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Tribune

Relance? Tout reste à faire

Par Mohamed Aït Marti | Edition N°:5781 Le 12/06/2020 | Partager

Dans le numéro 5759 de L’Economiste du 12/05/2020, nous lisons l’édito «Relance» sous la plume de Nadia Salah, dont la teneur nous surprend au plus haut point. Le texte laisse penser que toutes les voies de la relance ont déjà été mises en œuvre et qu’il n’y a pas lieu d’aller plus loin. Ce n’est pas du tout le cas.

Le Comité de veille économique (CVE), agissant avec les ministres concernés, est lui-même conscient de l’impérieuse nécessité qu’il y a à lancer de nouvelles mesures. Il a initié, de façon innovante, une grande consultation à laquelle il a associé la CGEM et ses fédérations, le GPBM et les banques.
En effet, force est de reconnaître que l’Etat a décidé de justes mesures urgentes de solidarité et de sauvegarde sanitaire pour préserver notre pays de cette pandémie.
Dans cet esprit, il a été conduit à arrêter des pans entiers de l’économie. Ce, alors que d’autres activités fonctionnaient normalement, et même surperformaient. Constatons que le sacrifice d’une minorité a permis de sauver la majorité.
L’aide à l’entreprise s’est exprimée essentiellement à travers trois mesures : Le chômage partiel, le report des leasings, le prêt Damane Oxygène.
Pour Damane Oxygène, il s’agit d’un prêt octroyé en amélioration de la trésorerie. Comme tout prêt, il devra être remboursé. Pour qu’il puisse l’être, encore faut-il que le cash-flow des bénéficiaires le permette. Peu de chances pour que les acteurs économiques dont certains sont à l’arrêt total, puissent dégager des résultats positifs en 2020. Les bilans enregistreront certainement des pertes induites par ces mois d’inactivité. Les cash-flows pourront parfois être négatifs.

Question d’éthique

Se posent alors de nombreuses questions:
- Est-il éthique qu’il y ait des sacrifiés au profit du bien-être collectif et ce, sans aucune compensation?
- Est-il suffisant de soutenir la demande avec des aides aux plus démunis? Faut-il aller plus loin? Tout en intégrant le fait que le soutient de la demande va conduire à plus d’importation, du déficit de notre balance commerciale et des paiements.
- Comment espérer que le soutien de l’offre productive pourra se satisfaire uniquement de prêt en trésorerie tel que proposé par Damane Oxygène? Quand ces prêts arriveront-ils effectivement?
- Aujourd’hui, personne ne paie plus personne!
Il est d’une absolue nécessité de prendre conscience que nous devons aller plus loin dans nos réflexions. Cela sera aussi une première étape pour la mise en place du nouveau modèle de développement prôné par Sa Majesté Mohammed VI .
Il faut donc d’urgence:
- Reprotéger notre industrie par des taxes intérieures à l’importation, type taxe forestière, qui sont compatibles avec les ALE.
- Renégocier les ALE car il ne peut y avoir de libre-échange équilibré lorsque de petites économies doivent se confronter aux économies les plus développées. Le concept de libre-échange asymétrique devra être admis par nos partenaires.
- Accepter une relance monétaire majeure qui ira vers les entreprises sous forme de dons.
- Créer une banque marocaine de l’investissement pour prendre des participations momentanées.
- Restituer aux entreprises ayant eu à souffrir d’un arrêt administratif, la totalité de l’IS perçu par l’Etat les années précédentes.
Ainsi, nous rentrerons dans une double politique de relance par «la demande», mais aussi et surtout par «l’offre». Cela se traduira par plus d’emplois et donc plus de demande intérieure qui reviendra finalement aux entreprises nationales. C’est un cercle vertueux tel celui qui fut mis en place lors du New Deal et de la crise de 1929. Il n’y avait à l’époque aux USA, que peu d’ouverture au commerce international et tout ce qui fut injecté dans l’économie américaine s’y développa, et entraîna un multiplicateur et une sortie de crise.
Nous devrons veiller à ce que les mesures de soutien soient bien assorties de limitation des importations.
Alors, chère Nadia Salah, est-ce que tout a été fait comme le prétend votre édito?
Certainement pas, tout reste à faire et les acteurs économiques doivent se mobiliser dans le débat constructif qui nous est offert pour inventer les chemins qui nous mèneront vers des jours lumineux.

* Mohamed  Aït Marti est négociant et industriel, il a publié dans nos colonnes un excellent article sur la relance et l’efficacité des facteurs de production, le 4 mai 2020 https://www.leconomiste.com/article/1061380-des-facteurs-de-production-p...

 

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