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Economie

Solvabilité des banques : Les matelas de sécurité devraient absorber le choc du Covid-19

Par Franck FAGNON | Edition N°:5817 Le 05/08/2020 | Partager
Une première estimation aboutit à un impact de 110 points de base sur le ratio de fonds propres durs
Bank Al-Maghrib ne renseigne pas sur les situations individuelles
Au-delà du coût du risque, la marge d'intérêt sous forte pression
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L'augmentation des risques liés au crédit et les pertes potentielles vont peser sur les fonds propres des banques. Cependant, les ratios prudentiels resteraient au-dessus des exigences minimales dans le cadre du scénario retenu pour le stress macroéconomique effectué en juin

Seules banques à avoir déjà publié leurs résultats semestriels, BCP a vu son coût de risque doubler à 3 milliards de DH et Crédit du Maroc, le sien tripler à 438 millions de DH, en raison d'importantes provisions pour mauvaises créances. La détérioration de l'environnement économique provoquée par le Covid-19 va laisser des traces importantes dans les bilans des banques. Surtout que la crise frappe de plein fouet des secteurs dans lesquels le taux de sinistralité était déjà bien supérieur à la moyenne notamment dans l'hôtellerie et la restauration (25,3%) et le commerce (12,5%). Ce n'est guère mieux du côté des ménages dont la situation financière affichait des signes de fragilité bien avant la crise au regard des impayés. En dehors du coût du risque, la baisse de la production du crédit et la chute de l'activité de flux suite au ralentissement du commerce international va pénaliser la rentabilité des banques. «Nous aurons une année difficile en termes de résultats. Mais la situation n'est pas de mesure à fragiliser les banques», confie un directeur général.  A ce stade et suivant le scénario d'une croissance en V (contraction de 5,2% du PIB en 2020 suivi d'un rebond de 4,2% en 2021), le taux de défaut moyen du secteur se détériorerait de 2,3 points à 9,9% en 2020. Il passerait à 10,8% l'année suivante, selon les résultats du stress test macroéconomique effectué en juin par Bank Al-Maghrib. Le choc pandémique entraînerait une baisse de 110 points de base du ratio moyen de fonds propres de base à 9,3%. Le ratio de fonds propres de catégorie 1, lui, passerait de 11% à 9,8%. L'augmentation des risques liés au crédit et les pertes potentielles amputeraient le ratio de solvabilité moyen (fonds propre global) de 150 points de base sur deux ans à 13,9% en 2020 puis 13,6% en 2021. Malgré le choc lié au Covid-19, les ratios prudentiels moyens du secteur resteraient au-dessus des minima. En revanche, Bank Al-Maghrib ne donne aucune indication sur les situations individuelles. Les banques sont soumises à une réglementation plus stricte, notamment en termes d'exigences de fonds propres, ce qui leur permet d'aborder cette crise avec un peu plus de marge. 
L'évolution de la situation sanitaire pourrait améliorer ou altérer le tableau à l'issue du stress test macroéconomique. En outre, le scénario retenu pour le stress test ne tient pas compte de nouvelles mesures portant sur le renforcement des fonds propres ou sur l'optimisation des risques pour mitiger l'impact de la crise sur la solvabilité des banques. Jusqu'ici, la banque centrale a triplé les possibilités de refinancement des banques en monnaie centrale à un taux qui a baissé à deux reprises depuis mars. En outre, elle a assoupli certaines règles prudentielles pour permettre au système de continuer à soutenir normalement l'économie. Néanmoins, la flambée des créances en souffrance pourrait entraîner une diminution de l'offre. Celle-ci est impactée négativement par les créances en souffrance et le coût de financement, et positivement par la valeur ajoutée non agricole et les dépôts auprès des banques. Une augmentation de 1% des créances en souffrance n'affecterait pas l’offre du crédit à court terme mais elle pourrait induire une baisse allant jusqu’à 4% sur une période de deux ans, selon une analyse des économistes de Bank Al-Maghrib. 
F.Fa

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