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Economie

Situation des ménages: Les deux tiers affectés par la baisse des revenus

Par Abdelaziz GHOUIBI | Edition N°:5811 Le 24/07/2020 | Partager
6 millions de personnes ont bénéficié de l’aide publique
La moitié des actifs occupés encore au chômage

Fermeture totale ou partielle des usines, forte baisse des revenus mais aussi des compensations publiques pour en amortir le choc. L’impact du Coronavirus ne se limite pas uniquement aux aspects économique et social, il atteint aussi le moral des ménages au plan psychologique. (Voir L’Economiste du 20 juillet 2020).

A cet égard, les résultats de la 2e partie de l’enquête du HCP renseignent amplement sur la situation économique et sociale des ménages. Menée du 15 au 24 juin dernier auprès d’un échantillon de 2.169 ménages, l’enquête a porté sur l’évaluation des impacts de la pandémie sur les différentes couches de la population en termes d’accès aux produits de base, à l’éducation, aux soins de santé, à l’emploi et au revenu.

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Près de 8 indépendants/employeurs sur 10 en situation d’arrêt de travail comptent reprendre leur activité. Le quart d’entre eux estime sans difficulté. La reprise de l’activité serait plus facile dans le commerce (32,5%) que dans les services (18%) et le BTP (24,2%). C’est dans ce dernier secteur que plus de deux tiers (68,6%) des indépendants/employeurs déclarent que la reprise serait difficile

■ 2 actifs occupés sur 3 au chômage
Les deux tiers des actifs occupés (66,2%) ont dû arrêter temporairement leur activité. La proportion est plus marquée parmi les citadins : 68,2%.
Par catégorie socio-économique, elle s’élève à 88% parmi les artisans et ouvriers qualifiés et à 79% les manœuvres non agricoles. Selon le statut professionnel, les activités les plus touchées restent les indépendants, le BTP et l’industrie. A ce niveau, les proportions varient entre 65 et 84%. Avec une aggravation pour les couches les plus modestes:72% contre 47% pour les plus aisées. Et l’enquête de préciser que plus de la moitié des ménages ont au moins un membre ayant dû arrêter temporairement de travailler suite au confinement, 56% en milieu urbain et 62% en milieu rural.

■ Le tiers des actifs occupés reprend du service
Parmi les actifs occupés ayant dû arrêter de travailler suite au confinement, plus de la moitié (53%) sont toujours en situation d’arrêt alors que le tiers (36%) a repris ses activités. Cette reprise est observée parmi les citadins plus que chez  les ruraux, avec respectivement 39% et 31%. Sécheresse oblige, le monde rural aurait basculé vers le chômage ou l’inactivité. Surtout pour les hommes qui chôment à hauteur de 38%.
Selon la classe sociale, 31% des personnes parmi les 40% de la population la plus modeste ayant arrêté temporairement leur activité ont repris leur emploi. Cette proportion atteint 44% parmi les 20% les plus aisés.
La part des personnes ayant repris leur emploi après un arrêt temporaire, suite au confinement, est de 33% dans le secteur BTP, 32% au niveau de l’agriculture, 34% au niveau des services, 41% dans le commerce et 44% dans l’industrie.

■ Plongeon de 50% du revenu mensuel
L’impact immédiat du chômage s’est traduit par une forte baisse du revenu mensuel. D’après l’enquête, le revenu mensuel moyen des actifs occupés a plongé de moitié. Et le recul est plus prononcé pour le monde rural: 62% contre 46% parmi les citadins.
Par catégorie socioprofessionnelle, la baisse du revenu mensuel moyen a atteint 74% parmi les artisans et ouvriers qualifiés, 71% pour les ouvriers, 65% parmi les exploitants agricoles, 40% parmi les employés, 32% pour les cadres moyens et  24% pour les cadres supérieurs. Mais la baisse la plus forte est enregistrée chez  les indépendants ou employeurs avec un taux de 70%.
Par secteur d’activité, cette baisse est de  68% parmi les travailleurs du BTP, 55% de l’industrie et 39% des services.
Selon la classe sociale, le revenu mensuel moyen des actifs occupés a baissé de deux tiers (67%) parmi les actifs occupés de la classe des 40% les plus pauvres contre 32% parmi ceux de la classe des 20% les plus aisés.

■ Une personne sur 4 a bénéficié de l’aide publique
Pour compenser la perte d’emploi et la baisse de revenu, 30% des personnes en âge d’activité ont sollicité l’aide de l’Etat ou de l’employeur dans le cadre des programmes de soutien aux personnes ayant perdu leur emploi dans le secteur privé, formel ou informel. Les trois quarts d’entre elles (73%), représentant 22,4% de la population en âge d’activité ou 6 millions de personnes, ont bénéficié de ce soutien.
Environ 9 personnes sur 10 (87% ou 5,2 millions) en ont bénéficié dans le cadre des programmes Ramed, Tadamoun Covid destinés aux travailleurs ayant perdu leur emploi dans le secteur informel, 12% (740.000 personnes) dans le cadre du programme d’appui aux salariés affiliés à la CNSS et 1% sous forme d’aides fournies par les employeurs.
La part des personnes en âge d’activité ayant bénéficié de l’aide de l’Etat ou de l’employeur est de 22% (3,8 millions) parmi les citadins contre 23% (2,2 millions) parmi les ruraux. Cette proportion atteint 35% parmi les hommes (4,6 millions) contre 10% parmi les femmes (1,4 million). Elle varie, selon le secteur d’activité, de 60% dans le BTP à 51% dans le commerce puis à 43% dans l’industrie.
Elle varie également, selon le statut professionnel, de 56% parmi les indépendants à 40% parmi les salariés, 11% dans le cadre du programme d’appui aux salariés affiliés à la CNSS et 29% dans le cadre du programme d’appui aux travailleurs ayant perdu leur emploi dans le secteur informel.
Selon le niveau de vie, la part des bénéficiaires de l’aide publique est de 27% parmi les 20% les plus pauvres contre 13% pour les 20% les plus aisés.
Parmi l’ensemble des bénéficiaires, 37% sont des actifs occupés au moment de l’enquête, 36% en milieu urbain et 38% en milieu rural. Et plus du tiers était encore en arrêt de travail pendant l’enquête.
Par sexe, 42% des hommes bénéficiaires, contre 17% des femmes, sont des actifs occupés au moment de l’enquête, respectivement 40% contre 24% sont toujours en arrêt de travail et 18% contre 59% sont des chômeurs ou inactifs.

■ L’aide publique compense 35% des pertes de revenus
L’aide publique octroyée dans le secteur privé, formel ou informel a permis de compenser, en moyenne, 35% de perte de revenus issus d’activités, dans les villes beaucoup plus qu’à la campagne.
Par secteurs, la part de compensation des pertes de revenus s’élève à17% dans les services, 47% pour l’industrie et  57% dans le commerce. L’agriculture et le BTP s’accaparent la part du lion avec, respectivement 77% et 91%. C’est dire la présence de ces secteurs dans la prévoyance sociale.  
Pour certaines catégories, l’aide publique a permis de compenser la totalité des revenus perdus. C’est le cas, particulièrement, des ouvriers qualifiés et artisans, des ouvriers et manœuvres agricoles et non agricoles ainsi que les personnes appartenant à la tranche la plus défavorisée.

A.G.

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