×L'Editorialjustice régions Dossiers Société Brèves International Brèves internationales Courrier des Lecteurs LE CERCLE DES EXPERTS Documents Lois à polémiques Docs de L'Economiste prix-de-la-recherche Prix de L'Economiste Perspective 7,7 Milliards by SparkNews Earth Beats Solutions & Co Impact Journalism Day cop22Spécial Cop22 Communication Financière

Régions

Mesures sanitaires: Les autorités musclent l’arsenal de contrôle

Par Youness SAAD ALAMI | Edition N°:5807 Le 20/07/2020 | Partager
Des médecins appelés à la rescousse dans les régions les plus touchées
Brigades de suivi, dépistages, PC de sécurité… la lutte s’organise

Les contaminations au Covid-19 repartent à la hausse dans certaines villes, notamment à Fès et Tanger. «Nous sommes inquiets de la hausse des cas au Maroc... Certes, seule une quarantaine de lits de réanimation sont occupés par des patients en situation difficile, mais la flambée des contaminations liée aux foyers professionnels nous intrigue», avoue Dr Mohamed Mounir Mikou, membre de la Société marocaine d'anesthésie, d'analgésie et de réanimation.

Ce dernier est en contact permanent avec ses collègues dans plusieurs villes du Royaume. Leur mission est de suivre l’évolution de l’épidémie, alerter et conseiller citoyens et responsables.

«Les cas difficiles occupent 7% de la capacité litière de la réanimation. Toutefois, l'évolution rapide des nouveaux cas nous incite à être de plus en plus vigilants et agiles. Car nos hôpitaux ne pourraient pas supporter des contaminations en cascade», précise Dr Mikou. Résultat: dans certaines villes, les autorités ont fait appel au renfort (réanimateurs, médecins urgentistes, etc.) et matériel médical, afin de se préparer à toute éventualité. «La wilaya a demandé l’appui des médecins du privé pour accompagner les médecins de la santé publique», indique-t-on, ajoutant que «l’autorité mettra en place une communication plus intense pour encourager le dépistage».

A ce titre, les laboratoires pouvant réaliser des tests PCR subissent une pression importante. «Car leurs capacités d'analyses quotidiennes sont limitées alors que la demande de dépistage ne cesse d'augmenter aboutissant à des retards de livraison des résultats d’analyses de plusieurs jours dans certaines régions», déplore Dr Mikou.

Pour pallier cette attente, une cellule préfectorale est mise en place. Il lui est demandé d’assurer le suivi des retards. Mais un problème persiste et il pourrait être lourd de conséquences, celui de l’isolement des personnes testées en attendant le résultat de leurs analyses. Car celles-ci continuent à mener une vie «normale» au milieu des autres, risquant en cas de confirmation de leur état de contaminer leur entourage.

«Pour certains le mal est déjà fait et les conséquences se feront sentir dans les semaines à venir», alerte un textilien de la ville de Fès. Du même avis, Dr Mikou souligne que «le retard constaté pourrait aggraver la situation épidémiologique… car les patients fortement suspectés d’être porteurs de Covid-19 sont hors établissements de soins qui pourraient les prendre en charge en attendant la confirmation positive ou négative de leur infection d'où la nécessité de créer dans chaque structure hospitalière des services tampons d'isolement».

Ainsi, l'on pourrait limiter la propagation du virus pendant cette période d'attente des résultats d'analyses. L'autre alternative proposée en ce sens est «d’élargir davantage le cercle des laboratoires autorisés à pratiquer les analyses du Covid-19… ce qui permettrait de réduire le nombre de tests à réaliser quotidiennement dans chaque laboratoire et minimiser ainsi le délai d'attente des résultats». A noter que le secteur privé des laboratoires d'analyses biologiques peut potentiellement apporter sa contribution.

Par ailleurs, des brigades spéciales ont été constituées pour veiller au respect des mesures sanitaires (port du masque, distanciation,...). Dans certaines villes, les contrevenants sont verbalisés (300 DH d’amende si le port du masque n’est pas respecté). En outre, les responsables de la santé conseillent aux entreprises de libérer momentanément les employés qui présentent des pathologies risquant de mettre en danger leur vie en cas de contamination.

«Mais, qui va payer les ouvriers en arrêt d’activité et qui assurera la production des commandes?» s’interroge un industriel. «Malheureusement, le respect même strict des mesures sanitaires n’immunise aucun atelier du déclenchement d’un foyer épidémique. Ce qui se répercute de façon dramatique sur les chefs d'entreprise, sur leur moral et leur santé...», renchérit-il.

Contactés par L’Economiste, des chefs d’entreprise affirment «travailler avec la peur au ventre». «Nous avons du mal à amorcer cette reprise, tant espérée et voulue par les pouvoirs publics. Surtout qu’on est menacés de mise en demeure, de fermeture de nos usines et peut-être de poursuites judiciaires, malgré tous les efforts consentis», concluent-ils.

Dépistage

Les autorités locales procéderont à la fermeture de toute usine ne respectant pas les règles sanitaires. Elles appellent ainsi les entreprises à un suivi régulier et sérieux de leur effectif par le biais d’un médecin de travail. Enfin, des dépistages massifs seront effectués dans des quartiers périphériques aux zones industrielles. Bénéficieront de ces dépistages également les chauffeurs de transport du personnel qui recevraient une attestation dans ce sens. Notons enfin que les chefs d'entreprise sont en train d’imposer des règles sanitaires aux salariés, pas très convaincus de l’existence même de l’épidémie... Surtout lorsqu'ils voient ce qui se passe dehors: «pas de masque et pas de distanciation». «Désolé de constater qu’il y a deux approches diamétralement opposées entre la gestion de la crise dans l’espace public et dans le milieu de l’entreprise. Beaucoup plus tolérant dans l’un et très ferme dans l’autre», déplore un textilien.

Y.S.A.

Retrouvez dans la même rubrique

  • SUIVEZ-NOUS:

  1. CONTACT

    +212 522 95 36 00
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]

    70, Bd Al Massira Khadra
    Casablanca, Maroc

  • Assabah
  • Atlantic Radio
  • Eco-Medias
  • Ecoprint
  • Esjc