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Société

Tanger plongée dans la tristesse

Par Ali ABJIOU | Edition N°:5842 Le 14/09/2020 | Partager
L’un des crimes les plus odieux de son histoire
La victime violée, assassinée et enterrée à quelques mètres de la maison de ses parents
L’appel pour l’application de la peine capitale de plus en plus fort

Triste dénouement dans la disparition du petit Adnane, l’enfant dont l’affaire a tenu en haleine tout un pays et dont le corps sans vie a été retrouvé vendredi soir. Porté disparu le lundi 7 septembre, les alertes sur les réseaux sociaux, les messages de réconfort pour ses parents et les appels à témoins étaient devenus tellement nombreux qu’ils avaient réussi à prendre le pas sur l’actualité liée au corona virus.

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Une manifestation lancée à la suite de l’enterrement du petit Adnane a scandé des slogans et demandé expressément l’application de ce châtiment pour l’assassin (Ph. Adam)

Dès la disparition du petit d’à peine onze ans, les théories ont fusé sur ce qui s’est réellement passé. Certains avançaient qu’il s’agissait d’un kidnapping pour sorcellerie, d’autres d’une bande spécialisée dans le vol d’enfants pour la vente d’organes, mais tout le monde gardait l'espérance de le revoir en vie. Vendredi soir, la lueur d’espoir s’estompa finalement avec la découverte du corps du petit Adnane et l’arrestation de son assassin et violeur présumé.

Selon les éléments de la police, le principal accusé est un jeune homme de 24 ans, récemment installé à Tanger et employé dans une usine. Selon les premiers éléments de l’enquête, il fréquentait le restaurant que gérait la famille de Adnane, ce qui lui aurait permis d’approcher le jeune garçon sans éveiller ses craintes.

Ce lundi noir, les caméras de surveillance l’ont capté alors qu’il accompagnait son agresseur jusque dans sa maison. Selon les éléments de l’enquête, tout se serait déroulé très vite, Adnane aurait été violé et ensuite assassiné, probablement par étranglement dans l’après-midi du lundi, entre 16 heures et 18 heures, alors que ses parents étaient encore à sa recherche.

Alors que la famille déposait plainte auprès de la police, vers 21 heures, son agresseur était à ce moment là en train de l’enterrer à la lisière de quelques arbres, à quelques centaines de mètres de la maison de ses parents. Poussant le vice au bout, il aurait même envoyé aux parents une demande de rançon par SMS, afin de trouver le temps de masquer son crime et de disparaître dans la nature.

La récente arrivée à Tanger de l’agresseur a compliqué la tâche de l’enquête malgré la mobilisation des caméras de surveillance du quartier. Afin de mieux passer inaperçu, il aurait même fait raser sa barbe et coupé ses cheveux dès la publication des premières images de lui accompagnant le petit Adnane, mais peine perdue car dès le mardi soir, moins de 24 heures après son forfait, il aurait été identifié, selon les éléments préliminaires de l’enquête.

Afin de maximiser les chances de le capturer, les limiers en charge de l’enquête ont demandé à la famille de ne pas dévoiler trop d’éléments et de se contenter de faire un appel à témoignages, afin d’avoir l’occasion de le retrouver, une opération sur laquelle, les enquêteurs n’ont pas encore livré tous les détails.

L’enquête en cours permettra d’éclairer les zones d’ombre de l’affaire. Comment l’agresseur a-t-il convaincu le petit Adnane de le suivre et de rentrer chez lui? Comment a-t-il transporté son corps sans vie jusqu’à la lisière sans éveiller de soupçons?

Quelle est l’implication des trois colocataires de l’assassin? Selon les derniers éléments, ces derniers ont été mis en garde à vue, ils risquent d’être poursuivis pour complicité. On leur reproche en effet de ne pas l’avoir dénoncé dès la publication de son portrait.

Les caméras de surveillance, anges gardiens ou démons?

Alors que la mode est à la diabolisation des caméras de surveillance dont sont équipés maisons et commerces, il est un fait qu’ils ont été déterminants pour permettre d’élucider et de déterminer l’identité du suspect dans l’affaire du petit Adnane. Leur utilisation pourrait être généralisée après avoir montré leur efficacité.

                                                                        

Le débat sur la peine de mort ravivé

Le viol et l’assassinat crapuleux du petit Adnane a remis sur le devant de la scène la question de la peine de mort. Sur les réseaux sociaux, les appels pour l’application de la peine capitale dans cette affaire se succèdent. Une manifestation lancée à la suite de l’enterrement du petit Adnane a scandé des slogans et demandé expressément l’application de ce châtiment pour l’assassin. Mais le Maroc ne semble pas engagé dans cette voie. La dernière exécution en date remonte à 1993 avec la toute aussi tristement célèbre affaire Tabit. Depuis, le Maroc marque une pause malgré plusieurs condamnations, les dernières en date émises dans le cadre des procès de la fusillade du Café la Crème à Marrakech ou encore des assassins des deux touristes à Imlil.

Ali ABJIOU

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