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Le FMI revient sur le bon côté de l’immigration…

Par Fatim-Zahra TOHRY | Edition N°:5796 Le 03/07/2020 | Partager
Elle pourrait améliorer la croissance et la productivité des pays d’accueil
Des experts analysent l’impact économique

C’est via une récente étude(1) que le FMI revient sur les bienfaits de l’immigration. Tout en examinant ses retombées économiques sur les pays d’accueil, les économistes es­saient de démonter les idées fausses sur le phénomène. A travers leur étude, ils ont constaté que l’immi­gration «améliore la croissance éco­nomique et la productivité de ces pays».

L’analyse examine séparément les effets de l’immigration en géné­ral (qui s’explique principalement par des raisons économiques) dans les pays avancés et de l’immigration de réfugiés dans les pays émergents et les pays en développement.

Il a été constaté que dans les pays avancés, les immigrants aug­mentent la production et la pro­ductivité à court et à moyen terme. Plus précisément, les économistes ont montré qu’une augmentation de 1 point de pourcentage de l’afflux d’immigrants par rapport au total de la population active augmente la production d’environ 1% à la cin­quième année. La raison «en est que les travailleurs natifs et ceux expatriés apportent au marché du travail des compétences variées, qui se complètent et accroissent la pro­ductivité».

En outre, les simulations montrent que «même de légères aug­mentations de la productivité grâce à l’immigration ont un effet positif sur le revenu moyen des autochtones». Cependant, l’effet positif de l’immi­gration des réfugiés sur la producti­vité des pays émergents et des pays en développement «n’est pas vi­sible». Cela témoigne de la difficulté que ces immigrants ont à intégrer le marché du travail des pays d’accueil.

La population des pays émergents et des pays en développement (en particulier en Afrique subsaharienne) continuera d’augmenter au cours des 30 prochaines années. Il est probable que les pressions migratoires vers les pays avancés s’accroîtront. Par exemple, les statistiques montrent leur intensification de l’Afrique et du Moyen-Orient vers l’Europe entre 2020 et 2050. Toutefois, dans le monde, les pressions migratoires resteront globalement constantes à 3% de la population mondiale.

La hausse des revenus dans les pays émergents et dans les pays en développement réduira les pres­sions migratoires. Mais, ce n’est pas nécessairement le cas des pays plus pauvres, comme ceux d’Afrique sub­saharienne, où la hausse des revenus (bien qu’ils demeurent faibles) pour­rait permettre à plus de personnes d’émigrer.

D’autres pressions (étudiées dans d'autres scénarios) influeront également sur l’immigration. Par exemple, les changements clima­tiques devraient y entraîner une hausse interne et régionale dans les pays émergents et les pays en développement. En même temps, il ressort de l’étude que l’effet des changements climatiques sur l’im­migration dans les pays avancés est moins clair, «car la faiblesse des re­venus dans bon nombre de pays plus pauvres pourrait piéger plus de per­sonnes dans leur région d’origine».

Le revers de la médaille…

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La pandémie Covid-19 a mis fin brutalement à l’immigration. «Si le Grand confinement est temporaire, la pandémie pourrait accentuer le sentiment général de réticence et de rejet de l’ouver­ture et avoir des effets à plus long terme sur la volonté des pays d’accueillir des immigrants», indiquent des économistes du FMI. «Un recul de l’immigration et une hausse du chômage dans les pays d’accueil nuirait aux pays d’origine, en particulier les plus pauvres, qui sont grandement tributaires des envois de fonds des travailleurs expatriés», disent-ils.
L’immigration pourrait également créer des difficultés sur le plan de la répartition du revenu, en causant un préjudice éco­nomique, au moins passager, aux travailleurs autochtones dans certains segments de marché. Par conséquent, la politique bud­gétaire et celle du marché du travail doivent être employées pour offrir un complément de revenu et une nouvelle formation aux travailleurs autochtones qui rencontrent des difficultés.

F.Z.T.

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(1) «L’immigration dans les pays avancés peut accélérer la croissance». Inspiré du chapitre 4 de l’édition d’avril 2020 des perspectives de l’économie mondiale du FMI, consacré aux effets macroéconomiques de l’immigration mondiale, une étude de Philipp Engler, Keiko Honjo, Margaux MacDonald, Roberto Piazza (chef d’équipe) et Galen Sher, sous la direction de Florence Jaumotte.

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