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Economie

Créer des hubs R&D pour faire décoller l’économie

Par Ahlam NAZIH | Edition N°:5786 Le 19/06/2020 | Partager
Les universités en locomotives régionales avec des spécialités prédéfinies
RH qualifiées, connexion avec l’industrie, un cadre fiscal et légal propice… les ingrédients

A l'ère de la disruption, du digital, de l'IA, ... la recherche et l'innovation sont des facteurs clés pour toute économie en quête d'émergence. En période de crise, comme celle que nous vivons, c'est une question de survie. Le sujet a été au cœur du webinaire récemment organisé par le Groupe X-Maroc, consacré à l’innovation et à la R&D, leviers clés du Maroc de demain. Une rencontre labellisée par la Commission spéciale sur le modèle de développement.

«Toutes les études démontrent qu’en période de récession les entreprises innovantes sont celles qui enregistrent les plus forts taux de croissance… Cette période de crise est une formidable opportunité de rebond pour le Maroc», estime Nadia Fassi-Fihri, DG d’Inwi. Il est clair que pour s’en sortir, il faut oser tenter de nouvelles pistes, y compris celles qui ont marché ailleurs. Toutefois, tout ne peut pas se faire en un claquement de doigt, des prérequis sont nécessaires.

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La recherche peine à séduire. Uniquement 2.116 docteurs ont été diplômés en 2019. Le Maroc compte, en outre, peu d’universités, soit 24 au total, dont 13 publiques (dont Al Qaraouiyine), 1 publique à gestion privée (Al Akhawayn), 5 privées et 5 en mode PPP.  

Pour encourager l’innovation, il est important de faire émerger une nouvelle génération d’entrepreneurs qui aiment le risque et n’ont pas peur d’échouer. Deux ingrédients culturels qui ont fait le succès de la Silicon Valley, et qui font cruellement défaut au Maroc. Selon le Global Entrepreneurship Monitor (GEM 2018), la plus grande étude sur l’entrepreneuriat au monde, les porteurs de projets marocains sont ceux qui ont le plus peur de l’échec. Les deux tiers renoncent à entreprendre pour cette raison.

«L’humain est le premier facteur à travailler. Il est important de développer la culture de prise de risque et la capacité à se réinventer et à s’adapter au changement», souligne Mohamed Mamoun Bouhdoud, ancien ministre délégué en charge des petites entreprises et de l’intégration du secteur informel.

Bouhdoud insiste, également, sur l’environnement dans lequel évoluent les entrepreneurs (administration, accès au financement, RH, cadre légal et fiscal…). «Le meilleur entrepreneur au monde n’ira pas très loin si, par exemple, il n’arrive pas à se faire payer par ses clients», illustre l’ancien ministre délégué.

En amont de l’innovation, la R&D. Dans les pays développés, les universités en sont la principale locomotive. «Les universités doivent se doter de centres de transferts technologiques accompagnant les chercheurs dans l’exploitation de la propriété intellectuelle qu’ils génèrent et la concrétisation de leurs idées. Elles doivent monter des incubateurs d’entreprises, des accélérateurs et fonds d’investissement qui pourraient prendre des parts dans le capital des startups créées par des chercheurs», recommande Hicham El Habti, SG de l’Université Mohammed VI Polytechnique (UM6P).

«Les dépenses R&D devraient être considérées comme un investissement. Il faudrait, cependant, au préalable cultiver la mentalité de chercheur-entrepreneur», insiste-t-il. El Habti propose, aussi, la création de clusters ou hubs thématiques régionaux entre universités et entreprises, répondant aux besoins concrets des régions. Un projet qu’avait annoncé le ministère de l’Enseignement supérieur il y a quelques années, sans jamais l’achever.

Comment faire émerger un hub? «Ce n’est pas toujours une question de moyens, mais d’orientation des ressources. A titre d’exemple, plusieurs Etats américains dépensent moins que le Maroc en R&D», estime Ismaïl Douiri, DG délégué à Attijariwafa bank. Les investissements sont, cela dit, orientées vers des domaines précis.

«Le nouveau Mexique a réussi à développer l’essentiel de la recherche américaine en aérospatial et armement grâce à trois universités arrimées à trois laboratoires de recherche», souligne Douiri. Outre le financement, d’autres «matières premières» sont nécessaires, selon Douiri, à leur tête, les RH.

Pour attirer les meilleurs, il faut offrir des rémunérations attractives. Il est aussi impératif de bien choisir l’emplacement du hub, en vue d’offrir un cadre de vie stimulant avec tous les équipements de confort et d’épanouissement.

«Le hub doit également jouir de la reconnaissance des pairs, en développant un domaine d’excellence avec des experts, marocains ou étrangers, reconnus. Il doit, en outre pouvoir s’appuyer sur des réseaux du monde de la recherche, mais aussi des affaires, sans compter la proximité avec un tissu d’industries», relève Ismaïl Douiri. La crise du Covid-19 a démontré à quel point la recherche est capitale. Permettra-t-elle au Maroc d’ouvrir un nouveau chapitre dans le domaine?

                                                                                                  

L’UM6P sur les traces des géants de la recherche

POUR son «give back» à la société, le groupe OCP a choisi d’investir dans le capital humain, la recherche et l’innovation, à travers l’Université Mohammed VI Polytechnique de Benguerir (UM6P). L’université est déjà en train de changer le visage de cette région rurale, en la transformant en véritable hub de la R&D. Tous les ingrédients sont déjà là.

«Nous avons doté l’université d’un incubateur, un accélérateur et un fonds d’investissement. Nous sommes, également, en train de construire le plus grand data center au Maroc. Dans la région, nous disposons aussi d’une ville verte, un Green Energy Park, des lots de villas pour accueillir les familles…», précise Hicham El Habti, SG.

Pour former son corps professoral, l’UM6P a fait appel à des compétences de rang mondial. Elle compte une centaine d’enseignants-chercheurs d’une vingtaine de nationalités. Près du quart sont des internationaux. Parmi les Marocains, environ 42% relèvent de la diaspora.

L’institution offre un large choix de formations, allant du management à la réalité virtuelle, en passant par l’intelligence artificielle, sciences des données, intelligence collective… Près de 70% de ses étudiants sont boursiers. L’UM6P veille à travailler sur leur soft skills et leur mindset.

«Nous demandons à nos chercheurs d’échouer! Ils sont financés pendant 6 mois pour essayer tout ce qui ne peut pas marcher. A l’issue de cette expérience, ils n’ont plus peur de l’échec», relève El Habti. Le modèle est unique au Maroc. L’université ambitionne de se positionner en pôle d’excellence à l’échelle de l’Afrique.

Ahlam NAZIH

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