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Economie

Tourisme: Les professionnels dans l’attente

Par Badra BERRISSOULE | Edition N°:5791 Le 26/06/2020 | Partager
La reprise du secteur sur fond d’inquiétude face à un manque de visibilité
A quelques jours de l’échéance du 30 juin, les professionnels abandonnés à leur sort?
Le sauvetage des entreprises et des salariés, en péril

Ce n’est pas le cœur léger que les hôteliers et autres opérateurs du tourisme ont repris leurs activités hier. Ils ont rouvert leurs portes jeudi 25 juin, dans des conditions très contraignantes, mais nécessaires pour assurer la sécurité des employés et des clients, mais sans visibilité pour l’avenir.

La profession est dans l’attente de plusieurs décisions qui vont au-delà de la question stratégique de l’ouverture des frontières. Des décisions qui ne dépendent que du CVE (Comité de veille économique Covid 19) et des ministères du tourisme et des Finances. Rien ne filtre là-dessus. A ce sujet, c’est le silence radio auprès de CNT (Confédération nationale du tourisme), du ministère du tourisme, du CVE et même de la CGEM.

A la veille du 30 juin qui marque la fin de validité de 90% de mesures prises par le CVE, ce silence devient inquiétant selon un grand opérateur de la place. Qu’en sera-t-il pour les salaires, de l’IR et des charges sociales et du crédit Damane relance Tourisme et hôtellerie? «Nos partenaires étrangers sont polis mais s’arrachent les cheveux intérieurement et nous aussi», indiquent d’autres hôteliers.

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Pour les professionnels, la mise en place d’un plan et d’un budget de relance permettra un redressement plus rapide pour reprendre des parts de marchés auprès des pays émetteurs. Bien sûr, cette reprise se fera aussi en fonction de l’ouverture des frontières

Pourtant, il y a eu unanimité sur la fragilité du secteur du tourisme et sur la nécessité de l’ériger en priorité (voir notre édition n°5755 du 5 mai 2020). Le président de la CNT a même assisté à la première réunion du CVE. Les professionnels ont très tôt diagnostiqué les conséquences de la pandémie sur leur secteur et ont présenté plusieurs solutions (voir L’Economiste n°5721 du 18 mars 2020). Sans suite!
Et s’il en existe une, elle est maintenue sous silence alors que le temps presse!

Les conséquences de la crise du coronavirus menacent aujourd’hui la survie de pas moins de 9.000 entités dont 3.500 entreprises d’hébergement touristique classées, 500 entreprises de restauration touristique, 1.450 agences de voyage, 1.500 sociétés de transport touristique et 1.500 sociétés de location de voitures. Les estimations de pertes sont évaluées à 34 milliards pour l’ensemble du secteur, dont 15 milliards rien que pour l’hôtellerie. «Mais, la vraie menace pèse directement sur les salariés du secteur qui seront les premiers sacrifiés», regrette un expert. Demain, ce sont probablement les syndicats qui prendront le relais.

Pour rappel, et concernant le maintien de l’emploi, les professionnels demandent l’exonération des charges sociales et fiscales (IR,CNSS, ..) pour 12 mois pour les entreprises en activité qui maintiennent 80% des effectifs ainsi que la mise en place d’un dispositif spécifique pour la préservation des revenus des salariés. Ils souhaitent aussi autoriser les entreprises qui conservent 80% des emplois à payer leur salarié sur la base du net.

De son côté, Abdelatif Kabbaj, président de la Confédération nationale du tourisme (CNT) tente de rassurer ses adhérents auxquels il a adressé à la veille de la reprise, un courrier politiquement correct. «Avec toutes les Fédérations métiers, nous travaillons sans relâche, depuis le début de la crise, pour obtenir des pouvoirs publics et de nos partenaires du secteur bancaire, les mesures de soutien nécessaires à la préservation de toutes nos entreprises et des emplois, et j’ai bon espoir que cela aboutisse dans les prochains jours à un résultat positif, qui nous permettra, à tous, de dépasser cette crise inédite et de reconstruire notre secteur sur des bases plus solides, plus saines et plus pérennes», peut-on lire dans ce courrier.

Destination crédible

Dès le début de la crise, les opérateurs de tous les métiers se sont inscrits dans l’élan de solidarité nationale, en mettant à la disposition des autorités de toutes les régions, les moyens nécessaires à l’hébergement, au transport et à la restauration des équipes qui ont été mobilisées pour gérer l’urgence sanitaire, rappelle le courrier de la CNT qui veut rester positif: «Le Maroc réussit à se positionner en-tête de liste des destinations les plus crédibles et les plus sûres en ces temps si anxiogènes, grâce à sa gestion exemplaire de l’urgence sanitaire». Selon la CNT, cela donne un avantage concurrentiel de taille, dans un contexte de compétition tendu, où la sécurité sanitaire constitue le premier critère pour les clients potentiels. « Il faut capitaliser sur cet avantage, et faire en sorte qu’aucun des établissements touristiques, ne devienne un cluster de l’épidémie».

Badra BERRISSOULE

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