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    Economie

    16 mai, deux ans après
    Comment douars Thomas et Skouila ont retrouvé “leur liberté”

    Par L'Economiste | Edition N°:2021 Le 16/05/2005 | Partager

    . Plus de trace de pratiques intégristes. Les événements ont “accéléré” le changement“A quelque chose malheur est bon”, dit l’adage. Et ce ne sont pas les habitants des bidonvilles Thomas et Skouila à Sidi Moumen, lieu d’origine des principaux kamikazes des attentats du 16 mai 2003, qui diront le contraire. “Aussi surprenant que cela puisse paraître, et avec deux années de recul, on se rend compte que ces tragiques événements ont plutôt servi les habitants de ces bidonvilles”, a souligné un résidant du bidonville Thomas. En effet, longtemps ignoré, le quartier Sidi Moumen s’est subitement trouvé projeté au centre de l’actualité. Jamais un quartier populaire n’avait attiré autant d’attention. Sur le terrain, le premier constat au bidonville Thomas montre que rien n’a été fait. Les mêmes allées crasseuses, les mêmes flaques nauséabondes et les mêmes décharges, d’il y a deux ans. Cependant, les gens, optimistes, sont conscients que quelque chose est en train de se passer, qu’un changement est en cours. En effet, le vaste projet de relogement des bidonvillois de Sidi Moumen est déjà programmé. Deux grands projets sont déjà bien avancés, notamment ceux des bidonvilles Thomas et Skouila. Celui du bidonville Thomas nécessitera une enveloppe de 366 millions de DH. S’étalant sur une superficie de 71 hectares dont 60 pour le relogement et 10 pour une zone industrielle non polluante, le projet doit accueillir quelque 3.886 ménages sur 1.943 lots bifamiliaux de 84 m2 (R+3). Il comprendra également 93 lots industriels et 22 lots d’équipements collectifs (dispensaires, écoles, maisons des jeunes…). Les travaux d’assainissement et de viabilisation ont été entamés en avril. Quant au coût global du programme de relogement des habitants du bidonville Skouila, il s’élève à 350 millions de DH. La première tranche comprend un lotissement de 1.150 lots de 84 m2 (R+3). Quelque 2.300 ménages devront bénéficier de ces lots bifamiliaux. Selon les prévisions, la réalisation de l’ensemble de l’opération de relogement nécessiterait 4 à 5 ans. Mais les premières tranches seront prêtes dès la fin de l’année en cours. “On allait attendre des dizaines d’années pour éradiquer les bidonvilles de Sidi Moumen. Les événements du 16 mai ont accéléré le processus”, a souligné Ahmed Brija, président du Conseil de l’arrondissement de Sidi Moumen. En attendant l’éradication totale des bidonvilles, les autorités ont lancé plusieurs opérations temporaires, autant de solutions provisoires donc, mais à même d’améliorer la situation des bidonvillois. “L’ensemble des baraques a été raccordé aux réseaux d’assainissement liquide et électrique. Quant à l’eau courante, le nombre des bornes-fontaines a atteint quelque 126 unités”, souligne Mohamed Oulmaati, secrétaire général de l’arrondissement de Sidi Moumen. . “Nous avions toujours peur des représailles”Sur le plan sécuritaire, le résultat est sans équivoque. C’est le grand soulagement. Les autorités ont mis fin à la mainmise des intégristes sur les lieux. Fini les interventions musclées et provocatrices qui s’étaient multipliées avant les attentats du 16 mai. “Après le large ratissage qui a suivi les attentats, nous avons récupéré notre liberté”, témoigne un habitant. “Avant, nous avions toujours peur des représailles des intégristes qui dictaient leurs lois”, ajoute-t-il. Cependant, c’est du travail au niveau social que le président du Conseil de l’arrondissement est le plus fier. “Le nombre des associations à Sidi Moumen est passé de 5 à plus de 80. Elles jouent un rôle très important auprès de la population, surtout auprès des jeunes”, avance Brija. Pour Abdelwahed Mostakim, président de l’Association “Jeunesse Thomas”, tout changement passe d’abord par celui des mentalités. “Jusqu’à un passé très récent, les jeunes de ces quartiers très défavorisés étaient complètement ignorés. Situation qui ne pouvait que déboucher sur une catastrophe”, explique-t-il. “Un grand changement de mentalité est perçu au niveau des autorités comme des habitants. Les premiers sont plus réceptifs et montrent plus d’intérêt envers cette souche défavorisée. Les seconds sont beaucoup plus confiants dans l’avenir”, ajoute-t-il.Plusieurs projets à caractère social ont été réalisés. Le Centre El Karam, étalé sur une superficie de plus de 600 m2, est destiné à l’éducation et la formation de la femme. Réalisé en partenariat avec le Rotary Club Oisis, il a ouvert ses portes en septembre 2004. Selon Nezha Ezzine, la directrice du centre, plus de 600 adhérents, issus essentiellement des bidonvilles voisins, fréquentent ce centre qui offre plusieurs types de formation, notamment en coiffure, couture, informatique et alphabétisation.La maison des jeunes Jawhara figure également parmi les projets destinés aux jeunes. Ouverte depuis un an et demi, elle abrite 5 associations. Quelque 300 jeunes, pour la plupart des bidonvillois, la fréquentent régulièrement. Au niveau sportif, deux grands projets ont été finalisés. L’espace sportif Sidi Moumen qui s’étend sur une superficie de deux hectares. Les jeunes peuvent y pratiquer plusieurs disciplines sportives, notamment le football, le basket-ball, le hand-ball, l’athlétisme et la pétanque. Le deuxième grand projet sportif, qui fait la fierté des bindonvillois, est la salle couverte de 4.000 m2, située au cœur du bidonville Thomas. Elle a abrité la finale du championnat du full contact, le 30 avril 2005 et la finale du championnat régional de Taï kwando, le 1er mai 2005. “L’impact de ces deux événements sur le moral de jeunes bidonvillois d’un quartier défavorisé comme Sidi Moumen, est très positif”, souligne Mustapha Chaneb, chef de la division des Affaires sociales à l’arrondissement Sidi Moumen.Mohamed AKISRA

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