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Culture

Ventes aux enchères, un marché résilient

Par Amine BOUSHABA | Edition N°:5844 Le 16/09/2020 | Partager
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Pour le directeur de la filiale marrakchie d’Artcurial, une longue histoire lie la maison de vente à la ville ocre (Ph DR)

La vente da la toile d’Etienne Dinet, «Le fils d’un Saint Mrabeth», à 1,2 million d’euros lors d’une vente aux enchères organisée par la maison Artcurial à Marrakech, en décembre dernier,  avait fait grand bruit. La maison parisienne récidive, avec sa vente annuelle depuis la ville ocre, le 30 décembre  prochain. Un focus sur Majorelle et ses contemporains, sera entre autre proposé ainsi qu’une série Made in Morocco consacrée aux arts décoratifs. Installée officiellement à Marrakech depuis octobre 2019, la maison n’en est pas moins habituée aux palaces marrakchis, où elle a organisé plusieurs ventes, comme le précise son directeur régional Olivier Berman.

- L’Economiste: Le marché de l'art n'a pas échappé à la crise liée au Covid-19. Certaines maisons de ventes ont basculé vers le digital, quelques-unes ayant déjà une longueur d'avance sur d'autres, quelle est la situation actuelle d’Artcurial?
- Olivier Berman:
Il n’y a pas eu de changement dans le modèle d’Artcurial. Nous croyons aux ventes physiques. Pour permettre aux acheteurs du monde entier de participer, ces ventes offrent toujours la possibilité d’enchérir à distance, par téléphone mais surtout sur  Internet. Comme c’est le cas depuis de nombreuses années, toutes nos ventes sont retransmises en ligne. Aujourd’hui, le marché se porte bien. Il y a une appétence de la part des acheteurs, dont nous sommes très heureux et que nous n’aurions pas obligatoirement prédit. Les résultats du premier semestre sont bons. Nous avons même enregistré, au mois de juin et juillet, de nombreux prix record comme un stabile d’Alexander Calder adjugé près de 5 M€ frais inclus ou des chaises du Comte d’Artois à Bagatelle datant du 18e siècle qui se sont vendues 1,2M€ frais inclus. Toutefois, l’évolution numérique représente une opportunité dont nous sommes bien conscients. Il y a déjà plus d’un an et demi qu’Artcurial a lancé des ventes 100 % digitales tenues de manière régulière.

- Vous avez ouvert en 2019 une filiale à Marrakech, qu'est-ce qui a motivé cette ouverture?
- Parmi les maisons internationales, nous avons été les premiers à nous développer au Maroc. Cela a commencé en 2011, lorsque nous avons créé notre première exposition suivie d’une série de ventes, intitulée Majorelle, au palace Es Saadi à Marrakech. En 2014, à l’occasion de l’ouverture du musée Mohammed VI à Rabat, nous avons organisé une vente intitulée Moroccan Spirit, le parcours d’un siècle de création au Maroc de 1880 à 1980.  En 2015, nous avons réalisé la vente de la collection d’art islamique de Pierre Bergé et Yves Saint Laurent au palace Es Saadi à Marrakech. La même année, nous avons aidé, à travers notre agence Artcurial Culture, à l’organisation de la première exposition du Musée Mohammed VI de Rabat, César, une histoire méditerranéenne.  A partir de 2016, nous avons créé une vente qui se déroule chaque année le 30 décembre à Marrakech, intitulée Paris#Marrakech, et qui connaît un grand succès. Petit à petit, nous nous sommes aperçus qu’il y avait une attente importante au Maroc de la part de collectionneurs de plus en plus nombreux. La vente se déroulait en duplex entre Marrakech et Paris mais le lieu légal de transfert de propriété de l’œuvre était à Paris. Cela rendait le processus d’achat compliqué pour les Marocains. Nous avons donc pris la décision de créer notre filiale à Marrakech au mois de juin et nous avons ouvert le bureau au mois d’octobre  2019.

- Vous portez un intérêt particulier aux orientalistes et à l'art contemporain africain: deux courants qui ont les faveurs des collectionneurs. Comment se fait la veille et comment anticiper l'intérêt des acheteurs?
- L’orientalisme et l’art contemporain africain sont des marchés dont Artcurial est leader en Europe continentale depuis près de dix ans. Il faut savoir que les ventes d’une maison d’enchère sont déterminées par les œuvres qui lui sont confiées. Chez Artcurial, nous jouissons d’un passé qui parle pour nous. Au-delà de notre réputation et de la confiance que nous accordent un grand nombre de clients, notre notoriété internationale s’est forgée grâce à nos résultats exceptionnels, dont plusieurs records du monde sur des artistes comme Jacques Majorelle, José Cruz Herrera ou Edy-Legrand. Par ailleurs, nous sommes une maison pluridisciplinaire caractérisée par son agilité et sa réactivité. Nous portons une attention particulière aux secteurs émergents du marché de l’art et entretenons une relation de proximité avec les artistes emblématiques de ces dernières décennies. Cela nous a permis de nous positionner en tant que pionniers de plusieurs nouvelles spécialités, comme le design, l’art urbain ou la bande dessinée, qui connaissent un véritable engouement de la part du public.

Propos recueillis par Amine BOUSHABA

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