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Lectures du Ramadan

«L’intrication de Malabar» Episode 19: «La belle Abla»

Par L'Economiste | Edition N°:5767 Le 22/05/2020 | Partager

Dans l’épisode précédent

Les biophotons sont partout dans notre corps, ils forment ce que l’on appelle depuis la nuit des temps « l’aura », le champ énergétique qui entoure chaque être vivant. Notre néocortex est baigné de ces biophotons qui sont finalement notre conscience. Rien n’interdit de penser que si l’on arrive à savoir comment interagir avec ces biophotons, ou à les gérer, et bien, les sciences médicales classiques s’effondreraient pour laisser place à une nouvelle médecine
Subatomique... Et il ne nous reste pas plus de 48h pour que je puisse t’expliquer clairement de quoi il s’agit et te donner les premiers éléments à mettre en place.

Chapitre 14:
- 15 minutes. Tu t’en rends compte? Le corps était encore chaud. Ils n’ont théoriquement que 15 minutes d’avance sur nous, dit Bernard à Harper.
- Oui, mais ça c’était il y a 48 heures. Penses-tu, ils ont des moyens bien plus conséquents que nous. À l’heure qu’il est, ils l’ont peut-être déjà trouvé. En plus, nous on doit œuvrer dans la légalité, eux ils sont prêts à tuer qui que ce soit pour avancer. Il regarda l’hôtel dans lequel le taxi les avait déposés:
- Si ça se trouve, ici aussi ça doit grouiller de gens de chez eux. Il ne nous reste pas beaucoup d’alternatives. On a rendez-vous avec un colonel de gendarmerie. On est passé par ReGen et leurs amis implantés au Maroc, pour leur expliquer la situation. Leur faire comprendre qu’ils avaient chez eux un génie issu de leur peuple, qui surpasse Einstein, recherché de partout sur terre de surcroît… a été un peu compliqué. Il n’empêche qu’ils ont vérifié dans tous les hôtels et les maisons d’hôtes, dans les maisons de location… rien.
- Il nous faut chercher ailleurs. Il est là, j’en suis sûr. Il doit certainement graviter aux alentours de son ancienne maison.
- Rasée depuis longtemps. Cette maison, comme vous dites, est devenu un HLM depuis.
- Alors il faut faire du porte-à-porte, avec une description de notre homme.
- Il a changé plus de trois fois de tête, comment le retrouver?
- On peut déceler un génie dans un terroir de paysans. On devrait pouvoir le remarquer de loin!
- Les autres ont dû quadriller la ville et ses environs. Tu n’imagines même pas les moyens qu’ils ont dû déployer. Satellite, mercenaires, services secrets, la population d’Azrou a dû être multipliée par 2 depuis hier.
Ils entrèrent dans l’hôtel Michlifen, superbe 5 étoiles niché à la périphérie de la petite ville d’Ifrane, située à quelques minutes de route d’Azrou. Le village de Michlifen ressemblait à s’y méprendre à un village des Hautes-Alpes. Le soleil en plus. L’hôtel sentait le bois de cèdre et il flottait un parfum de bien-être qui donnait envie de sourire et de se relaxer.
- On est à deux doigts de le perdre et de changer le cours de l’histoire de cette terre… Allez du nerf, cria presque Bernard qui sentait cette chaleur douce se poser sur leurs épaules.

