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16 mai, deux ans après
Que sont devenues les jumelles apprenties kamikazes?

Par L'Economiste | Edition N°:2021 Le 16/05/2005 | Partager

. Elles réapprennent “à vivre” au centre de OukachaElles avaient à peine 14 ans. L’âge où l’on joue encore. Mais trop vite entrées dans le monde des adultes, elles sont allées vers des jeux interdits, gâchant leur jeunesse. Jusqu’à ces derniers jours, elles purgent une peine de 5 ans d’emprisonnement dans un centre de redressement à Rabat. Elles ont été condamnées pour des motifs qui feraient frémir le plus enragé des bandits: constitution de bande criminelle, préparation d’actes terroristes, atteintes aux institutions sacrées, complot contre le Roi et la famille royale. Comment les deux fillettes en sont arrivées là? Pourquoi ont-elles tenter de suivre la voie des 14 kamikazes de Casablanca qui, un soir de mai, ont tiré sans faiblir le cordon fatal de leurs bombes? “Ce sont des victimes du système”, déclare Me Abdelfattah Zahrach leur avocat. Elles ont été manipulées comme l’ont été les autres. Nées sous X à Jbel Raïssi, banlieue défavorisée de Rabat, elles ont été exclues parmi les exclus. Issues d’un quartier pauvre, sous-équipé et sous-animé, elles représentent cette jeunesse marginalisée, socialement frustrée, politiquement lâchée. De plus, elles devaient assumer le difficile statut de “bâtardes”. Elles trouvent refuge à la mosquée Al Wahda, sise au cœur du bidonville. Tout comme beaucoup de jeunes, qui en l’absence de centres culturel ou de loisirs, fréquentent la mosquée. On ne peut pas leur reprocher de fréquenter le lieu de culte car tout Marocain est musulman parce qu’il naît musulman. Et dans de nombreux cas, la religion offre une reconnaissance sociale. C’est ainsi qu’elles sont tombées entre les mains d’un “parrain”, un émir qui les a prises “corps et âme”, déclarait, au moment du procès, Me Zahrach. Rêvant d’offrir un sens à leur vie tout en se vengeant d’une société impitoyable, elles ont monté un coup rocambolesque. Mais on imagine mal comment elles auraient pu entrer sans problème au Parlement et à Label Vie avec des bombonnes de gaz. Elles ont été arrêtées à temps. Si elles n’avaient échappé précocement au contrôle de “leur maître à penser”, ce gourou malsain, peut-être que quelques années plus tard, elles se seraient transformées en véritables bombes humaines. Histoire de changer le monde et de s’assurer une place hypothétique dans ce paradis promis par les obscurantistes. Ont-elles compris la portée de leur geste? “En tout cas, elles sont récupérables”, affirme mama Assia Ouadie. Cette dernière, qui vient de les prendre, le 11 mai, sous son aile au centre de détention de Oukacha est optimiste. Sanâa et Imane ont mûri. Elles ont suivi avec assiduité une formation de coiffure à Rabat. Elles veulent reprendre leurs études. D’ailleurs, mama Assia dit qu’elle fera tout ce qu’il faut pour qu’elles s’en sortent et trouvent le chemin de la rédemption. Et enfin une place dans la société.Fatima EL OUAFI

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