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Livre scolaire: Le sprint redémarre

Par Hassan EL ARIF | Edition N°:5804 Le 15/07/2020 | Partager
5 millions d’exemplaires à livrer avant septembre
Délais et coûts, seuls critères de choix de l’imprimeur

A la même période de chaque année, les éditeurs sont suspendus au feu vert du ministère de l’Education pour l’édition des livres scolaires. Le ministère délivre les «bons à tirer» dans des délais si serrés que les éditeurs sont obligés de recourir à l’étranger pour imprimer les livres avant la rentrée scolaire (Cf. L’Economiste n°5793 du 30/06/2020).

«Nous avons toujours adopté la préférence nationale sauf cas de force majeure, puisque, sur les 390 titres programmés par le ministère de l’Education, 80% sont imprimés par des imprimeurs spécialistes du livre scolaire, membre de l’association. Il faut savoir que pour 365 manuels, nous n’avons reçu les avenants de réimpression qu’en janvier dernier. Il reste encore 20 nouveaux livres dont les avenants de réimpression nous ont été promis au plus tard le 15 juillet», explique Ahmed Filali Anssari, président de l’Association marocaine des éditeurs.

Les nouveaux manuels représentent en tout 5 millions d’exemplaires sur un total de 24 millions imprimés chaque année. Ce qui génère «un chiffre d’affaires variant entre 110 et 150 millions de DH en fonction du cycle d’utilisation des livres usagés» qui peuvent être réutilisés pendant trois ans. Une estimation bien en dessous des 400 millions de DH avancés par certains professionnels. En fait, ce montant correspond au budget de l’INDH. Il inclut le livre scolaire, les cahiers, les articles scolaires, crayons, stylos et 1,34 million de cartables. Le chiffre d’affaires du livre scolaire homologué par le ministère est de 226 millions de DH réparti entre 40 éditeurs. Des livres dont le prix fixé par une commission interministérielle n’a pas été modifié depuis 2002.

Le problème qui se pose comme à cette période de chaque année, c’est que l’Education nationale ne donne son feu vert qu’à la dernière minute pour les livres qui subissent des modifications.

L’impression des livres scolaires est répartie entre 6 opérateurs membres de l’Association des éditeurs, spécialisés dans le manuel scolaire. «Elle représente environ 70% de leur chiffre d’affaires depuis plus de 25 ans. L’impression des manuels est confiée depuis trois ans à trois membres du GMI à hauteur de 3% de leur chiffre d’affaires».

Mais le processus n’est jamais planifié suffisamment à l’avance pour qu’ils soient disponibles à la rentrée. L’idéal pour les imprimeurs est que le processus démarre dès le mois de décembre afin de préparer la rentrée dans les délais optimum. Le fait que les avenants de réimpression ne soient donnés qu’en juillet pousse les éditeurs à opérer dans  l’urgence en cherchant des imprimeurs sur les seuls critères de délai et de coût. Pour les commandes à venir, «le ministère de l’Education s’est engagé à débloquer les avenants très tôt et a exhorté à tout imprimer au Maroc».

Les imprimeurs avaient proposé à plusieurs reprises de répartir le marché de façon à ce que la totalité du livre scolaire soit imprimé localement. Les éditeurs s’interrogent sur le contexte de cette requête. «Le GMI dit pouvoir réaliser conjointement les 5 millions de livres en un mois et demi alors que lors d’une visioconférence sous tutelle des ministères du Commerce et de l’Industrie, de l’Intérieur et de l’Education nationale, il a déclaré pouvoir imprimer conjointement 500.000 exemplaires par mois. Demandons au GMI s’ils ont déjà pratiqué cette relation d’impression conjointe entre eux?» s’interroge l’Association.

Par ailleurs, les éditeurs réfutent le fait que le livre scolaire soit subventionné à travers l’opération «1 million de cartables». «Le livre scolaire n’est pas subventionné et ne l’a jamais été. Le ministère fixe juste un cadre curriculaire et ce sont les éditeurs qui font tout le travail de conception. Les éditeurs ont refusé en 2009 de livrer directement les livres scolaires à l’INDH pour préserver l’écosystème qu’ils ont mis en place dans les années 70 et exigé que l’opération profite aux libraires de proximité», affirme l’Association. De l’avis des éditeurs, l’opération s’est plutôt traduite par une baisse du chiffre d’affaires car la composante redistribution des livres usagés aux nouveaux élèves a entraîné le renouvellement de 30% des manuels annuellement.

L’idée de créer un écosystème pour la fabrication de tous les produits subventionnés, dont le livre scolaire à base d’un papier recyclé à 75%, conformément à une norme qui reste à définir. «La logique voudrait que le papier journal, qui est subventionné et dont les importations s’élèvent chaque année à 100.000 tonnes, soit également fabriqué au Maroc dans le cadre de cet écosystème». Un créneau très porteur.

Le livre scolaire en chiffres

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  • Un chiffre d’affaires de 226 millions de DH pour le livre homologué (PPV)
  • 24 millions d’exemplaires imprimés par an
  • 70% des volumes fabriqués localement
  • 30% imprimés à l’étranger
  • 40 éditeurs du livre scolaire homologué
  • 6 imprimeurs spécialisés AME
  • 7.000 tonnes imprimées au Maroc
  • 2.000 tonnes fabriquées à l’étranger

Hassan EL ARIF

 

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