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Economie

16 mai, deux ans après
Sécurité: Ce qui a changé, ce qui est resté

Par L'Economiste | Edition N°:2021 Le 16/05/2005 | Partager

. La police a évolué, mais ne sait toujours pas le dire. L’opinion publique oublie les droits de l’homme et préfère la sécurité C’ÉTAIT un grand débat: la disparition de Hassan II et la mise à la retraite de Basri (qui avaient pour stratégie de contenir les islamistes), allaient-elles mettre en danger la sécurité du pays? Du trop policier au pas assez policier? Et puis cinq bombes, 12 kamikazes.En principe, le débat aurait dû être relancé en plus vif et plus tendu. Pas du tout, il s’arrête: le Parlement vote à toute vitesse le texte antiterroriste qu’il renvoyait depuis plus de deux ans, hésitant notamment devant le risque de «délit d’intention». Ce risque n’inquiète plus les élus. Au cours des enquêtes, les organisations de défense des droits de l’homme tentent d’attirer l’attention: - sur des cas douteux, en particulier comment Abdelhak Bentassir, alias Moul Sebbat, est-il mort?- sur les réseaux de coopération avec les Américains (qui avaient déjà leur étrange prison extrajudiciaire de Guantanamo);- sur le fait que les arrestations sont bien larges: 2.000 interpellés, parmi lesquels 1.200 déférés devant la justice. Sur ce total, 700 personnes sont jugées dont 17 sont condamnées à mort (non exécutées). Cette méthode soulève deux problèmes: d’abord, le niveau de renseignement de cette police qui était elle-même en pleine mutation; ensuite, n’y est-on pas allé un peu trop fort en soupçonnant à tort des gens qui n’auraient fait que croiser le chemin d’un activiste?L’opinion publique n’est pas plus réceptive que les parlementaires. Certes, elle ne réclame pas vengeance selon la loi du talion, mais elle est en colère. Elle réclame une punition exemplaire, et tant pis pour ceux qui se seront trouvés sur le chemin par inadvertance. Par moment, c’est le monde à l’envers quand c’est la police qui dit: «Non, je ne ferai pas ceci ou cela car ce serait illégal». A d’autres moments, se produisent des erreurs cocasses (qui auraient pu être dramatiques!) comme ce camion d’explosifs, peut-être instables, conduit en plein centre-ville. Globalement, le commun des mortels n’a pas été gêné dans le quotidien par les recherches de la police (pas de contrôles dans les villes, très peu sur les routes...).Ce sont les moments forts de la transformation de la société marocaine. On l’a très peu dit, encore moins analysé. C’est sans doute bien dommage, car à cause de ce silence, bien peu comprennent que le Maroc a tant changé et comment il l’a fait. La police et de manière générale les organes sécuritaires ont considérablement évolué, c’est un fait. Les «beaux gosses» des groupes urbains de sécurité (GUS) circulent dans les grandes villes, en sont un signe visible: un vent nouveau a soufflé sur la direction de Hamidou Laânigri. Mais la communication reste bridée quand il s’agit de parler de la gestion sécuritaire après les attentats: c’est du ressort de la justice, entend-on. C’est institutionnellement exact, mais pas tout à fait vrai sur le terrain. La revue de la police n’a-t-elle pas consacré, dans son numéro de mai, tout un dossier aux attentats? Ce dossier mériterait d’ailleurs que des sociologues en analysent les termes, les hésitations et les quelques rares phrases qu’on devine écrites par les chefs, au milieu du texte. Toujours est-il que les rares sociologues que compte le Maroc, se rétractent les uns après les autres, lorsqu’il s’agit de rendre publics leurs propos, ou alors se réfugient dans des approches si académiques, qu’elles n’ont plus de sens par rapport à l’évènement!Les réflexions des chefs policiers, elles, trahissent une vision de la nouvelle sécurité, mais alors pourquoi les élites intellectuelles et les partis politiques de la majorité ne se sont-ils pas emparés de cette vision pour la disséquer, l’analyser, la critiquer en public? La société n’est-elle pas prête pour ce genre de débat préférant encore une sorte de «transparence opaque»? La communication se contente d’une communication de forme, alors que le Souverain a lui-même publiquement posé l’axe du «nouveau concept d’autorité». Qui saura expliquer cette étrangeté marocaine?


Restructuration au sommet

POUSSÉ par les attentats mais longuement pensé, un nouvel appareil sécuritaire est né. Il est plus proche du citoyen pour le servir certes, mais aussi pour détecter les failles. Depuis le 16 mai, Laânigri, qui tient ses ordres directement de Fouad Ali El Himma (lui-même proche du Souverain), s’est entouré d’une nouvelle équipe et a élargi son influence sur tout l’appareil. Dans son ancienne unité, la direction de la Sécurité territoriale, rebaptisée DGST, le premier flic du Royaume a un allié: Ahmed Harari (ancien numéro 2 à la même direction). Une pareille symbiose n’était pas possible avec Abdelhafid Benhachem, ex-patron de la Sûreté. A la tête de la direction générale des Etudes et de la Documentation (DGED contre-espionnage), Yassine Mansouri est un homme travailleur et très discret. Ce qu’il faut pour être un bon sécuritaire. L’information passe mieux entre Fouad Ali El Himma, Laânigri, Harari et Mansouri. Ces «trois mousquetaires» et d’Artagnan ont structuré la lutte antiterroriste et c’est sans doute leur volonté qui a fait qu’elle a un peu dérapé tout en dérapant si peu, finalement. Mais ce remaniement profond s’est accompagné d’une contestation nationale et internationale. FIDH, OMDH, AMDH, Amnesty, Human Rights Watch, et même le département d’Etat (qui a peut-être perdu le balai qui lui servait à balayer devant sa porte)… toutes ont relevé des cas de torture et dénoncé des procès inéquitables. La grève de la faim observée par les détenus islamistes, le sit-in de leurs familles, la mort d’un des grévistes… Les protestations surgissent, mais encore aujourd’hui l’opinion publique, qui s’était passionnée pour les séances publiques de l’IER, n’en fait pas un cheval de bataille. Comment expliquer ce paradoxe? Nadia LAMLILI

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