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Economie

Délais de paiement: Les TPE asphyxiées

Par Franck FAGNON | Edition N°:5816 Le 04/08/2020 | Partager
En particulier dans la construction, le transport et l’entreposage
L’écart entre délais clients et fournisseurs négatif de 100 jours et plus
La réforme approuvée par l’Observatoire attendue d’urgence

 

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Malgré les améliorations, les délais fournisseurs restent supérieurs aux délais réglementaires dans la plupart des secteurs. Les difficultés de trésorerie, la mauvaise gestion du poste client et aussi l’abus de certaines entreprises, surtout les grandes, expliquent cette situation 

L’attente jusqu’à l’adoption des nouvelles mesures concernant les délais de paiement pourrait être très longue pour les TPE dans la construction et le transport. Le solde commercial, c’est-à-dire la différence entre les délais clients et fournisseurs, est négatif de 99 jours dans la construction et 123 jours dans le transport et entreposage selon les résultats de la dernière enquête de Bank Al-Maghrib. Les TPE opérant dans la construction règlent leurs fournisseurs en moyenne en 64 jours alors que leurs clients les paient en moyenne en 163 jours! En dépit des mesures prises par les autorités et des efforts consentis en matière de sensibilisation des opérateurs économiques, le problème des délais de paiement reste posé avec acuité, dénonce Bank Al-Maghrib dans son rapport annuel. Les premiers à en souffrir restent les TPE. 
Les résultats de l’enquête menée à partir d’un échantillon de 70.797 entreprises non financières révèlent que plus de 70% d’entre elles se font payer au-delà de 90 jours. En revanche, 62% règleraient leurs factures en 60 jours maximum et 1 sur 3 au-delà de 90 jours. Cette vue d’ensemble masque des situations différenciées selon les secteurs. Dans les activités de services, les grandes entreprises règlent leurs fournisseurs en moyenne en 176 jours contre 146 jours pour les PME et 115 jours pour les TPE. Ces dernières se font payer par leurs clients en moyenne en 162 jours soit un solde commercial négatif de 47 jours. Il s’affiche à -2 pour les PME alors que le gap est positif de 57 jours pour les grandes entreprises. Les délais clients les plus courts sont observés dans l’hôtellerie et la restauration: les TPE encaissent en moyenne à 44 jours contre 30 jours pour les PME et 39 jours pour les grandes entreprises. Ces activités sont principalement orientées vers une clientèle de particuliers qui règle généralement au comptant. En revanche, les grandes entreprises et les PME du secteur sont des mauvais payeurs dans la mesure où les délais fournisseurs moyens pour les premières ressortent à 138 jours et s’établissent à 100 jours pour les secondes. Ils s’élèvent à 67 jours pour les TPE.
Aujourd’hui, le crédit interentreprises culmine à 420 milliards de DH rivalisant avec  les crédits bancaires aux entreprises non financières (459 milliards de DH à fin 2019). La réforme préconisée par la CGEM prévoit la mise en place d’une sanction à l’encontre des mauvais payeurs. Elle viendrait remplacer l’indemnité sur retard de paiement. Le produit des amendes serait dédié à l’appui des entreprises. En pratique, les commissaires aux comptes à travers leurs rapports et la Direction générale des impôts au moment des contrôles fiscaux seraient parmi les sources de remontée de l’information sur les délais de paiement. Parallèlement à l’adoption de ces mesures, le patronat propose le relèvement du plafond des délais de paiement à 120 jours durant une période transitoire de deux ans avant de le ramener à 90 jours. En outre, il faudra prévoir des délais dérogatoires pour les secteurs à caractère saisonnier. 


  • Crédit: La hausse des impayés poussera les banques à resserrer le robinet

Les premiers résultats semestriels des banques et les provisions constituées pour faire face au risque coronavirus montrent bien l’ampleur du choc sur l’économie. La montée des risques ne sera pas neutre sur l’offre de crédit à l’avenir. Les banques seront plus sélectives. Selon une estimation des économistes de Bank Al-Maghrib, l’offre de crédit est impactée négativement par les créances en souffrance et le coût de financement, et positivement par la valeur ajoutée non agricole et les dépôts auprès des banques. Ainsi, une augmentation de 1% des créances en souffrance n’affecterait pas l’offre du crédit à court terme mais elle pourrait induire une baisse allant jusqu’à 4% sur une période de deux ans, estiment-ils. 

  • Monnaie digitale: La position de Bank Al-Maghrib 

Plusieurs banques centrales projettent ou vont émettre leur propre monnaie digitale. Bank Al-Maghrib suit les développements autour du sujet à l’international. Une telle initiative au Maroc passe d’abord par un changement dans les habitudes d’utilisation des moyens de paiement, estime la banque centrale. L’amélioration de l’inclusion financière et la réduction de la circulation du cash sont des prérequis. Selon une enquête de la Banque des règlements internationaux (BRI), une vingtaine de banques centrales sont passées d’un stade de développement conceptuel d’une monnaie digitale à une phase d’expérimentation ou à des études de faisabilité et quelques-unes ont déjà lancé des projets pilotes. Une banque centrale sur dix considère vraisemblable l’émission d’une monnaie digitale au cours des trois prochaines années. 

F.Fa

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