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1,4 million de salariés pauvres à la CNSS

Par L'Economiste | Edition N°:3501 Le 05/04/2011 | Partager
60% des personnes déclarées gagnent moins de 2.500 dirhams
Un emploi stable n’est pas une garantie contre la précarité

SUR les 2,5 millions de salariés déclarés à la CNSS, plus du tiers gagne moins du Smig rapporté au mois, soit 2.100 dirhams. Si la situation s’est légèrement améliorée par rapport aux années passées où le taux était de près de 40%, de nombreux salariés vivent encore dans la précarité. De même, les deux augmentations du Smig intervenues depuis 2004 n’ont pas eu grand effet sur l’éventail des salaires dans le secteur privé.
En tout cas, la photographie fournie par les statistiques de la CNSS sur les rémunérations 2010 rend compte de leur faiblesse pour une large frange de la population. Résultat, avoir un emploi ne protège pas de la pauvreté. C’est la leçon majeure à tirer de ces données sur les salaires déclarés à la CNSS et qui concernent le régime général et agricole. Elles relèvent aussi que 58% de la population active déclarée à la Caisse nationale de sécurité émargent à un salaire mensuel inférieur à 2.500 dirhams.
En gros, 1,36 million de personnes sur 2,36 millions d’actifs recensés en 2010 dans les registres de la CNSS. A l’autre extrême, la population qui a gagné plus de 6.000 dirhams, soit le plafond de cotisations CNSS, ne représente que 12%.
Cette «modestie» des salaires tient en partie (mais en partie seulement), à la sous-déclaration encore largement pratiquée dans les entreprises. Car, en 2010, seuls 20% des salariés déclarés l’étaient à plein temps. Une proportion alarmante qui confirme que les déclarations irrégulières restent encore dominantes. Ainsi durant les deux dernières années, la CNSS s’est attaquée à des secteurs connus pour le travail au noir et la sous-déclaration, l’intérim et l’industrie textile et du bâtiment deux grands foyers traditionnels de la fraude.
D’ailleurs, en 2010, 26% des salariés dont 40% de l’ensemble des femmes actives sont employés par les industries manufacturières. Le secteur du bâtiment et travaux publics est en 2e rang avec 16% des salariés à majorité masculine. Le commerce, la réparation automobile et les articles domestiques emploient aussi 16% des actifs. Ainsi, même si l’informel est important la CNSS a gagné quelques points. Elle a ainsi réussi à accroître le nombre des salariés déclarés: de 1,8 million en 2006 à 2,36 millions d’actifs déclarés en 2010 dont 6% relèvent du régime agricole, lequel se caractérise par des salaires moins important que ceux du régime général. Dans les registres de la CNSS, l’on retrouve que plus de cinq assurés du régime agricole sur dix ont perçu en 2010 un salaire inférieur au Smag. Plus précisément, le salaire moyen atteint 1.337 dirhams dans le secteur agricole.

Facture salariale homme/femme

EN affinant un peu plus l’analyse, l’on découvre aussi que les femmes sont moins payées que les hommes. Leur salaire moyen ne dépasse pas 909 dirhams par mois contre 1.558 dirhams pour les hommes.
Cette différence de salaires existe aussi dans le régime général. Là aussi les femmes gagnent moins que les hommes: leur traitement mensuel moyen est à 3.464 dirhams contre 4.229 dirhams pour les hommes. Dans ce régime le salaire mensuel moyen est à 4.002 dirhams.
Un niveau relativement important mais qui s’explique, selon la CNSS, par «des salaires élevés accordés et qui tirent la moyenne vers le haut». Ceux qui sont à plus de 10.000 dirhams représentent 6% de la population mais aucun niveau exact n’est fourni.En tout cas, en y regardant de près, le régime général compte aussi des salaires relativement faibles pour la majorité de la population. Chiffres à l’appui, l’on découvre que plus du tiers des actifs relevant de ce régime perçoit un salaire mensuel compris entre 2.000 et 3.000 dirhams et 31% sont à des niveaux inférieurs au smig. Dans le régime général, 50% de la population gagne un salaire inférieur à 2.300 dirhams, soit près de 1,1 million de personnes.
Outre le faible niveau de salaire, cette situation pourrait s’expliquer par le nombre de mois ou de jours déclarés. Ainsi, en 2010, seuls 47% de l’ensemble des actifs du régime général ont été déclarés durant 12 mois et 20% seulement ont totalisé 312 jours de travail. Autrement dit, un salarié sur cinq a été déclaré de manière permanente.

Khadija MASMOUDI

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