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Economie

8e enquête L’Economiste-Sunergia: Plébiscite pour les masques

Par Nadia SALAH | Edition N°:5769 Le 27/05/2020 | Partager
Une certaine fatigue pointe
Le point d’inflexion, juste avant l’annonce de la prolongation

L’affaire est entendue, c’est le masque qui compte. En cela les Marocains ne sont pas différents du reste du monde. Et par-dessus le marché le Maroc s’est fait une jolie réputation d’industriel rapide et audacieux. Pour l’histoire il faudra dire que le Maroc la doit à son ministre de l’industrie, du commerce, de l’économie verte et numérique, Moulay Hafid Elalamy… et à une bataille, très gauloise, en France, avec l’extrême gauche et l’extrême droite, contre le gouvernement Macron.

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Le port du masque a pris largement le pas sur toutes les autres mesures. Inversement les restrictions de sortie ont nettement reculé. Elles sont approuvées par 60% des Marocains. 88% les trouvaient importantes et très importantes, lors de la toute première enquête de Sunergia, du 2 au 5 avril 2020

Même si le point de départ est particulièrement piquant, il n’en reste pas moins que le masque a fait du bien à la réputation mondiale du Maroc. Pas moins de 95% des réponses saluent le fameux masque ; capital, très important et important. De plus dans ce plébiscite, 78% le qualifient de«capital».
Rappelons que cette mesure de précaution avait assez mal commencé sa carrière. La moitié des Marocains (1.288 répondants, première enquête du 2 au 5 avril 2020) le jugeait de peu d’utilité. Sauf les femmes qui n’étaient qu’un petit tiers à  considérer cette protection comme négligeable.
Mais notons que c’était l’époque où les masques manquaient partout dans le monde. Tous les gouvernements, y compris le nôtre, en minimisaient l’importance.
Les choses ont bien changé aujourd’hui.
Quelle que soit la région, l’âge, le genre, le revenu… l’immense majorité loue les bavettes, l’autre nom du masque.  

La fatigue

Comme on voit monter le nombre de citoyens dénonçant l’impact économique sur eux, le confinement géré en parallèle avec le Ramadan, a été de plus en plus difficile à vivre.
Il semble qu’un point d’inflexion dans le soutien au gouvernement se soit produit avant la prolongation du confinement. Les personnes acceptent de moins en moins facilement les restrictions de sortie. Attention, cela ne signifie pas que la majorité a changé de camp. C’est le nombre de personnes affirmant que c’est «peu important» qui augmente. Rien n’avait significativement bougé jusqu’à la 7e semaine d’enquête où la barre des sceptiques a bondi à 15% en moyenne. Elle a encore progressé, pour se fixer à 18%, dans la semaine du 18 au 20 mai 2020.
Sur ce point, comme sur les autres mesures de protection, une certaine fatigue pointe. Sans toutefois renverser les données, du moins pour l’instant. Comme pour le confinement en entier, un tournant s’est produit.
Quant aux relations de famille, et malgré le savoir-vivre marocain, elles souffrent aussi. Au départ, le score de 26% de gens affirmant qu’ils s’entendent mieux qu’avant avec les proches, avaient surpris les observateurs. Le score s’est érodé pour se fixer à 18% maintenant.
En fait le résultat s’est inversé avec ceux dont les relations se sont dégradées. Quel que soit le genre, le niveau de vie ou la région, ils sont de 15% à plus de 20% à signaler des mésententes.
Les optimistes noteront pour la paix de ménages que chez deux Marocains sur trois, le coronavirus n’a pas vraiment affecté la vie de famille.
Y a-t-il une contradiction ou pas, entre la fatigue et deux formes d’optimistes que l’enquête souligne. Difficile de le savoir.
En tout cas, autant sur leur propre santé que sur l’issue de la crise, les répondants sont optimistes dans une large voire très large majorité.
Et ce mécanisme tient la route depuis le premier jour.

                                                                            

Fiche technique

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La présente enquête est la huitième d’une série qui suit l’opinion publique marocaine depuis le 1er avril 2020. Elle se déroule sur le web et les répondants s’auto-administrent le questionnaire.
Pour la présente phase, 1. 298 personnes ont répondu valablement, y compris à la question parlant de la prolongation du confinement.
Nous avons 43% de femmes et bien sûr 57% d’hommes. 24% ont de 18 à 24 ans; 39% de 25 à 34 ans; 28% de 35 à 44; 8% de 45 à 54 ans; 7% ont de 55 à 64 ans et 2% ont plus de 65 ans.
Ont été ajoutés, 2% jeunes de moins de 18 ans qui ont répondu valablement. Ils apportent en quelque sorte une petite touche de jeunesse qu’il y avait dans l’enquête précédente, la 5e. Les autres commençaient au-delà de 18 ans. Mais on ne peut pas commenter valablement ce qui se passe dans ce groupe de jeunes personnes: la marge d’erreur y est de plus ou moins 14.

Les dix régions sont:
Casa Settat: 35%
Rabat Salé Kenitra: 20%
Beni-Mellal Khénifra: 3%
Fès Meknès: 9%
Souss Massa: 6%
Tanger Tétouan Al Hoceïma: 10%
Oriental: 4%
Marrakech Safi : 10%
Drâa Tafilalet: 1%
Région sud: 2%
Si nécessaire, les régions ont été regroupées en trois pour améliorer le sens des données.

En ce qui concerne les revenus:
15% de l’échantillon gagne moins de 2.000DH
19% a entre 2.000 et 4.000 DH
15% a entre 4.000 et 6.000 DH
24% gagne entre 6.000 et 12.000DH
27% gagne plus de 12.000DH.
On notera que l’actuel échantillon a produit un peu plus de personnes aisées que les autres.

N.S.

 

 

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