme de ma visite, l'objectif est atteint. Et je vois dans le Maroc un partenaire important et digne de confiance pour mener à bien cette politique. Avec les responsables marocains, nous avons abordé la méthodologie et le calendrier sur lequel nous allons travailler. Nous nous sommes mis d'accord sur un plan d'action commun touchant plusieurs aspects de la coopération. Cela va donc du commerce jusqu'à la question de la modernisation politique... Ce plan d'action sera prêt fin mars. - Pensez-vous que vous y arriverez?- Il existe une certaine flexibilité dans le temps mais pas trop! Parce que le Conseil européen, où siègent les chefs d'Etat et de gouvernement de nos vingt-cinq pays membres, voudrait se saisir de ce plan d'action en juin pour le valider. Il y a un grand intérêt pour l'Europe de coopérer avec le Maroc notamment du point de vue politique en tenant compte de l'importance de votre pays dans la zone méditerranéenne, le monde arabe et musulman.- Et pour les dossiers comme l'immigration, où en êtes-vous?- Cette question a été également abordée lors des discussions avec les responsables marocains. Il est connu que nous discutons avec le Maroc d'un accord de réadmission et j'espère que nous atteindrons des résultats concrets dans ce sens. C'est important pour l'UE. J'admets qu'il faut l'aborder de façon plus large. La question essentielle est de savoir comment nous pouvons rapidement écarter les risques liés à ces flux migratoires. J'étais très content de constater lors de mes discussions avec les responsables marocains que nous avons des points de vue identiques sur ce sujet. Nous le considérons même comme une question de justice sociale à l'échelle mondiale. La lutte contre la pauvreté est un instrument tout à fait décisif. Je ne pense pas que les Européens doivent avoir l'illusion qu'ils peuvent jouir de leur prospérité pour l'éternité si d'autres régions du monde, comme l'Afrique, sombrent dans la misère.- Cependant, des réformes s'imposent dans ces régions. Quelle est votre appréciation de celles engagées par le Maroc?- J'ai salué le gouvernement marocain pour les dernières décisions prises concernant l'égalité pour les femmes et tout ce qui a trait au code de la famille. C'est un pas très important qui repose sur une participation plus forte de toute la population. Il est tout à fait convaincant qu'une telle politique soit liée à des efforts renforcés dans les domaines de l'éducation, la santé… Et nous ne pouvons qu'encourager le Maroc à aller de l'avant sur cette voie. - L'UE appuiera ces efforts?- Certainement. Cela fait partie intégrante de la politique de bon voisinage. J'insiste sur le fait que celle-ci ne repose pas seulement sur des relations économiques mais il s'agit également de l'ensemble du spectre de relations politiques, et pour nous, ce sont aussi des domaines de coopération. La démocratie ou les droits de l'homme sont particulièrement importants. J'ai dit à mes interlocuteurs que nous avons accumulé un certain nombre d'expériences positives en aidant les transformations et les réformes dans les pays qui maintenant rejoindront l'UE et que nous sommes disposés à les partager.


Plan d'action

Le Maroc sera le premier pays qui accomplira le plan d'action dans les différents domaines de coopération, affaires sociales, gouvernance. C'est ce qu'a fait remarquer Günter Verheugen lors de sa visite officielle. Il a indiqué que sur le plan financier, les Européens tiendraient certainement compte des avancées réalisées par le Maroc. L'objectif est de renforcer l'articulation entre la coopération financière et les chantiers de réforme engagés par le Maroc. Sans détailler les enveloppes financières, qui dépendent d'un débat au sein de la Commission européenne, le responsable reste optimiste quant à l'importance de la coopération financière dans le cadre du programme Meda qui sera prochainement lancé.Propos recueillis parNabil BOUBRAHIMI

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