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Economie

Damane Relance : Les banques élargissent l’accès

Par Franck FAGNON | Edition N°:5864 Le 14/10/2020 | Partager
Assouplissement des critères d’éligibilité afin de soutenir le maximum d’entreprises
Réexamen, au cas par cas, des dossiers des entreprises industrielles présentant un ratio Dette/EBE supérieur à 7
Les décaissements se seraient accélérés ces dernières semaines
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Karim Idrissi Kaitouni, directeur exécutif en charge du marché des Entreprises à Attijariwafa bank: «A travers les assouplissements, ce mécanisme de soutien au redémarrage et à la relance de l’activité vise à ratisser de manière très large l’ensemble des opérateurs économiques» 

- L’Economiste: Quel est le profil des entreprises qui viennent solliciter Damane Relance et quel est l’état de leur situation financière?
- Karim Idrissi Kaitouni:
Tout d’abord, plus de 15.000 entreprises ont jusqu’ici bénéficié du produit Relance pour 22,4 milliards de DH. Plus de 70% sont des TPE. Ces prêts ont principalement profité aux secteurs de l’industrie (33%), du commerce et de la distribution (31%) et du BTP (17%). Les entreprises bénéficiaires présentent différents profils:  activités en arrêt total ou partiel ; difficultés à honorer les règlements fournisseurs et les charges courantes ; ralentissement, report ou gel de nouvelles commandes; retard en matière de paiements relatifs aux commandes déjà exécutées... Pour rappel, les produits Oxygène et Relance ont été lancés afin de faire face principalement au choc de liquidités dont souffre le tissu économique. Les gros donneurs d’ordres publics et privés ont un rôle majeur à ce propos en termes de ruissellement de la liquidité. 

- Depuis Damane Oxygène, les entreprises se plaignent de délais d’instruction très longs. Elles parlent d’un goulot d’étranglement à la CCG. Quelle est la réalité?
- Nous avons observé des délais d’instruction relativement lents au début de Damane Oxygène notamment pour les demandes non déléguées aux banques dépassant les 2 millions de DH. Le contexte inédit, la nouveauté du process ainsi que le flux important de demandes reçues en un laps de temps très court ont été à l’origine de cette situation. Mais rapidement, les choses se sont normalisées après que la CCG ait relevé le montant délégué aux banques à 5 millions de DH, et que les capacités techniques et humaines au niveau des banques et de la CCG aient été renforcées.
En moyenne, après le rodage du processus, les accords, après réception de l’intégralité des documents requis, ne dépassaient pas les 48H pour les dossiers délégués et environ une dizaine de jours pour les dossiers non délégués. Cette courbe d’expérience a profité au traitement des dossiers Relance où l’on a constaté dès le début des délais d’instruction courts notamment pour «Relance TPE». Par contre, les demandes supérieures à 5 millions de DH, non déléguées aux banques, ont enregistré dès le lancement, le 15 juin des délais de traitement longs s’expliquant tout d’abord par le chevauchement d’«Oxygène» avec «Relance» et puis un nombre impwwortant de demandes a été préparé et déposé pour instruction le 1er jour de lancement. Aujourd’hui et après la période estivale, les délais se sont normalisés et tout est rentré dans l’ordre.

- Les exigences concernant le ratio Dette/EBE ont fait beaucoup jaser. Qu’est ce qui a été finalement arrêté?
- Ce ratio est déjà élevé par rapport à d’autres pays, notamment en Europe. Il a été introduit pour les entreprises de plus de 10 millions DH de chiffre d’affaires, afin de répondre justement au regard de vigilance que les banques portent en matière de capacité de remboursement vis-à-vis de leurs clients entreprises. Cela dit, et à la marge, ce ratio pourrait dépasser 7 dans quelques cas d’entreprises disposant de fondamentaux financiers solides notamment quand elles sont en phase d’investissement et qu’elles recourent aux crédits bancaires pour le financement de leurs projets. Suite à des réunions entre les banques et la CCG à ce propos, quelques assouplissements ont été introduits à partir de cette semaine afin d’ouvrir davantage le produit Relance aux entreprises touchées par la crise. Il s’agit de réexaminer, au cas par cas, les entreprises présentant un ratio dépassant 7 à travers l’étude de risque habituelle menée par la banque du demandeur et par la CCG et jugeant des fondamentaux financiers et de la capacité de remboursement de celui-ci. Ont été réintroduites également les entreprises exclues pour motif de distribution de dividendes au titre de l’exercice 2019. La CCG accepte dorénavant les sociétés ayant distribué leurs dividendes avant le 15 mars 2020. A travers ces assouplissements, ce mécanisme de soutien au redémarrage et à la relance de l’activité vise à ratisser de manière très large l’ensemble des opérateurs économiques.
 
- A quelles conditions les entreprises qui seraient dans l’incapacité de rembourser Damane Oxygène pourront allonger la maturité de la dette?
-Le taux est calculé selon le taux de refinancement BAM (actuellement à 1,5%) + 200 points de base. Les bénéficiaires des crédits Oxygène qui vont opter au plus tard le 31 décembre 2020 pour un amortissement de leur crédit sur une période ne dépassant pas 5 ans, ont le choix entre un taux fixe et un taux variable. En optant pour la variabilité du taux, le client se verra appliquer trimestriellement une variation égale à la différence entre le dernier taux directeur et le nouveau taux directeur.


Poussée de la dette depuis le début de la crise

Au-delà des critiques sur les délais d’instruction, la faiblesse des décaissements tiendrait aussi au manque de visibilité des chefs d’entreprises. L’usage des crédits dépend de la dynamique de la demande. Or, la reprise est plus lente qu’anticipée en raison de l’évolution de la situation sanitaire et du maintien d’un certain nombre de restrictions pour enrayer la propagation du virus. Cela dit, les déblocages des prêts Relance se seraient accélérés ces dernières semaines. Ce qui témoignerait d’une meilleure appréciation de la conjoncture. En tout cas, les patrons s’attendent à un impact moins virulent qu’au 2e trimestre. Depuis le mois de mars, près de 40 milliards de DH de crédits ont été approuvés en faveur principalement des TPE et PME pour leur permettre de faire face aux aléas de la crise au 2e trimestre et pour les accompagner au moment de la réouverture de l’économie. 

Propos recueillis par 
Franck FAGNON

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