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Le Cercle des Experts

La résilience marocaine passe par l’emploi chez les TPE-PME

Par M’Fadel EL HALAISSI | Edition N°:5827 Le 24/08/2020 | Partager

Administrateur de nombre de sociétés du groupe d’Othman Benjelloun, Finances.com, directeur général délégué de Bank of Africa, M’Fadel El Halaissi a gardé de ses premières armes professionnelles dans la recherche en France le goût de la réflexion académique productrice de systèmes et de concepts. Revenu au pays, il a fait toute sa carrière marocaine au sein de la BMCE, devenue Bank of Africa, pour marquer ses ambitions continentales. Il s’exprime à titre personnel (Ph. Privée)

Tout au long des deux dernières décennies, l’économie marocaine a montré sa résilience face aux diverses crises économiques et sociales. Quelle est la recette? De quoi se compose-t-elle?
Si le modèle économique suivi par le Royaume du Maroc (voir encadré) s’essouffle après plusieurs années de réussite, c’est que l’équilibre de ce cercle trigonométrique a été rompu au fil des ans, se traduisant par moins d’emplois, moins de consommation et moins de croissance.

Investissement public dominant, mais…

Ainsi, le cercle vertueux des années 2000 à 2010 se transforme en cercle vicieux pour une économie dont la quasi-totalité des indicateurs macroéconomiques sont au vert.
Le principal ressort de la résilience réside en grande partie aux énormes efforts du système financier pour le développement de la PMI-PME, de la TPE et des programmes d’inclusion financière.
Une profonde réforme visant la rationalisation des choix budgétaires s’impose actuellement plus que jamais. La politique d’allocation des ressources doit à présent obéir à une priorité au-dessus de toutes les priorités, celle de la création d’emplois. L’économie marocaine a atteint un niveau d’équipement d’infrastructures au-dessus de ses besoins nécessaires, au regard de son niveau de développement.
L’optimisation de l’usage des biens collectifs en infrastructure, passe nécessairement par la croissance de la demande effective, qui passe par l’augmentation de l’emploi. Autrement, le seuil de rentabilité et la maximisation de la valeur marginale de l’usage de ces infrastructures restent bien loin à atteindre.

… faible facteur de croissance!

Ainsi, les constats sont multiples, mais la conviction est unique!
L’économie marocaine doit créer plus d’emplois pour pérenniser son développement et sa croissance. Le système financier du Royaume du Maroc est l’un des plus performants sur le continent africain et aussi le plus dynamique de la région Mena.
Sur le segment du financement des besoins des PMI-PME et TPE, le Maroc se place en tête des pays de la région Mena avec un taux de pénétration de 24% en 2011, par rapport à une moyenne de 8% pour la région selon le rapport de la SFI de la même année.
Bien que cette réalisation soit une performance en soi pour le Maroc, il n’en demeure pas moins que le Gap de 76% des besoins en financement de la PME-TPE n’est pas encore assuré à cette date par le système financier. Ceci représente à contrario, un gâchis économique en soi.
Néanmoins, nous pouvons confirmer que ce remarquable taux de financement de 24% est un véritable atout de l’économie marocaine, qui a certainement contribué à la création de milliers d’emplois, entretenu la demande intérieure, et favorisé la stabilité relative de la croissance économique.

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Jusqu’à ces dernières années, les mécanismes de soutien aux petits et tout petits entrepreneurs (jeunes entrepreneurs…) n’avaient pas bien fonctionné. Quand les banques et les banquiers ont été mis en front office, les résultats se sont subitement améliorés

                                                                          

La martingale marocaine

CeS efforts font que le Maroc est de la région Mena avec un taux de financement des besoins de la PMI-PME supérieur à 25% pour une moyenne de 15% dans la région. L’économie du Royaume a une capillarité dominée par les PMI-PME et TPE, tout en se complaisant dans ses singularités.

Trois axiomes à retenir:
1- Plus de 95% des entreprises sont des PMI-PME et TPE
2- Les PMI-PME, TPE et auto-entrepreneurs dominent la création d’emplois
3- Le rapport investissement/emploi le plus avantageux est celui des TPE-PME
Le Maroc est le pays réalisant le taux le plus élevé d’investissement. Avec 34% du PIB consacré à la FBCF, le Royaume est en tête du classement mondial selon le rapport de la SFI d’octobre 2019 relatif au diagnostic du secteur privé.
Ce même rapport dit que ce taux élevé n’a pas eu les retombées espérées en termes d’emploi, ni en termes de croissance. La majorité des investissements est l’œuvre de l’Etat ou d’entreprises publiques dans les secteurs d’infrastructure avec un très faible impact sur l’emploi. Ainsi, le modèle basé sur un taux élevé d’accumulation du capital public fixe a des effets
limités sur le Maroc. Ce modèle est à revoir, la croissance a besoin de la demande, et la demande ne peut s’exprimer qu’à travers l’emploi!

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La force des PME du Maroc explique la résilience économique. Les amortisseurs socio-économiques étaient bien installés et entretenus depuis plusieurs années

                                                                          

Dans l’arrière-boutique

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En nombre, les très petites entreprises dominent le tissu économique du Maroc

La solidité et l’agilité de l’économie marocaine réside dans la stabilité et la légitimité de son système politique. C’est un terreau où foisonnent les substrats tels que la population jeune et dynamique, une structure du PIB diversifiée, une inflation maîtrisée, déficit budgétaire sous contrôle, taux d’investissement très élevé et croissance économique honorable.
Cette structure posée, il existe des limites comprimant la croissance en réduisant les avantages des effets multiplicateurs positifs de chaque élément. L’élément fondamental, l’épine dorsale de cette «arrière-boutique» étant le sous-emploi de la population active.
En effet, l’économie de marché est structurellement tributaire de la consommation, donc de la demande effective, donc du pouvoir d’achat s’exprimant sans discontinuité sur le marché. La consommation est tributaire de l’emploi, et l’emploi dépend de la croissance qui dépend de la consommation. Le cycle infernal d’un cercle trigonométrique en constante interaction car intrinsèquement et profondément interdépendant.

 

 

 

 

 

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