×L'Editorialjustice régions Dossiers Compétences & RH Société Brèves International Brèves internationales Courrier des Lecteurs LE CERCLE DES EXPERTS Documents Lois à polémiques Docs de L'Economiste prix-de-la-recherche Prix de L'Economiste Perspective 7,7 Milliards by SparkNews Earth Beats Solutions & Co Impact Journalism Day cop22Spécial Cop22 Communication Financière
eleconomiste

Entreprises

Driss Benhima: Les scénarios pour sauver la RAM

Par Amin RBOUB | Edition N°:5811 Le 24/07/2020 | Partager
«L’argent hélicoptère» n’est pas forcément la solution
«Le pronostic vital est engagé!»
«18 mois à 2 ans pour retrou­ver une croissance normale»
driss-benhima-010.jpg

Pour l’ancien PDG de la RAM, Driss Benhima: «Il va falloir oser la recomposition stratégique du business model... Pour l’heure, l’Etat accorde 6 milliards de DH d’aide à la compagnie... Et après?» (Ph. L’Economiste)

L’analyse des perspectives de la reprise post-crise sanitaire ins­pire la réflexion des décideurs, ana­lystes et stratèges économiques. La Chambre française de commerce (CFCIM) vient de mettre en place une plateforme de réflexion avec un cycle de conférences pour que les dirigeants d’entreprises échangent entre eux et anticipent l’après-Co­vid.

La première conférence aura été riche en enseignements avec une intervention pertinente de Driss Ben­hima, administrateur de Nataeej et nouveau membre correspondant de la CFCIM. Selon lui, «le pronostic vital est engagé!».

Pour le cas du tourisme, certes beaucoup d’entre­prises sont menacées, mais le secteur devra retrouver ses niveaux de crois­sance dans quelques mois, rassure l’ancien ministre. Mais cela implique des pré-requis: il va falloir revoir la formation, la gouvernance, la trans­formation, la qualité, le service, les modalités de gestion des unités hôte­lières...

«Je plaide pour une aide de l’Etat, mais cela doit être conditionné par des stratégies de transformation des entreprises. Distribuer de l’argent hélicoptère... Pourquoi pas? Mais il faudra des conditions, secteur par secteur. L’Etat doit avoir une stratégie pour chaque secteur», insiste Benhi­ma. Pour le transport aérien, l’ancien PDG de la RAM est convaincu que la tendance est à la concentration.

«Les low cost accueillent favora­blement la crise. Elles y perçoivent un gisement d’opportunités». Pour rappel, la RAM est dans l’Open Sky européen. Du coup, il faudra revoir le modèle économique. «Il va falloir oser la recomposition stratégique du business model... Pour l’heure, l’Etat accorde 6 milliards de DH d’aide à la compagnie... Et après? Est- ce qu’elle va pour autant retrouver un avenir radieux?», s’interroge l’ex-PDG, l’air sceptique.

Et de renchérir: «Certes, la RAM est un élément symbolique es­sentiel de la souveraineté nationale...» Mais l’argent hélicoptère n’est pas forcément la solution. «Il faudra plutôt subventionner en baissant les taxes, en défiscalisant, soulager les charges... Subventionner ne veut pas forcément dire donner de l’argent», insiste Ben­hima.

En même temps, il en convient qu’il faut payer pour avoir un pavil­lon national. Mais puisque l’avenir est aux low cost, «mettons-y un drapeau avec une compagnie nationale qui a une taille internationale et un business model ad hoc». Autre scénario réaliste avancé par l’ancien PDG de la RAM: «Reproduire le schéma Iberia en ven­dant la compagnie à un grand groupe international tout en gardant le nom et le drapeau. Ce ne sera pas la fin du monde!» Pareil pour les hôtels! «Je peux vendre les murs ou les louer. Fi­nalement, être propriétaire des murs... Qu’est-ce que cela a à voir avec mon business model?»

«Le plein emploi n’est plus un objectif réaliste»

Pour Benhima, le contexte actuel est plus marqué par des accé­lérations de tendances issues de vastes mouvements qui existaient auparavant. Plutôt que des ruptures, ce sont des accélérations tous azimuts véhiculées par la digitalisation, la transformation, les ventes en ligne (e-commerce), le transport aérien... A partir de là, la valeur travail de la production devra s’amenuiser. Il va sans dire, ces chan­gements impliquent des reconversions pour les salariés qui doivent trouver d’autres moyens pour s’assurer des revenus. «Le plein emploi n’est plus un objectif réaliste», insiste l’ancien ministre. En clair, la tendance sera désormais à l’augmentation du chômage, les pertes d’emplois, la précarisation des ménages ou encore des relents de crise sociale. Face à ce contexte, «l’Etat est tenu de renforcer ses méca­nismes de protection et de solidarité sociale, la redistribution des aides...». Benhima est convaincu que la crise ne frappe pas les entre­prises de la même façon. Généralement, les firmes connaissent des creux temporaires du chiffre d’affaires, les retards de consommation mettent sous pression les unités de production avec des croissances très molles. «Mais globalement, les croissances ne sont pas mena­cées... Il faudra 18 mois à 2 ans pour retrouver un niveau normal». Ceci dit, la façon de travailler et de gérer devra changer...

Amin RBOUB

  • SUIVEZ-NOUS:

  1. CONTACT

    +212 522 95 36 00
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]

    70, Bd Al Massira Khadra
    Casablanca, Maroc

  • Assabah
  • Atlantic Radio
  • Eco-Medias
  • Ecoprint
  • Esjc