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Tribune

La crise mondiale et multiforme face au Maroc

Par Jalal IMANI | Edition N°:5781 Le 12/06/2020 | Partager

Diplômé de l’ESCAE Dijon en 1982, Jalal Imani, à travers une carrière de 37 ans dans l’aérien et le tourisme, est un expert et fin connaisseur de ces secteurs. A Royal Air Maroc, il a été représentant en Belgique, en Espagne, en Italie, directeur Afrique à Dakar. Egalement sous-directeur marketing et communication, DG Atlas Catering, DG Amadeus Maroc, DG RAM Academy. Il a aussi été directeur commercial et marketing à Accor Maroc, directeur des opérations, délégué Afrique à l’ONMT basé à Dakar et DG de la CNT

C'est pour maintenir à flot ce secteur du tourisme, qu’il est essentiel que l’Etat et les banques prennent des mesures d’aides encore plus vigoureuses. Voire créer un fond spécial dédié au secteur. Il s’agit de privilégier une industrie pérenne et prioritaire. C’est un choix politique difficile car tous les secteurs économiques ont besoin d’aide.

Quels que soient les scenarii en termes de timing d’ouverture des frontières et d’évolution du coronavirus, le tourisme reprendra lentement. On atteindrait les chiffres de 2019 qu’en 2022. La baisse des revenus des ménages ralentira la consommation de voyage de loisir. Le voyage d’affaire sera remplacé partiellement par des visioconférences et par le télétravail. La peur de prendre l’avion ou de s’éloigner de son domicile va jouer un certain temps.

Les pays touristiques importants, l’Espagne, la France, l’Angleterre, l’Allemagne, l’Italie, les USA, qui représentent l’essentiel de notre tourisme, au niveau des Etats et des entreprises touristiques, investiront des sommes importantes en publicité et réaliseront des offres à très bas prix pour maintenir leurs parts de marché et se partager un gâteau plus petit que par le passé. Le Maroc devra faire de même, avec des moyens financiers plus réduits.

Enfin, les compagnies aériennes régulières et low-cost sont dans un état financier grave. Elles devront se refaire une santé et donc ne desserviront que les lignes les plus rentables dans un premier temps, elles réduiront au moins pendant une année la voilure sur le Maroc.

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La célèbre plage de Dakhla, spot des sports de glisse. Le tourisme national devra aider à traverser la crise. Occasions de découvertes, les Marocains connaissent mal leur pays (Ph. Info Maroc)

Solution partielle

Dans l’immédiat, le tourisme interne est une solution partielle. Au Maroc, il représente 30% des séjours. C’est important, mais là aussi, la baisse des revenus et le fait que le voyage se consommera d’une manière différente, avec des mesures de sécurité sanitaire feront que cette reprise sera plus lente. Elle pourra être en partie compensée si le Marocain privilégie le tourisme interne.

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Le Maroc offre un produit touristique exceptionnel. Le Marocain doit découvrir tous ces trésors insoupçonnés, tourisme rural, de montagne, culturel, balnéaire. Redécouvrir l’histoire du Maroc, les traditions et cultures régionales. Les Marocains devraient avoir plus le réflexe de s’adresser aux agences de voyages qui leur établiront des séjours personnalisés à des tarifs compétitifs (Ph. Info Maroc)

C’est le moment pour le secteur privé et public de changer de paradigme et prioriser la clientèle nationale. Mettre ainsi en place des produits spécifiques et des tarifs adaptés qui répondent définitivement aux besoins de la clientèle marocaine. Les Marocains du monde, soit 50% du tourisme international vers le Maroc, doivent également faire l’objet d’une politique de proximité dédiée.

Enfin, le secteur touristique, sauf quelques grosses structures, est en retard sur le digital. Or le digital est l’outil d’excellence et incontournable pour informer, proposer des offres multiples, garder un contact constant avec la clientèle, faire de la promotion et conclure directement la vente. C’est le moment pour une mise à niveau généralisée. C’est aussi le moment d’accentuer la formation et atteindre l’excellence dans le service car le tourisme, c’est d’abord le capital humain.

Combien pèse le tourisme

Le tourisme pour le Maroc en 2019, c’est 13 millions d’arrivées, 78 milliards de dirhams de recettes, 750.000 emplois directs, 7% du PIB. C’est le deuxième contributeur économique du pays. Les prévisions pour 2020 étaient de +8% en arrivées et en recettes.
Avec la fermeture des frontières, la baisse attendue est de -65%, soit 4,5 millions de touristes et 27 milliards de dirhams de recettes perdus. Ce sont des prévisions catastrophiques qui entraîneront inéluctablement du chômage partiel, des licenciements et des faillites. L’hôtellerie, les agences de voyages, les transporteurs touristiques, les loueurs de voiture, les guides, les restaurateurs, sont essentiellement des PME dont la trésorerie reste limitée. Avec zéro chiffre d’affaires pendant des mois, c’est intenable.

 

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