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Lectures du Ramadan

«L’intrication de Malabar» Episode 19: «Le boson de Higgs de l’amour» (Partie 1)

Par L'Economiste | Edition N°:5768 Le 26/05/2020 | Partager

Dans l’épisode précédent

- Allez! Je te présente à nouveau Abla. Elle est orpheline, de Nador. Surdouée comme tu l’avais compris, et imbattable aux échecs. C’est ce qui l’a sauvée d’ailleurs. Elle avait été éjectée de l’école à 16 ans, dossier scolaire catastrophique. Livrée à elle-même. Rebelle, indisciplinée. Elle n’arrêtait pas de contredire ses enseignants.
- Bref, elle a développé une passion pour les échecs, s’est inscrite dans des tournois régionaux pour gagner un peu d’argent. Elle a été invitée dans les tournois internationaux, mais faute de visa, elle n’a jamais pu y aller. C’est la première que nous avons récupérée il y a trois ans.
- Abla sourit d’un air reconnaissant.

Chapitre 16
- Harper, le colonel m’a appelé. Ils ont une piste sérieuse. Il m’a envoyé sur un secteur géographique potentiel où le trouver. Des témoins leur ont parlé d’un homme svelte et grand, visiblement sans domicile fixe, avec beaucoup de charisme. Il demande l’aumône sur certains axes de la route, accompagné d’un petit gros.
- Montre. C’est tout proche d’ici! On y va! répondit Harper.
- Les gendarmes passent nous prendre dans une dizaine de minutes.
- Non Bernard, on y va tout de suite!
Ils sortirent en trombe de l’hôtel et sautèrent dans leur petite Dacia de location.
- Que fait-on si on le trouve? demanda Bernard.
- On demande un avion et on l’exfiltre vers une base de ReGen.
Hors de question de rentrer dans un processus officiel, on perdrait très vite notre avantage. Il pourrait être empoisonné le jour même.
- Qui vous dit que le gars n’est pas foutu? Qu’il ne s’est pas mis dans un plan drogue et qu’il n’a pas pété tous ses neurones?
Trois ans sans côtoyer le monde. Qui laisserait son génie en jachère aussi longtemps?
- On verra. Pour l’instant il s’agit de le retrouver. Bernard freina au virage et s’arrêta au feu rouge. Il cru entendre un bruit de rotor au-dessus de leur tête. Il fit un signe à Harper en tournant le doigt et montrant le haut.
- Drone!
Ils avancèrent sur un kilomètre comme si de rien n’était. Harper s’arrêta au bout d’un chemin et ressortit avec un sac à la main.
- Maintenant, cria-t-il.
Il sortit de son sac son Tricarus miniature, qu’il avait acheté à Taïwan. Tricarus était capable d’intercepter la liaison entre un drone et son centre de commande. La faille logicielle exploitée concernait des milliers de protocoles de communication que le Tricarus avait intégrés.
Le bruit de rotor s’arrêta puis, quelques secondes après, on entendit un son métallique se mélanger avec le bruit d’une branche d’arbre qui tombe.
- C’est bon, on peut continuer.
- Ils contrôlent déjà toute la zone. Je ne pense pas que l’on y arrive à temps.

Chapitre 17
Ils s’arrêtèrent devant un champ bien entretenu. Ismaïl avait encore la tête emplie du visage d’Abla.
- C’est le champ de notre ami Abdelkebir. Il nous autorise à dormir dans sa grange. Un chic type, dit Ghni. J’ai donné des cours de rattrapage à son fils contre gîte et couvert.

