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Aïd Al-Adha: La mévente guette le mouton

Par Abdelaziz GHOUIBI | Edition N°:5813 Le 28/07/2020 | Partager
La fermeture de plusieurs villes entrave la pratique du rituel
L’axe Tanger-Casablanca-Marrakech concentre la moitié de l’offre
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L’axe Tanger-Casablanca-Marrakech concentre plus de la moitié de l’offre en ovins et caprins. Au total, les régions se situant sur cet axe recèlent plus de 4,6 millions de têtes des petits ruminants, soit l’équivalent de la totalité de l’effectif abattu le jour de l’Aïd Al Adha ​

A trois jours de la fête du sacrifice, le marché du mouton risque de tourner au marasme. Surtout, pour les éleveurs. Déjà en fin de semaine passée, la morosité était palpable sur plusieurs plateformes de la région de Casablanca-Settat. L’offre y était abondante mais la clientèle se faisait rare. Du coup, des agneaux de races Sardi, Tamhdite et Bergui étaient bradés à des prix jamais enregistrés depuis plusieurs décennies. La fourchette variait entre 1.500 et 2.500 DH pour des moutons de bonne qualité. Pour les petits caprins, le niveau des prix ne dépassait guère les 700 DH. Mais l’acte d’achat était rarissime parmi les chefs  de familles qui prenaient juste la température du marché. Pour certains éleveurs, la tendance devrait, probablement, s’inverser avec le versement des salaires et aides de l’Etat attendu en ce début de semaine. Mais voilà que le gouvernement décrète la fermeture de huit villes se situant sur l’axe Tanger-Casablanca-Marrakech. Un axe où se concentre la majorité de la population mais aussi  l’essentiel de l’offre en ovins et caprins. Or, il est de notoriété publique, que Casablanca se vide complètement à l’occasion de la fête du sacrifice. Commerçants et ouvriers du bâtiment la désertent en cette période pour profiter de leur «congé annuel». Et c’est cette population qui assure le mouton à la famille. Pareil également pour des villes comme Tanger, Rabat et Kénitra où s’activent des milliers de  jeunes venus d’ailleurs.
Aussi ne faut-il point s’étonner de la colère qui s’est emparée de cette population qui s’apprêtait à rejoindre les siens. D’autant plus que la nouvelle de la fermeture des villes concernées est tombée sans préavis, un dimanche en fin de journée. Pour certains, «il aurait été plus judicieux de décréter l’abstinence du rituel». Sauf qu’une telle décision aurait lourdement pénalisé le monde rural, par cette période de sécheresse. 
Le gouvernement a ainsi opté pour la théorie «du partage de la poire en deux». Des régions où la circulation des hommes est licite et d’autres sous haute surveillance, voire avec des poches d’interdiction sous peine de sanctions  sévères.
Néanmoins, la situation s’annonçait exceptionnelle cette année. Un communiqué conjoint des ministères de l’Intérieur et de l’Agriculture avait fait part de la mise en place d’une série de mesures «additionnelles que les opérateurs se doivent d’observer». Ceci, tout au long de la chaîne de mise en vente des animaux jusqu’au jour du sacrifice. Il s’agit de «la publication d’un guide des mesures sanitaires préventives à respecter le jour de l'Aïd, notamment par les bouchers et d’autres organisationnelles à instaurer dans les marchés aux bestiaux». De même, le communiqué fait état de «l’ouverture de souks additionnels temporaires pour l’Aïd Al Adha». Avec à la clé, le renforcement du contrôle du transport des animaux sur l’ensemble du territoire. Les activités liées à la pratique du rite ne sont pas non plus occultées par le gouvernement. Elles seront assujetties aux mesures sanitaires. Le tout sera suivi de très près par les services des deux ministères, en étroite coordination avec les Communes et les organisations professionnelles concernées.

8 millions de têtes identifiées   

Selon les dernières données de l’Office national de la sécurité sanitaire des produits alimentaires, l’opération identification des ovins et caprins a porté sur un effectif de près de 8 millions de têtes. A l’instar des années précédentes, cette opération  consiste, en la pose, sur l’une des oreilles de l’animal, d’une boucle de couleur jaune, portant un numéro de série unique pour chaque animal, en plus de la mention «spécial Aïd Al-Adha». 
L’objectif est de tracer l’ensemble des animaux (ovins et caprins) issus des 242.000 exploitations recensées. 
De prime abord, l’offre s’annonçait pléthorique. Selon les estimations des professionnels, elle devrait dépasser d’au moins de moitié le niveau de la demande, chiffrée par la tutelle. L’année passée, le ministère de l’Agriculture avait estimé cette demande à 5,4 millions de têtes dont 5 millions d’ovins et 460.000 caprins. Un chiffre que les éleveurs-engraisseurs estiment exagéré. A leurs yeux, le rite est de moins en moins observé par de nombreux ménages relevant de la classe moyenne. De plus, les chiffres du ministère ne tiennent pas compte des retours du cheptel non-vendu.

A.G.

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