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Dossier Spécial

Jeunesse : Le grand défi de l’emploi pour la nouvelle génération

Par Khadija MASMOUDI | Edition N°:5826 Le 19/08/2020 | Partager
La pandémie est venue exacerber leur situation
Huit personnes sur dix âgées de 15 à 34 ans à la recherche d’un poste
Réactivé, le programme Intelaka, un boosteur de projets

A moins d’une reprise grand V et d’une croissance riche en emploi, les femmes et les jeunes pourraient subir les conséquences les plus sévères de la pandémie. Au deuxième trimestre, les chiffres sur le chômage des jeunes âgés de 15 à 24 ans ne sont pas reluisants: le taux a grimpé de 11,2 points! Celui des diplômés est également sur une tendance ascendante: 18,2% au deuxième trimestre contre 14,5% une année auparavant. Ce deuxième trimestre est marqué par le confinement. Mais pas seulement. Le pays fait aussi face à une deuxième année de sécheresse avec des conséquences au niveau des zones rurales aussi bien qu’urbaines.

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Les jeunes âgés de 15 à 24 ans sont à un taux de chômage de 33,4% au deuxième trimestre. Il a augmenté de 11,2 points  et dépasse la moyenne nationale  de 21,1 points!

Au Maroc, la population au chômage reste majoritairement jeune: 8 personnes sur 10 âgées entre 15 et 34 ans sont à la recherche d’un emploi, selon les statistiques 2019 du Haut Commissariat au Plan. Cette population est dominée par les chômeurs de longue durée et les primo-demandeurs d’emploi. Elle se caractérise aussi par son niveau de qualification plus élevé que celui de la population occupée. En tout cas, la population au chômage compte 40,8% de détenteurs d’un diplôme de niveau supérieur contre 14,9% pour la population occupée.

Sur le terrain, plus on est diplômé moins on a de chance de trouver un emploi! Le taux de chômage passe de 3,1% parmi les personnes n’ayant aucun diplôme à 15,7% pour les détenteurs d’un diplôme. Il s’établit à 12,4% parmi les personnes ayant un diplôme moyen et à 21,6% pour celles ayant un diplôme supérieur (chiffres 2019 du HCP).

Le problème du chômage des jeunes et en particulier des diplômés ne date pas d’aujourd’hui. Il s’explique d’abord par une offre de compétence de mauvaise qualité renvoyant ainsi au problème d’inadéquation entre la formation reçue et les besoins du marché du travail. Selon le HCP, le chômage reste relativement plus élevé parmi les détenteurs de diplômes délivrés par les facultés (23,6%), les diplômes de techniciens et cadres moyens (23,9%) et les certificats en spécialisation professionnelle (20,9%). 

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Le sous-emploi est lié soit  au nombre d’heures travaillées, à l’insuffisance du revenu ou à l’inadéquation entre la formation et l’emploi. Au deuxième trimestre, il  touche les jeunes âgés de 15 à 24 ans beaucoup plus que les autres catégories

Vient, ensuite, le déficit de demande de compétences de la part des entreprises. Ce déficit est attribué à la lente transformation structurelle de l’économie, laquelle ne permet pas d’absorber le flux de diplômés qui arrivent sur le marché. Globalement, le marché du travail compte l’arrivée annuelle de près de 300.000 nouveaux entrants, mais la création nette d’emplois reste insuffisante.

La pandémie et ses répercussions sur l’économie  risquent d’accroître le chômage des jeunes contre lequel aucune recette miracle n’a été trouvée. Lancé au début de l’année suite au discours du Souverain du 11 octobre 2019, le programme Intelaka censé booster l’emploi vient d’être réactivé. Il pourrait contribuer à l’atténuation du chômage des jeunes diplômés en soutenant les porteurs de projet. Un compte d’affectation spéciale «Fonds d’appui au financement de l’entrepreneuriat» a été créé par la loi de finances 2020.

Il est doté d’une enveloppe de 6 milliards de DH sur trois ans, financée à part égale par l’Etat et le secteur bancaire.  Les ressources de ce fonds ont été renforcées de 2 milliards supplémentaires octroyés par le Fonds Hassan II pour le Développement économique et social.

Le programme vise notamment le financement de près de 13.000 TPE par année à travers une offre de garantie adossée à des crédits à des conditions avantageuses: garantie de 80% des prêts, absence de sûreté personnelle, taux d’intérêt de 2% pour les projets en périmètre urbain et de 1,75% pour le périmètre rural et un montant pouvant atteindre 1,2 million de DH. Au cours des prochains mois, le chômage des jeunes dépendra de l’évolution de la pandémie et de la capacité de l’économie à créer des emplois.

En tout cas, la feuille de route sur la relance prévoit l’injection de ressources importantes: 11% du PIB. Elle compte des mesures pour l’emploi: le maintien par les entreprises d’un niveau supérieur ou égal à 80% des emplois stables par rapport à la déclaration de la CNSS du mois de février 2020. Ce n’est pas tout. Le patronat s’est également engagé à proposer des projets structurés et économiquement viables favorisant l’emploi, l’innovation et participant à la diversification de la chaîne de valeur.

                                                                          

Des politiques plus audacieuses

Bien que les conséquences du coronavirus pèsent lourdement sur l’économie avec un nombre important d’entreprises qui n’arrivent pas à reprendre pleinement leurs activités, il n’en reste pas moins que des opportunités existent.  «Le Maroc pourrait mettre en place des politiques plus innovantes et audacieuses pour la création d’emplois, par exemple à travers un fort soutien à l’entrepreneuriat des jeunes, dans le secteur des services en particulier, ou la formation des jeunes à des métiers qui ont le vent en poupe, dans les nouvelles technologies, l’électronique ou le service à la personne», avait déclaré Jesko Hentschel, directeur du Département Maghreb de la Banque mondiale, à L’Economiste.
Au  Royaume-Uni par exemple, un dispositif audacieux a été annoncé par le gouvernement de Boris Johnson pour répondre à la crise de l’emploi en particulier chez les plus jeunes. L’Etat compte subventionner à 100%, à hauteur du salaire minimum (environ 1.000 euros brut mensuel) et à raison de 25 heures par semaine, des contrats de six mois pour les 16-24 ans inscrits au chômage et à faibles revenus.

Khadija MASMOUDI

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