×L'Editorialjustice régions Dossiers Société Culture Brèves International Brèves internationales Courrier des Lecteurs LE CERCLE DES EXPERTS Documents Lois à polémiques Docs de L'Economiste prix-de-la-recherche Prix de L'Economiste Perspective 7,7 Milliards by SparkNews Earth Beats Solutions & Co Impact Journalism Day cop22Spécial Cop22 Communication Financière

Economie

13 milliards de DH de valeur ajoutée pour 2003

Par L'Economiste | Edition N°:442 Le 12/02/1999 | Partager

Préservation de la ressource, mise à niveau des filières, promotion sociale. Telles sont les trois priorités du Plan quinquennal 1999-2003 du Ministère chargé des Pêches Maritimes.


"Nous nous trouvons confrontés à des dysfonctionnements d'une ampleur certaine qui ne permettent pas d'envisager l'avenir avec confiance et sérénité", déclare d'entrée de jeu M. Thami Khiari, ministre chargé des Pêches Maritimes (MPM), lors de la présentation du Plan quinquennal 1999-2003 le mercredi 10 février. A elle seule, cette affirmation renseigne sur l'ampleur du chantier à entreprendre dans tous les segments de la filière, de l'extraction à l'industrie de poisson en passant par les circuits de commercialisation.
Ambitieuse mais réaliste, la stratégie de développement du MPM reste toutefois conditionnée par le non-renouvellement de l'accord de pêche avec l'Union Européenne.
Diagnostiquant les forces et les faiblesses de ce secteur, le Plan quinquennal introduit quelques mesures pédagogiques dans sa gestion. "Il faut lutter contre les circuits informels qui faussent toute l'appréciation scientifique sur les ponctions réelles opérées dans les stocks et qui occultent la réalité du secteur en termes biologiques et économiques", indique M. Khiari.

Outre le côté pédagogique, le MPM dresse un véritable scénario de croissance du secteur, décliné à travers six objectifs stratégiques. D'abord, la valeur ajoutée. Cette dernière devra augmenter de 7,8 en 1999 à 10 milliards de DH en l'an 2000, soit une hausse de 29%. A l'horizon 2003, elle atteindra 13 milliards de DH. Son rythme de croissance annuel moyen sur la période 1998-2003 serait aussi de 11%. Second objectif, la production halieutique. Là aussi, le Département de M. Khiari prévoit un tournant grâce au retrait de la flotte étrangère et une meilleure transparence des circuits de commercialisation. Ainsi, 1,3 million de tonnes sont prévues pour l'an 2000, soit une augmentation de 55% par rapport à 1999. En 2003, le MPM table sur 1,5 million de tonnes. Pour l'aquaculture, la production "atteindra vraisemblablement 2000 tonnes en l'an 2000 et évoluera à raison de 1.000 tonnes par an jusqu'à 2003".

40.000 postes d'emploi


Troisième objectif, les industries de valorisation. De 72.000 tonnes actuellement, la Plan envisage de faire passer la production des conserveurs et semi-conserveurs à 120.000 en l'an 2000 et à 155.000 tonnes en 2003, soit un taux de croissance annuel de 16%. Pour la farine et l'huile de poisson, le scénario envisagé est celui d'une stabilité de la production: 66.000 tonnes pour l'an 2000 et quelque 72.000 pour 2003. En revanche, le conditionnement au frais et la congélation sont revus à la hausse avec 56.000 tonnes pour 2003.
Les trois autres objectifs du plan concernent respectivement la consommation locale, l'exportation et l'investissement privé et enfin l'emploi. Ainsi, les ventes de poisson sur le marché local évolueront de 14% annuellement. Les exportations, pour leur part, augmenteront de 16% en valeur et de 26% en volume. Quant à l'emploi, 40.000 postes seront générés par les investissements privés au cours du quinquennat 1999-2003.


2,6 millions de DH pour le budget


L'enveloppe globale de financement du programme de développement des pêches maritimes au cours de la période 1999-2003 est estimée à environ 2,6 milliards de DH, hors ports de pêche. La ventilation de ce montant par axes stratégiques se présente comme suit: 666 millions de DH pour la préservation des ressources halieutiques, 219 millions de DH pour la promotion sociale, 1,7 milliard de DH pour la mise à niveau du secteur et 3 millions de DH pour l'amélioration du cadre incitatif.


Le déficit de l'encadrement


A vouloir le sortir de son bourbier, les segments de la filière pêche se heurtent en permanence à leur principale faiblesse: le social. Et c'est la pêche côtière qui en souffre le plus compte tenu de la structure de la flotte. Pas ou peu de sécurité sociale, ni d'assurance maladie. La formule Addamane Al Bahri a été majoritairement contestée par les marins, car elle n'engendrait pas l'option (la police): Assurance maladie. Plus grave encore, la situation sociale dans les aftas (point de pêche) du Sud. Les marins dans ces sites côtoient la mort quotidiennement sans aucune forme d'indemnité.
En revanche, si la pêche hauturière est la plus structurée, son effectif n'a augmenté pendant les cinq dernières années que de 0,7%.
L'emploi dans cette activité est marqué par une forte présence étrangère, particulièrement en ce qui concerne les patrons de pêche et les officiers.
Quant aux unités de transformation des produits de la mer, elles emploient environ 27.600 personnes dont les trois quarts sont des emplois saisonniers. La femme constitue l'essentiel de la main-d'oeuvre saisonnière avec 57% de l'emploi total.
En fait, le fonctionnement du marché de l'emploi dans le secteur des pêches maritimes reste essentiellement informel, basé sur le recrutement par contact direct.
Côté formation, le Ministère dispose de 6 établissements, répartis sur tout le littoral national. 2.296 lauréats, toutes sections confondues, ont été formés dans ces instituts pendant les années 90. Des stages de formation continue ont été par ailleurs organisés au profit de plus de 2.500 stagiaires. Néanmoins, les effectifs formés restent en deçà des besoins en encadrement. Ainsi, la pêche côtière accuse un déficit de 6.472 officiers. La pêche artisanale, pour sa part, a un manque de 2.601 officiers.
Le sauvetage, du reste, souffre aussi de l'absence d'une entité nationale de coordination ainsi que d'un plan de recherche et de sauvetage "pouvant être connecté au réseau régional et international de recherche".

Hassan BOUCHACHIA






  • SUIVEZ-NOUS:

  1. CONTACT

    +212 522 95 36 00
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]

    70, Bd Al Massira Khadra
    Casablanca, Maroc

  • Assabah
  • Atlantic Radio
  • Eco-Medias
  • Ecoprint
  • Esjc