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Economie

Assurance crédit: Les souscriptions flambent, le risque aussi...

Par Franck FAGNON | Edition N°:5848 Le 22/09/2020 | Partager
La crise entraîne une hausse de la demande mais, elle est aussi à l'origine de la montée des cas d'insolvabilité
A court terme, la sinistralité sera atténuée par les mesures de soutien
Plus de 210 milliards de DH de crédit interentreprises garantis
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Mehdi Arifi, directeur général assurance-crédit du Maghreb chez Coface Maroc: «Les prévisions d'impayés pour 2020 seront complexes, du fait des mesures de soutien prises partout dans le monde... Notre vigilance concernera 2021 quand tous les mécanismes d'aides prendront fin» (Ph. M.A.)

- L'Economiste: Comment ont évolué les délais de paiement ces derniers mois?

- Mehdi Arifi: Malgré un redémarrage progressif de l’activité économique dans la plupart des pays européens qui représentent des débouchés pour le Maroc, les effets de la crise subsisteront sur la croissance et sur le risque de crédit des entreprises. En effet, Coface prévoit une dégradation du PIB de -9,7% pour l’Union Européenne, principale partenaire des exportateurs marocains. De plus, les principaux partenaires du Maroc en termes de volume d’exportations connaîtront de fortes variations du nombre de défaillances d’entreprises en 2020/2021 par rapport à 2019. On note notamment une hausse de défaillances de 22% en Espagne, 21% en France, 43% aux Etats-Unis et 37% en Italie. Avec une prévision d’une augmentation moyenne des défaillances de 33% au niveau mondial, le Maroc n’échappe pas à la règle et nous devrons nous attendre à une hausse inéluctable des faillites d’entreprises sur les prochains mois, surtout dans les secteurs les plus impactés (BTP, tourisme, textile).

- Quelles sont les premières incidences sur la sinistralité?
- Les prévisions de sinistralité (impayés) pour 2020 seront complexes, du fait des mesures de soutien prises partout dans le monde pour atténuer temporairement le nombre de défaillances à court terme. Notre vigilance concernera 2021 quand tous les mécanismes mis en place par les gouvernements prendront fin.

- Quelle est la part du crédit interentreprises couverte par l'assurance-crédit?
- Les crédits interentreprises au Maroc dépassent les 400 milliards de DH. Ainsi, le fournisseur devient la première source de financement de l’économie à court terme. Il est indispensable, et rendu possible par une combinaison de la conjoncture économique et d’un climat de confiance entre clients et fournisseurs. Selon nos estimations, plus de 53% des crédits interentreprises seraient garantis par des contrats d’assurance-crédit.

- Face à l'augmentation du risque, va-t-on assister à une baisse des garanties?
- Les assureurs-crédit garantissent dans le monde environ 3.000 milliards d’euros de transactions commerciales, pour un niveau de fonds propres avoisinant les 10 milliards d’euros. D’où l’importance des anticipations. Coface avait prédit en début d’année 2020, à l’occasion du Colloque Risque Pays, que la plus grande menace économique serait d’origine non-économique. Mais, personne n’imaginait alors une crise sanitaire de cette magnitude. Pour les entreprises, les mesures de confinement soudaines prises par les gouvernements pour endiguer l’expansion de la pandémie, représentent un double choc d’offre et de demande touchant un grand nombre de secteurs d’activité. De ce fait, les assureurs crédit ont été amenés à revoir leur exposition en corrélation avec le niveau des commandes des clients et la capacité de ces derniers à résister à la crise.

Une croissance annuelle à deux chiffres

A fin 2019, le volume de primes de l’assurance-crédit a atteint 250 millions de DH, en croissance de 14%. Pour les professionnels, l'activité maintiendrait un rythme de croissance annuel à deux chiffres à court-moyen terme à la faveur de la prise de conscience des entreprises sur les bénéfices de l’assurance-crédit dans un contexte de crise et d’incertitude. «L’assurance-crédit reste une solution efficace au profit des entreprises pour faire face aux impayés. C’est dans ce contexte de crise économique que ses bénéfices se sont fait sentir. Elle a permis à nos assurés de mieux faire face aux chocs de la crise économique, tout en maintenant leur activité», indique Mehdi Arifi, directeur général assurance-crédit du Maghreb chez Coface Maroc.

Propos recueillis par Franck FAGNON

                                                                       

Baromètre sectoriel

Le confinement devrait avoir des effets durables sur tous les secteurs. Mais, les répercussions néfastes de cette crise sans précédent concernent avant tout nos modes de déplacement. Le secteur du transport est donc le premier touché par cette crise de la mobilité qui continuera selon les prévisions Coface d’affecter durablement la profitabilité des entreprises. Outre le secteur des transports, la pandémie fragilise davantage les secteurs qui étaient déjà vulnérables en 2019. C’est le cas de l’automobile, de la métallurgie mais aussi du commerce de détail et du textile-habillement. De même, les performances des entreprises du secteur BTP ont été fortement impactées par les mesures pour contenir la propagation du virus (arrêt des chantiers, indisponibilité de la matière suite à la fermeture des usines de production). Il s’en est suivi un effet boule de neige sur toute la chaîne de valeur avec l’incapacité de régler les sous-traitants et donc une hausse des dettes et une perte de confiance entre les entreprises et leurs fournisseurs. S'y ajoute la difficulté à respecter les délais d’exécution et supporter les pénalités de retard. Par ailleurs, les entreprises du secteur ont du mal à accéder au financement bancaire à cause d’une trésorerie déficitaire et d’un endettement élevé.
Le secteur pharmaceutique et, dans une moindre mesure, l’agroalimentaire et les technologies de l'information et des communications (TIC), sont les secteurs les plus résilients à la crise. Dans le secteur pharmaceutique, le Maroc pourrait profiter du contexte pour s’imposer comme une alternative de proximité pour l’Europe qui peut atténuer sa dépendance à l’Asie. Fort de ses nombreux accords de libre-échange avec l’UE et les Etats-Unis, il pourrait alors redynamiser son industrie en profitant de sa position géographique. D’autant plus que le Royaume a fait preuve d’un réel potentiel d’innovation technologique et scientifique pour lutter contre le Covid (demandes de brevet d’invention, bonne gestion des stocks, production des médicaments, etc.). Enfin, le secteur agroalimentaire est l’un de ceux qui ont profité de la surconsommation en période de confinement. Le Maroc a su faire face à la perturbation des chaînes d’approvisionnement alimentaire mondiales grâce à son autosuffisance.

 

 

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