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Dossier Spécial

La crise redéfinit les codes de l’industrie bancaire

Par Franck FAGNON | Edition N°:5814 Le 29/07/2020 | Partager
De nouvelles façons de travailler, d’interagir avec les clients…
Plus rien ne sera plus comme avant dans l’approche du risque
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dDans les plans de sauvetage et de relance conçus, les banques y jouent un rôle important

En quelques semaines, le coronavirus a bouleversé le quotidien des populations avec des millions de personnes «assignées à résidence». La brutalité du choc a aussi porté un coup dur au tissu productif et à l’emploi. Un peu partout dans le monde, le keynésianisme redevient tendance avec les plans de relance. Les Etats ont ainsi déployé des mesures sans précédent pour faire face à la crise. 
Dans les plans de sauvetage et comme de relance, les banques jouent le rôle de pompiers. Il fallait d’urgence mettre des liquidités à disposition des entreprises  afin d’éviter des faillites et les dégâts sociaux qu’auraient entraînés les suppressions des milliers d’emplois. 
Assureur en dernier ressort, l’Etat a mis en jeu sa garantie pour faciliter l’accès au crédit aux TPE et PME. Ces dernières ont mobilisé 17 milliards de DH de découverts pour régler leurs charges d’exploitation au plus fort de la crise. Depuis mi-juin, elles peuvent lever des fonds pour le redémarrage de leur activité. Parallèlement au dispositif déployé pour soutenir les entreprises, des centaines de milliers de particuliers ont bénéficié de report d’échéance de crédit.
De son côté, Bank Al-Maghrib a réduit de 0,75 point le taux directeur pour favoriser une détente des taux débiteurs. Pour soutenir les liquidités bancaires mises sous pression par l’accélération de la circulation fiduciaire, elle a activé l’ensemble des instruments de refinancement disponibles en dirhams et en devises et a étendu la liste des actifs admis en collatéral. Ces mesures ont été accompagnées par l’assouplissement de certaines règles prudentielles visant à réduire les exigences en fonds propres des banques. 

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Malgré le dispositif de soutien public et les assouplissements accordés par la banque centrale, le coût du risque des banques va fortement augmenter. Les stress tests effectués en juin ont démontré la résilience des banques au choc engendré par le coronavirus, a tenté de rassurer Bank Al-Maghrib. Le soutien public ne sera pas permanent et le débranchement des aides pourrait accroître le nombre de défaillances. Dans les quartiers généraux des banques, l’évolution de la sinistralité est très redoutée. Le gros de la vague reste à venir. 
Les dernières crises et le travail réglementaire ont permis aux banques de renforcer leur système de défense face aux chocs. Mais les banques n’ont jamais été confrontées à une crise de l’ampleur de celle provoquée par le coronavirus. Même les PCA (Plans de continuité d’activité) les plus aboutis ne prévoient pas de scénarios de dégradation comme ceux déclenchés par la crise sanitaire. Cette crise a imposé de nouvelles façons de travailler, d’interagir avec les clients et accélérer des tendances. La modernisation des infrastructures et des dispositifs de gestion des risques devra aussi s’accélérer. Les banques ont découvert, comme de nombreuses entreprises, le télétravail. Mais dans une industrie sensible comme celle de la leur, le développement du travail à distance nécessitera aussi de renforcer les investissements dans la sécurité des systèmes informatiques et dans la formation des équipes. Selon Moody’s les cyberattaques contre les institutions financières auraient triplé durant le confinement. 
La crise actuelle devrait si besoin est, accélérer la mutation du modèle économique des banques qui sont depuis quelques années challengés par des acteurs plus agiles, pronostiquent certains experts. Face aux pépites de la fintech, les acteurs traditionnels défendent leur territoire. Il faudra tirer le meilleur des technologies digitales pour améliorer et sécuriser l’expérience client. L’usage de la technologie sera aussi nécessaire pour réaliser des gains de productivité. Mais la meilleure technologie au monde ne suffira pas sans une véritable approche client dans la culture. Et cela commence par les services en agence. 
Franck FAGNON

 

 

 

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