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Tribune

Le tourisme national peut-il sauver la saison estivale?

Par Abdelouahab BEN SARI | Edition N°:5792 Le 29/06/2020 | Partager

Abdelouahab Ben Sari est considéré comme l’un des meilleurs dirigeants dans l’histoire de l’industrie marocaine. Cet ingénieur diplômé de l’école polytechnique de Paris et de l’Ecole des Mines de Paris, a occupé différents postes de responsabilité à la tête d’entreprises emblématiques comme Longometal, Sonasid, Lafarge Maroc (à l’époque dans le giron du groupe SNI), la fonderie de plomb de Zellidja (groupe Somed) ou encore Socodra, une entreprise de BTP dont il a été fondateur et gérant. Un parcours qui l’a conduit à y superviser des opérations d’envergure: arrivée du géant Arcelor dans le tour de table de Sonasid, lancement dans le même groupe d’une aciérie électrique de 1 milliard de DH, création de deux filiales à Longometal... Il est actuellement consultant en stratégie et restructuration d’entreprises avec là aussi des missions de référence, en tant qu’expert auprès du cabinet Roland Berger pour l’élaboration d’une stratégie minière pour le Maroc, préparation et conduite de plans de restructuration d’entreprises pour le compte d’un fonds d’investissement adossé à la Société générale française, développement au Maroc de Litwin, leader européen dans les industries lourdes (production d’énergie pour le compte de l’OCP et Samir, Transport et stockage de pétrole pour Akwa) (Ph. Bziouat)

Le communiqué du 21 juin concernant la pandémie du coronavirus est venu, Dieu merci, corriger les frustrations nées de celui du 11 juin dernier. Les marocains attendaient ardemment l’assouplissement des mesures de prévention et un retour progressif à la normale. Les indicateurs de circulation et de dangerosité du virus étaient très encourageants et montraient à l’évidence une bonne maîtrise de la situation.

Nos gouvernants ont de quoi se féliciter des performances du Maroc dans sa lutte contre la pandémie malgré la modicité de ses Ressources. L’exception marocaine s’est de nouveau exprimée en remportant l’adhésion de la population aux mesures prises par les pouvoirs publics, et une large reconnaissance à l’international. Aux alentours de fin mai, le combat changea de nature dans la plupart des pays européens durement éprouvés par la crise. La stratégie de la guerre contre l’ennemi invisible quel qu’en soit le prix céda la place à celle de la relance à tout prix et au plus vite, sous haute surveillance du coronavirus.

Avec les nouvelles mesures du 21 juin le Maroc s’est mis au diapason, au grand bonheur des opérateurs économiques et de la population toutes couches sociales confondues. Qu’en est-il du tourisme au Maroc qui pèse en temps normal 7% du PIB annuel, 6 milliards d’euros d’entrées de devises, et près de 700.000 emplois? Le secteur touristique totalement paralysé durant près de 4 mois va se ranimer petit à petit à compter du 24 juin. Mais il convient d’accélérer la cadence.

Le Maroc doit se mettre en ordre de bataille pour mettre au point avant de mettre en œuvre un plan de relance ambitieux, cohérent et crédible, de nature à recouvrer la confiance en le produit Maroc. Une communication pertinente et puissante doit également adresser les principales cibles avec chacune sa spécificité. Les touristes nationaux seront les premiers à répondre présents. Les populations aisées qui ne partiront pas à l’étranger contrairement à leurs habitudes, passeront leurs vacances au Maroc, de peur de se retrouver à nouveau confinés  dans un pays étranger en cas de retour du coronavirus.

La nouveauté, ou plutôt la bonne surprise nous viendra des touristes nationaux nombreux de la classe moyenne s’ils sont correctement ciblés avec des offres adaptées et une communication ad hoc. La tarification à pratiquer avec cette cible doit être déterminée de façon à attirer le plus grand nombre. Après tout, le gros des touristes étrangers qui optent pour la destination Maroc, le font dans le cadre d’un tourisme de masse, très très peu rémunérateur.

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«Les populations aisées qui ne partiront pas à l’étranger contrairement à leurs habitudes, passeront leurs vacances au Maroc, de peur de se retrouver à nouveau confinés  dans un pays étranger en cas de retour du coronavirus» (Ph. AFP)

Le développement de ce segment de marché pourrait se faire à travers les agents de voyage nationaux qui ont été laminés par la crise et qui pourraient jouer avantageusement le rôle des TO  pour les touristes étrangers. Le succès attendu de l’opération à destination de la classe moyenne sera de nature à convaincre les décideurs de faire une place confortable au tourisme national dans la stratégie sectorielle.

Le tourisme intérieur a l’immense avantage d’être peu sensible aux crises internationales. Une cible majeure qui réagira positivement est celle des MRE qui devraient revenir massivement en vacances dans le pays après avoir raté le ramadan en famille et animés par la soif de rattraper le temps perdu.

Enfin et bien évidemment le tourisme étranger, grand pourvoyeur de devises malgré ses inconvénients, restera une cible majeure dans la politique de relance du tourisme à court terme. La communication mettra en avant les performances du pays dans la gestion de la pandémie dans la phase du confinement et son aptitude à réussir le déconfinement et la relance économique. Ils seront sûrement plus lents que les nationaux à retrouver le chemin de la destination Maroc. Suivant la qualité et la pertinence de la communication, la saison pourrait être partiellement sauvée. Sinon c’est l’intersaison qui nous réservera des surprises agréables.

Enfin, le Maroc devra  mettre en œuvre cette batterie de mesures dans les plus brefs délais car les pays à fort potentiel touristique du pourtour méditerranéen l’Espagne, l’Italie, le Portugal, la France, la Grèce, la Tunisie et bientôt la Turquie se sont lancés dans une course folle pour la reconquête des parts de marché. Le Maroc doit  résolument  rentrer dans la dynamique de la relance du Tourisme. Mais sans une bonne visibilité sur la reprise des liaisons aériennes extérieures, le tourisme étranger restera au point mort.

 

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