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Société

Dar Bouidar: 5 villages de plus pour les enfants abandonnés

Par Ghizlaine BADRI | Edition N°:5821 Le 11/08/2020 | Partager
Huber, fondateur de l'association «Les enfants de l'Atlas» prévoit son projet d’extension à l’horizon 2021
Une initiative appuyée par la diaspora marocaine à l’étranger
Un établissement scolaire primaire et secondaire pour les futurs 600 enfants de l’association

C’est un projet titanesque que celui de Hansjörg Huber, fondateur et président de l'association Enfants de l'Atlas «Dar Bouidar», une ONG qui accueille les enfants abandonnés au Maroc. L’orphelinat qui héberge déjà 120 enfants au sein d’un village situé à quelques kilomètres de Marrakech compte étendre son activité à 5 villages supplémentaires avec une capacité d’accueil de 120 enfants par village soit 600 enfants au total.

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Hansjörg Huber se bat depuis 5 ans pour offrir à ces enfants abandonnés un foyer, une éducation et un avenir (Ph. Ghizlaine BADRI)

«Nous travaillons d’arrache-pied pour accueillir davantage d’enfants malheureux, qui n’ont pas la chance d’avoir une famille aimante et un cadre adéquat pour leur évolution personnelle. Nous avons l’appui de donateurs prestigieux qui font partie de la diaspora marocaine partout dans le monde», affirme Hansjörg Huber, Président de cette association de protection de l’enfance.

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Le site de Dar Bouidar s'étend sur 14 hectares, dans la région de Tahanaoute à 30 km de Marrakech (Ph. Ghizlaine BADRI)

Dans le cadre de ce nouveau projet, Hansjörg Huber a fait appel à Chakib Benmakhlouf, un marocain installé en Suède spécialiste de l’enseignement supérieur et félicité par le Souverain de Suède pour ces programmes innovants. Celui-ci aura en charge la mise en place du programme éducatif des 2 établissements scolaires, collège et lycée prévus au sein de Dar Bouidar .

«J’ai contacté plusieurs personnalités un peu partout dans le monde, en Suisse, en France, aux Etats-Unis à travers les fondations que j’ai créées afin d’apporter les fonds nécessaires à la concrétisation de ce projet qui me tient particulièrement à cœur», poursuit Hansjörg Huber.

Le nouveau projet d’extension vise à prendre en charge des enfants dépourvus de famille afin de leur offrir un foyer mais également une éducation de qualité à l’aide de modules de e-learning offerts également par Samir Benmakhlouf, directeur de Microsoft Maroc, autre partenaire de cette initiative.

L’association compte également s’appuyer sur les parrainages privés pour prendre en charge les 600 enfants qu’abritera «Dar Bouidar». «Un enfant coûte en moyenne 3000 DH par mois, un parrain peut prendre en charge la totalité de cette somme, ou une partie. Par ailleurs, un village va nécessiter 40.000 DH pour son fonctionnement mensuel soit 500.000 DH à l’année. Toutes les aides sont les bienvenues», précise Hansjörg Huber.

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Il existe sur le site de Dar Bouidar 10 maisons qui regroupent 10 enfants chacune. Plusieurs mamans s'occupent des enfants, elles préparent les repas, veillent aux devoirs et font en sorte que les enfants ne manquent de rien (Ph. Ghizlaine BADRI)

Un bienfaiteur venu de Suisse

Hansjörg Huber est arrivé au Maroc en 2015, pour créer ce projet «un peu fou» comme il aime le décrire. Avec sa femme et la moitié de sa fortune soit 3 millions d’euros, il décide de créer l’orphelinat édifié sur 14 hectares, situé à Tahanaoute, à 30 minutes de Marrakech.

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Une nurserie accueille actuellement une dizaine de bébés de plusieurs semaines à plusieurs mois (Ph. Ghizlaine BADRI)

Issu d’une famille bourgeoise protestante, ancien assureur, l’acteur associatif raconte avoir eu un choc à l’âge de 22 ans en visitant une association tibétaine en Suisse où il fait la rencontre d’enfants abandonnés qui le marqueront à tout jamais. Depuis, ce rêve d'aider les plus démunis ne s’est jamais éteint.

«A partir de ce jour, j’ai annoncé à mes 3 enfants, que je dédierai la moitié de leur héritage à d’autres enfants qui n’ont pas eu la chance d’avoir une famille et un avenir. Bien entendu, ils n’y ont vu aucun inconvénient», poursuit-il.

Le projet éducatif de l’association est de faire de ces enfants des citoyens solides afin de participer plus tard au développement de leur pays. «50.000 enfants sont abandonnés tous les ans au Maroc» selon Aicha Ech Chenna, présidente de l' Association Solidarité féminine. Un chiffre qui donne le vertige.

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Des étudiants bénévoles viennent de tout le Maroc, faire des séjours de plusieurs semaines à l'association afin de participer à la vie des enfants dans l'orphelinat (Ph. Ghizlaine BADRI)

«Les orphelins sont l’affaire de tous, nous devons en tant que Marocains être sensibles à cette cause majeure dans notre pays», alerte Wafae Elmhandez, la directrice administrative des «Enfants de l’Atlas».

Huber a investi ses biens pour offrir à ses enfants non seulement un foyer, mais aussi un accès à l'art et la culture. Ce collectionneur a créé dans le village sa propre galerie d'art, avec des oeuvres issues de différentes époques. Les tableaux exposés sont vendus au profit du village et les bénéfices sont reversés dans leur  totalité au projet caritatif.

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Certaines des maisons sont parrainées par des institutions étrangères ou des parrains privés (Ph. Ghizlaine BADRI)

En plus de l'arabe, les enfants apprennent le français dès leur plus jeune âge ainsi que l'anglais. Chacun d'entre eux est encouragé à se développer dans tous les domaines, les enfants suivent des cours de danse, apprennent un instrument de musique et se familiarisent avec les activités agricoles.

«Ces enfants ont aussi pour certains des traumatismes profonds, ils font également des séances de reiki, de yoga et des médecins viennent de Suisse bénévolement pour leur faire des séances de thérapie craniosacrale, discipline qui puise ses origines dans l’ostéopathie.

Ces enfants sont aussi des Marocains, ils souffrent déjà de l’abandon qui est terrible, je souhaite leur offrir une 2e chance dans la vie pour en faire des citoyens à part entière», conclut Hansjörg Huber.

 

Un cadre chaleureux

Près de 50.000 enfants sont abandonnés chaque année au Maroc. Certains sont nés hors mariage, d’autres, sont abandonnés parce que leurs parents vivent dans des situations de précarité extrême et ne peuvent subvenir à leurs besoins. Les structures capables de les accueillir dans de bonnes conditions sont très rares. L’association «Les enfants de l’Atlas» est née de ce constat, ses missions consistent à recueillir, au sein d’un village spécialement construit à cet effet, ces enfants pour leur offrir un foyer, une éducation et leur permettre, ainsi, de changer un départ difficile dans la vie dont ils ne sont aucunement responsables. Un village des Enfants de l’Atlas c’est: 300 bénévoles tout au long de l’année, 120 enfants, dont 10 avec un handicap, 60 mamans, 40 employés,  10 maisons, une école, une mosquée et une infirmerie.

Ghizlaine BADRI

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