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Economie

Ouverture des frontières: Le gouvernement lâche le tourisme?

Par Badra BERRISSOULE | Edition N°:5787 Le 22/06/2020 | Partager
Et détourne son regard des problèmes du secteur
Pas de date pour la réouverture des aéroports et 2021 compromise
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Les opérateurs du tourisme n’ont rien pu ou su tirer du chef du gouvernement lors de la séance de travail tenue le 19 juin dernier: Saâdeddine El Othmani n’a donné aucune date pour la réouverture des frontières et ne s’est avancé sur aucune promesse de soutien au tourisme. Le chef de l’exécutif est resté cependant courtois, écoutant pendant deux heures les doléances et les propositions des opérateurs. «J’apprécie mieux le secteur», leur a-t-il rétorqué. El Othmani a même demandé aux opérateurs de le considérer comme un membre de leur famille professionnelle. Et c’est tout.
La rencontre était plutôt protocolaire, pour l’apparat. Il a fallu une crise comme le Covid-19 pour que le chef du gouvernement reçoive les professionnels, -en l’absence de la CGEM au passage-, et «apprécie» le secteur qui est un grand pourvoyeur d’emplois et de recettes touristiques et qui aurait probablement mieux fait si l’exécutif l’avait «écouté» quelques années plus tôt. Le Maroc aurait réussi alors à ramener plus que les 13 millions de touristes, à multiplier par trois les recettes touristiques, à créer de la richesse et même à financer l’éducation et l’emploi des jeunes, comme le répète si souvent un opérateur du secteur. «Au lieu de cela, le tourisme n’a jamais été inscrit parmi les priorités, rendant plus fragile ce secteur face à une crise comme celle du Covid-19», estiment des professionnels.
Il faut dire que la gouvernance des institutions représentatives du privé n’a pas non plus brillé de toutes ses étoiles: depuis trois ans, les professionnels se distinguent plutôt par des divisions et des remises en questions et des discours incomplets qui ont décrédibilisé le secteur.
Aujourd’hui, les opérateurs demandent de la visibilité sur l’ouverture des frontières et aucun ministre, pas même le chef de l’exécutif, n’ose aborder le sujet. «Il faut savoir que le secteur va rester sinistré même après la reprise et la réouverture des frontières», indique Khalid Benazouz, président de la Fédération nationale des agences de voyages. «Nous allons rater l’année 2021 et tous les concurrents ont pris de l’avance en s’engageant sur des ouvertures de frontières en fin juin ou début de juillet. Résultat des courses, les TO et les avions vont programmer ces destinations au détriment du Maroc», insiste Abdellatif Kabbaj, président de la Confédération nationale du tourisme (voir notre édition n° 5773 du 2 juin 2020). La particularité de cette crise est justement la partie aérienne et la fermeture des frontières. De ce fait, et même lorsque le ciel sera rouvert, les mécanismes seront beaucoup plus lents et les compagnies aériennes reprendront leurs vols d’une manière progressive. C’est pour cela qu’il faut leur fournir une date. Ailleurs, chez nos concurrents directs, la Grèce a avancé une date: à partir du 1er juillet, ses aéroports reprennent du service.
La Turquie a également repris certains vols et la Tunisie s’apprête à ouvrir ses frontières le 27 juin. Chez nous pas de date. En revanche, l’ONDA de son côté se dit prête.

Tous ses aéroports ont été adaptés à la réouverture avec des mesures sanitaires aux normes de ce qui se fait ailleurs.
L’Office s’est engagé devant les professionnels et le chef du gouvernement à reconduire sa politique incitative et les bonus accordés à toutes les compagnies aériennes qui souhaiteront reprendre leur vol sur le Maroc. Les hôtels, eux, ont tous -ou presque- mené des investissements pour adapter leurs infrastructures aux normes sanitaires. Même les clients et les TO manifestent leur impatience. Le syndicat des entrepreneurs du tour operating (Seto) et Les Entreprises du Voyage ont adressé un courrier à la ministre du Tourisme, Nadia Fettah Alaoui, lui demandant d’appuyer leur demande de réouverture des frontières au Maroc. Une sorte de déclaration d’intention de la part des TO français pour reprendre la vente du Maroc dès la réouverture. D’autres TO européens sont tout aussi impatients. Que reste-t-il donc? s’interroge un professionnel. «La balle est dans le camp de l’exécutif. Il faut prendre une décision et surtout l’assumer», conclut-il.

Reprise des vols domestiques

PAS de date pour l’ouverture des frontières, en revanche, il y a un calendrier pour la reprise des vols domestiques. Et c’est Abdelkader Amara, ministre de l’Equipement, du Transport, de la Logistique et de l’Eau qui en a fait l’annonce. Ainsi, d’après Amara, le trafic aérien domestique ainsi que le transport ferroviaire entre villes reprendront le jeudi 25 juin et ce, dans le cadre des mesures d’accompagnement du plan du déconfinement progressif. Les déplacements entre la zone 1 et la zone 2 restent soumis à des conditions, indique le ministre sans plus de détail. 

Badra BERRISSOULE

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