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- Ils sont presque là, dit l’éminence. Ismaïl, ce soir nous dormirons dans cette grange. Je vais te livrer mon plan. Je t’indiquerai ce que tu chercheras et comment y arriver. C’est mon dernier cours. Il va falloir que tu te concentres plus que jamais, le temps manque.
Ils entrèrent dans la grange. Aérée, ensoleillée, elle était plutôt propre, hormis un box qui sentait mauvais qui devait être utilisé pour enfermer les poules ou les moutons.
L’éminence s’assit confortablement sur une botte de paille.
Assieds-toi, le cours démarre.
L’intrication permet à un événement aléatoire de se manifester en plusieurs endroits. Chercher une interprétation à l’intrication quantique ne relève pas de la physique mais de la philosophie.
Ce sont les philosophes qui sont les plus proches du Graal de la science, bien plus proches que les physiciens.
Comme tu me l’as dit, des scientifiques chinois sont parvenus en 2017 à « téléporter» l’état d’un photon à un autre sur une distance de 1.200 kilomètres. Penses-tu que l’on pourrait faire cela avec le corps d’un être humain?
- Ok, je calcule, dit Ismaïl. Si l’on pouvait copier chaque atome de notre corps, pour le matérialiser ailleurs, il faudrait 4,5×10^15 années pour calculer la position de chaque particule, la dématérialiser et ensuite la rematérialiser en respectant son emplacement. Pour un corps entier d’humain moyen, pas obèse, dit-il en regardant Ghni en souriant, le calcul durerait environ 4.500.000.000.000.000 années, tout cela en supposant que la bande passante de l’ordinateur qui se charge du calcul soit de 30 gigahertz. Cela ferait donc 2,6×10^42 bits pour convertir la structure physique d’un humain sur une durée de temps allez… de 350.000 fois l’âge de notre univers.
- Excellent Ismaïl, je n’en attendais pas moins de toi. Sauf que tu réfléchis comme un mathématicien, tu n’as pas intégré dans ton équation que l’on pourrait avoir un ordinateur plusieurs milliards de fois plus puissant.
- J’intègre dans mon équation des éléments réalistes.
- Et si un ordinateur quantique pouvait le faire en moins de 8 secondes?
Ismaïl réfléchit:
- J’ai vu que le CNRS de Grenoble était en train d’essayer de concevoir un ordinateur quantique. Il portera le nom de QuCube, qui devra dépasser la puissance du Bristlecone, l’ordinateur quantique de Google. Mais on parle de booster la puissance de quoi? 10 fois? 100 fois celle d’un ordinateur conventionnel?
- Ismaïl, ils en sont tous à l’âge des cavernes. Ils n’ont fait que générer un nouveau lexique pour ergoter sur de pseudo découvertes.
Oui, la nouvelle génération d’ordinateurs est passée de bit, au quantum bit ou qubit, soit un bit au cube.
- C’est quoi ce qubit? demanda Ghni.
- L’ordinateur actuel est binaire, répondit Ismaïl, il utilise des 0 et des 1 pour processer. Les ordinateurs qubit, eux ne sont plus binaires, mais proposent 4 états différents: 00, 01, 11, 10. Un ordinateur quantique chez le CNRS réalise les 4 états dans la même opération, alors qu’il faudra 4 calculs pour un ordinateur classique. Bref, la puissance de l’ordinateur quantique qu’ils proposent est décuplée et on parle environ d’une rapidité maximale, pour faire plaisir à l’éminence, de 100 fois supérieure à celle d’un ordinateur normal.
- Mais que penserais-tu d’un ordinateur qui proposerait un milliard d’états différents?
- Je dirais que ce n’est pas possible.
- C’est ce qu’aurait dit Bell si l’on lui avait parlé des Smartphones d’aujourd’hui. Il te faut apprendre dès à présent à t’interdire de t’interdire. Il n’y a aucune limite à la science. Aucune. Ce qui n’existe pas aujourd’hui existera demain. C’est une question de temps.
- Supposons, dit Ismaïl.
- En fait, ce que je vais te dire est beaucoup plus dur à intégrer.
Tu vas avoir le temps durant tes études de réaliser la vérité sur l’humanité. Ton parcours te mènera vers une seule certitude: la véritable science, c’est l’amour.
- L’amour?
- L’amour. La lumière, c’est l’essence même de l’amour. Elle se meurt avec la haine, la colère, la frustration, l’envie, l’ego, la cupidité… L’univers est à l’origine amour. La puissance qui régule l’univers, celle qui fait graviter les électrons autour de l’atome, l’invisible force dans toute chose qui fait que nous sommes, est l’amour.
La planète, sa destruction est fruit de la somme de nos mauvaises pensées, et certaines, Ismaïl, sont abyssales. Les Hommes ne sont pas prêts à intégrer les avancées qui sont basées sur la puissance de l’amour. C’est pour cela que les onze devront progresser dans leurs recherches en prenant en compte cette dimension.

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- C’est surprenant… l’amour.
- Oui, tu n’as pas idée à quel point l’énergie noire et l’amour sont liés.
- Je vais travailler sur l’amour en laboratoire?
- Absolument, répondit l’éminence. Mais tu devras donner l’impression d’être noyé dans le système.
- Le système?
- Donner l’impression que tu es comme tout le monde. Que ce qui te drive c’est l’ego, l’envie de la compétition et la cupidité, cela rassure le système que les Hommes ont fini par créer. Un système où l’on ne peut gagner que contre d’autres loups, jamais ensemble. Dans les labos où tu travailleras, chaque investissement dans la recherche doit créer un retour en argent sonnant et trébuchant, en pouvoir, en domination.
- Mais… Je ne comprends pas cette histoire de l’amour?
- Quand tu aimes à la folie, ta sensation de pouvoir déplacer des montagnes est réelle. Il ne lui manque que le bon décodeur pour libérer cette puissance astronomique. Quand tu fais preuve d’empathie et que tu veux aider des personnes, des groupes de personnes, des villes, des peuples, cet amour de l’autre peut créer des miracles, pour peu que l’on sache comment là encore libérer cette énergie. C’est de cela qu’il s’agit. Nous sommes à quelques encablures de trouver comment relâcher le bien dans l’humanité et nous devons faire vite, le temps de notre humanité est compté. À chaque seconde qui passe, nous générerons un peu plus de noirceur, celle qui nous rapproche de la fin.
- La recherche scientifique ultime serait donc l’amour? répéta Ismaïl désabusé.
- Oui, répondit l’éminence. C’est aussi simple que cela. Et comme disait Enstein, «le monde ne sera pas détruit par ceux qui font du mal, mais par ceux qui les regardent sans rien faire» On est pas loin de 8 milliards à regarder à côté, sans vouloir prendre le taureau par les cornes, sans rien faire pour changer le monde. 8 milliards de personnes qui se préoccupent de leur propre vie, délaissant la synergie qui permet à toutes les espèces de survivre. Il suffit d’être grimé en SDF et de vivre en marge de la société pour devenir totalement invisible.
Personne en trois ans ne m’a demandé quel était mon nom, ni d’où je venais. Ni quelle avait été ma vie avant d’arriver ici. L’homme s’éloigne tous les jours un peu plus de cet amour qui le rendait humain, de cet amour qui le reliait à l’univers. Il se meurt. Nous devons le réanimer. Tout mettre en œuvre pour y arriver. L’équation pour lui permettre de revenir vers une vie idéale qui maintienne l’équilibre naturel doit être élaborée, car la science restera incompétente face à un organisme qui a décidé de ne plus vivre. Un organisme dont la fonction première devient la consommation. Tout cela dans un monde où les livres disparaissent, où les armes prolifères, où les guerres s’organisent de manières ridicules pour générer des profits.

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