×L'Editorialjustice régions Dossiers Compétences & RH Société Brèves International Brèves internationales Courrier des Lecteurs LE CERCLE DES EXPERTS Documents Lois à polémiques Docs de L'Economiste prix-de-la-recherche Prix de L'Economiste Perspective 7,7 Milliards by SparkNews Earth Beats Solutions & Co Impact Journalism Day cop22Spécial Cop22 Communication Financière

Economie

Tourisme Jamâa El Fna toujours aussi silencieuse

Par Badra BERRISSOULE | Edition N°:5865 Le 15/10/2020 | Partager
La reprise conditionnée par la réouverture de cette place mythique et des entrées de Marrakech
La halqa n’ayant pas repris, ses acteurs sont livrés à eux-mêmes
Le capital immatériel en péril
jamaa_el_fna.jpg

jC’est aussi grâce aux acteurs de Jamâa el Fna que Marrakech demeurait au top des destinations touristiques. Aujourd’hui, ces acteurs sont en train de dépérir et la place aussi 

Marrakech ne saurait être sans sa place mythique de Jamâa el Fna et son patrimoine immatériel. C’est pour ces édifices et son folklore millénaire que les touristes se déplaçaient à Marrakech. Malheureusement, la place est toujours aussi triste et silencieuse. 
Un spot publicitaire pour le Royal Mansour tourné récemment à Jamâa El Fna a donné de faux espoirs à certains, croyant que la place avait repris ses activités. Il n’en est rien pour le moment à l’exception de quelques gargotes (qui doivent respecter les mesures de distanciation) et kiosques de jus qui tentent de «réanimer» la place. En vain! Car, les artistes de la halqa qui «font» la place Jamâa el Fna sont toujours interdits. Ce sont pourtant eux, qui en ont fait un véritable lieu d’attraction, de jour comme de nuit. Au lendemain de la crise sanitaire, ils se sont retrouvés sans travail (même si ce dernier était déjà très précaire). Ces artistes au nombre de 350 ont bénéficié de l’aide de l’Etat pendant trois mois (800 DH/famille/mois) et puis plus rien! «Chaque jour qui passe est un poids supplémentaire pour nous qui sommes livrés à nous-mêmes car nous n’avons pas de quoi nourrir nos familles. Nous voulons juste qu’on nous laisse travailler à l’instar de ce qui a été fait ailleurs», s’exclame Mariam Amal, présidente de l’association des artistes de la Halqa à Jamâa el Fna. «Nous avons tant donné à la place, pendant des décennies au dépens de notre santé et aujourd’hui, on nous laisse tomber avec autant d’indifférence». 
Les rassemblements de plus de 2 personnes étant toujours interdits, aucune décision officielle ou exception pour la place Jamâa El Fna n’a encore été annoncée. Avant d’être un lieu touristique prisé par les étrangers, Jamâa el Fna est un espace de détente pour les marrakchis eux-mêmes et pour les casablancais et rbatis de passage dans la cité ocre. Or, en ces temps anxiogènes, rares sont les habitants de la ville qui se rendent sur cette place mythique à bien des égards. Quant aux touristes internes, les restrictions de déplacement les ont détournés de Marrakech. Malgré les mesures d’assouplissement annoncées par les autorités pour le déplacement des voyageurs marocains détenteurs de réservation, sur le terrain, ces derniers sont toujours bloqués à l’entrée et à la sortie de la ville. «Nous avons reçu plusieurs plaintes dans ce sens», indique Lahcen  Zelmat, hôtelier à Marrakech et président de la fédération de l’industrie hôtelière. Les professionnels n’ont eu de cesse de réclamer une levée des restrictions pour Marrakech pour reprendre l’activité touristique. A noter que le tourisme national représentait en 2019 plus du quart des arrivées et des nuitées touristiques dans la cité ocre. 


Devoir de transmission

jamaa_el_fna_devoir_de_transmission.jpg
 

Inscrite en 2008 sur la Liste représentative du patrimoine culturel immatériel de l’humanité  et originellement proclamée par l’Unesco en 2001, la place Jemaa el-Fna est l’un des principaux espaces culturels de Marrakech. Depuis quelques années, ce patrimoine perd de sa force. D’abord, le nombre de ses Halqas a diminué. Un problème de transmission. Des conteurs sont morts et d’autres se font vieux et il n’y a pas eu de relève. Dégoûtées, les troupes artistiques qui s’y produisaient encore ont subi de plein fouet la crise sanitaire sans un véritable soutien (Cf.L’Economiste n° 5741 du 15 avril 2020, «Les oubliés de Jamâa El Fna»). Les amis de la place ne cessent de le réclamer: Pour garder les artistes de Jamâa Al Fna et faire en sorte que la tradition orale se perpétue, les faiseurs de la place doivent être compensés. Pour ce faire, ils ont besoin d’un fonds de solidarité pour les artistes de Jamaâ Al Fna et de projets qui peuvent générer des revenus aux artistes. C’est ainsi que ce patrimoine immatériel pourra être préservé.

Badra BERRISSOULE

  • SUIVEZ-NOUS:

  1. CONTACT

    +212 522 95 36 00
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]

    70, Bd Al Massira Khadra
    Casablanca, Maroc

  • Assabah
  • Atlantic Radio
  • Eco-Medias
  • Ecoprint
  • Esjc