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International

Algérie et droits de l’Homme: Une affaire très bizarre

Par Nadia SALAH | Edition N°:5839 Le 09/09/2020 | Partager
Manipulations d’information, selon des méthodes archaïques
Alger aurait pu en faire l’économie…
…Les autorités politiques n’en sortent pas grandies

Le dossier couvait depuis au moins le mois de juillet 2020. L’incident, assez embarrassant a pour cadre le Haut-Commissariat pour les Droits de l’Homme, HCDH. Il appartient au système de l’ONU et est présidé par une Haute-Commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme, la chilienne Michelle Bachelet. En plus l’affaire est tombée pile sur la journée de la liberté de la presse, le 1er septembre.

Fin août, quelque 200 à 250 Algériens de la diaspora organisent une marche de Chambéry en France vers Genève, pour déposer un courrier et des témoignages sur ce qu’elles appellent des tortures morales et physiques en Algérie. Le principal organisateur, Al Karama est une association à coloration islamiste, ayant eu des anicroches avec les lois suisses et françaises.

Tâche honteuse

La communication de la marche surfe sur la journée de la liberté de la presse et sur la réprobation mondiale contre les emprisonnements de journalistes et de hirakistes en Algérie.
Les documents sont déposés auprès de HCDH. En 48h, le gouvernement algérien mobilise l’Agence officielle de Presse, comme le faisait le Maroc, il y a 20 ans.
Aujourd’hui, les batailles d’informations passent par des médias aux ordres, dont tout lecteur connaît la fonction. Cette méthode indirecte évite aux autorités politiques le ridicule, ou le discrédit, de se faire prendre lui-même en fâcheuse posture. Si l’affaire est trop encombrante, alors on sacrifiera le média, sans avoir à châtier le ministre maladroit.
Alger a un temps de retard dans ce genre de manipulations.  Au moins que les liens politiques ne soient plus assez sûrs pour pouvoir déléguer une tâche honteuse (?).
Au cours de la première semaine de septembre 2020, l’APS lance elle-même la charge contre les manifestants. Mais les renseignements qui lui sont fournis sont de très mauvaise qualité. On y parle d’un secrétaire et d’un secrétariat général n’existant pas dans l’administration de HCDH, de rejet des documents par le Haut-Commissariat, de «marcheurs ayant une double nationalité» (sic)… Et ainsi de suite.
L’affaire ne s’arrête pas là. En effet le HCDH publie un communiqué sec démentant directement et ouvertement la dépêche de l’APS.
C’est, si on en croit des sources algériennes, la première fois qu’un tel retour de bâton se produit, chez le Haut-Commissariat.
Depuis, la presse privée et divers sites d’informations multiplient les débats sur le sujet. Ils affirment que «le gouvernement, par son incompétence, leur a fait subir une humiliation devant le monde entier». Un sentiment analogue à celui qui avait jeté les Algériens dans le Hirak, pour s’opposer au 5e mandat, humiliant, de Bouteflika.
Sur le fil de l’APS, la malheureuse dépêche a été enlevée.

N.S.

                                                                          

Valeur universelle vs valeur souveraine

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Le journaliste Khaled Draremi, correspondant de TV5 en Algérie a été condamné à 3 ans de prison pour avoir, entre autres, «porté atteinte à la sécurité de l’Etat» et pour «avoir donné des informations à l’étranger» . Un mouvement international s’est levé pour demander sa libération. L'affaire est en ce moment devant la Cour d'Appel (Ph. Amnesty International)

En juillet, la représentation algérienne se fait remarquer en affirmant que l’appui aux droits de l’Homme ne doit pas mettre en cause la souveraineté de chaque Etat. Ce type de discours est typiquement celui de gouvernements dont les pratiques sont mauvaises mais qui veulent ouvertement les maintenir. En effet, élever des barrières de souveraineté permet de maltraiter sans risque ses citoyens.
Par comparaison, il y a une petite trentaine d’années que Rabat a cessé ces discours, particulièrement contreproductifs, vis-à-vis de la communauté internationale. Précisément depuis que le Prince Héritier Sidi Mohammed a envoyé un message lors d’un colloque de l’USFP, où S’mit Sidi a indiqué qu’à son sens les valeurs des droits de l’homme sont des valeurs universelles, valables partout avec la même force. Il n’empêche qu’il faut des années et des années pour modifier les usages: les anciens réflexes ne sont jamais très loin.

 

 

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