×L'Editorialjustice régions Dossiers Compétences & RH Société Brèves International Brèves internationales Courrier des Lecteurs LE CERCLE DES EXPERTS Documents Lois à polémiques Docs de L'Economiste prix-de-la-recherche Prix de L'Economiste Perspective 7,7 Milliards by SparkNews Earth Beats Solutions & Co Impact Journalism Day cop22Spécial Cop22 Communication Financière

Société

#DihaFrassek: Halte au cyber harcèlement des femmes

Par Amine BOUSHABA | Edition N°:5772 Le 01/06/2020 | Partager
Des campagnes de «revengeporn» touchent des jeunes filles
Des victimes pour la plupart mineures

La période du confinement exigé pour cause de crise sanitaire n’aura pas été de tout repos pour tout le monde. Après une campagne de «outing» qui a concernée de jeunes personnes homosexuelles, créant des drames dans plusieurs familles et ayant causé le suicide d’un jeune marocain, une autre campagne de cyber harcèlement touche des jeunes filles. Initiée par des esprits malveillants des pages de «revengeporn» ont vu le jour sur les réseaux sociaux.

cybersecurite-072.jpg

Au Maroc près de 1,5 millions de femmes sont victimes de cyber harcèlement, selon une enquête du HCP datant de 2018 (Ph DR)

Leur but ? Nuire à des jeunes filles, souvent mineures, en postant des images compromettantes volées et en incitant le maximum de followers à les diffuser. Certaines pages n’hésitent pas à  publier des photos de visages accompagnées de numéros de téléphone et autres informations personnelles avec des incitations directes au harcèlement.

Des comptes, suivis par des milliers de personnes, affirmant avoir une mission commune: «purifier le pays». Des actions que dénoncent vigoureusement un collectif, organisé pour la défense des victimes, sous le slogan #DihaFrassek  (mêle toi de tes affaires)  «Nous faisons face à une vague qui ne cesse de se briser, à un cauchemar récurrent et à une boucle sans fin qui ont pour victimes les plus jeunes et les plus fragiles.

Aujourd’hui, nous, le mouvement Diha F’Rassek disons: STOP! BARAKA! On en a ras le bol! On en a marre des constantes humiliations et des atteintes à notre dignité ! On en a marre de regarder à droite et à gauche de peur d’être trainées dans la boue ou de faire face à la chouha tout simplement parce qu’on est des femmes et qu’on porte l’honneur de toute une nation sur nos épaules!», affirment les membres du collectif qui précise: «Il est de notre devoir en tant que citoyen.nes marocain.es de prêter main forte aux plus jeunes et de veiller à ce que nos filles soient respectées et puissent s’épanouir dans un environnement sain qui préserve leur dignité».

Le but de la campagne est de sensibiliser les citoyens et de rallier le maximum de personnes à la cause de la défense des libertés individuelles, mais surtout à la protection des jeunes filles, dont certaines peuvent se retrouvent dans des situations dramatiques face aux membres de leurs familles et à leur entourage. Le collectif rappelle de fait que le cyber harcèlement est un crime.

«Nous avons pris toutes les dispositions nécessaires et recueilli toutes les informations possibles pour déposer des plaintes officielles chez les autorités marocaines qui ont créé une plateforme virtuelle afin de faciliter la procédure et rendre les interventions rapides et efficaces», préviennent-ils.

«Je ne suis pas sociologue, mais cela vient, à mon sens, du fait que le harcèlement scolaire est fortement normalisé, voire banalisé. Il s’est  entre temps adapté aux avancées technologiques pour prendre des formes virtuelles» précise Houda, co-fondatrice du collectif. Un harcèlement virtuel que dénonce plusieurs associations, tirant la sonnette d’alarme sur ce fléau qui détruit des vies entières.

Au Maroc, plus d’une femme sur deux (54 %) dit avoir été victime d’une forme de violence, et dans près de 14%  des cas de violences liées aux nouvelles technologies, selon des statistiques du HCP publiées en mai 2019. Une campagne de sensibilisation «stop au numérique»  avait été initiée par l’association Tahadi visant à informer les victimes sur leurs droits, inscrits dans la loi adoptée en 2018 contre les violences faites aux femmes.

Le texte sanctionne le harcèlement sexuel dans les espaces publics, mais aussi dans l’espace virtuel (téléphone, courrier électronique, messages sur les réseaux sociaux, envoi d’images à caractère sexuel ou diffusion d’images portant atteinte à la vie privée).

Les peines prévues pour les violences liées au numérique vont jusqu’à trois ans de prison ferme. Mais comme le précisent les militantes de l’association: «les femmes violées ou harcelées sont souvent considérées comme les premières coupables» et rares sont même au fait de cette loi.

A.Bo

  • SUIVEZ-NOUS:

  1. CONTACT

    +212 522 95 36 00
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]

    70, Bd Al Massira Khadra
    Casablanca, Maroc

  • Assabah
  • Atlantic Radio
  • Eco-Medias
  • Ecoprint
  • Esjc