Chapitre 15
Assis sur les berges du lac, les trois compères admiraient le reflet vert des cèdres sur l’eau bleue. La surface ondulait à chaque pierre lancée.
Ghni s’amusait à challenger l’éminence et Ismaïl au lancé de caillou sur l’eau. Il arrivait à les faire rebondir trois fois. Les cailloux d’Ismaïl coulaient à pic au premier lancé, déclenchant à chaque fois les rires moqueurs. Les alentours étaient d’un calme reposant, la verdure à perte de vue donnait l’illusion d’une carte postale suisse.
- On attend quoi ici, on s’installe pour la nuit? Finit par dire
Ismaïl agacé de ne pas réussir ses lancés.
- On attendait… Elle! répondit Ghni en montrant du doigt une silhouette qui s’avançait vers eux.
La jeune midinette des beaux quartiers! Au fur et à mesure qu’elle se rapprochait, Ismaïl avait le cœur qui battait la chamade. Il ne comprenait pas pourquoi. Elle finit par arriver. Son charme l’avait précédé. Elle transportait avec elle des effluves de lumière. Ses tâches de rousseurs se fondaient dans le bronzage de son visage blanc. Sa chevelure rousse contrastait avec son chemisier vert. Elle et Ismaïl se regardèrent comme si c’était une évidence.
Une évidence qui trouble. Ils baissèrent les yeux au même moment, comme surpris.
- Ismaïl, je te présente Abla.
- Bonjour, sortit timidement Ismaïl.
- Bonjour Ismaïl, répondit vivement Abla, en découvrant le blanc éclatant de son sourire qui prolongea un moment d’éternité qu’Ismaïl aurait voulu suspendre.
- Vous allez m’expliquer maintenant, demanda Ismaïl reprenant ses esprits.
- Oui! Je te présente l’une des personnes qui changera ce monde dans le futur
- Changer le monde? dit Ismaïl.
- Oui, répondit, Abla. L’éminence va nous aider à changer ce monde en mieux, Ismaïl.
- Si c’était vrai, comment ou pourquoi perdrait-il trois ans dans la campagne loin de tout, alors que le temps presse pour sauver ce qu’il reste de ce monde comme tu dis?
L’éminence sourit, et répondit:
- C’est compliqué, mais sache que tout ce qui se produit est voulu. Notre rencontre n’est pas due au hasard Ismaïl. Les biophotons… Je t’ai mis dans la tête de faire MIT, je t’ai donné envie de prendre ton baluchon et de me rejoindre. Ensuite tout est lié. Notre rencontre était planifiée.
La pâleur soudaine d’Ismaïl fit réagir Ghni:
- Ismaïl je sais, au début on a l’impression d’avoir été violé dans son intimité. Mais n’oublie pas pourquoi l’éminence a fait ça. Il a un objectif, celui de sauver le monde, et il ne pouvait lancer un casting avec tout le marketing digital nécessaire pour demander sur instagram s’il y a des zèbres qui veulent sauver le monde avec lui!
- Il me fallait trouver de jeunes et brillants cerveaux tout en me cachant, reprit l’éminence. Créer un plan d’action et former une équipe.
- Je suis le second? interrogea-t-il en regardant Abla.

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- Non Ismaïl, tu es le dernier membre de l’équipe.
- Équipe?
- Onze. Vous êtes onze jeunes Marocains. Certains ont eu le bac ces trois dernières années. Filles et garçons. Vous êtes de tout le Maroc. Vous avez tous explosé les records en termes de lumière. Tous n’ont pas eu le bac.
- Nous avons même récupéré l’un d’entre vous dans un champ.
Il gardait des troupeaux, dit Ghni,
- Chacun d’entre vous aura sa partition à jouer, ajouta l’éminence. Après les 4 de l’apocalypse, nous aurons les 11 de l’espoir de l’humanité. Ismaïl était visiblement impressionné.
- Ghni, votre histoire d’enseignant et de SDF c’était aussi vrai?
- Bah oui. Mais moi je n’ai pas vos capacités, Ismaïl. Par contre, je suis prof, et c’est ce que je fais de mieux. L’éminence m’a permis de réaliser mon rêve, celui de contribuer à concocter un programme pédagogique de campagne pour les meilleurs élèves de mon pays! Imagine, avant je n’étais que simple professeur des lycées, je me suis retrouvé propulsé au poste de recteur de l’académie des génies d’Azrou, avec des étudiants qui nous tireront tous un jour de ce merdier mondial, où le tiers-monde reste figé, appauvri par les règles des pays riches, qui dominent par leurs manipulations une bonne partie de l’humanité, et qui surtout la mène gaiement à sa perte.
- Excuse, Ghni, dit l’éminence, à chaque fois il nous sort ce laïus. Même s’il n’a pas tort, l’objectif des 11 sera de créer le bien sans distinction de race, de couleur ou de statut social. Mais pour y arriver, il faudra être beaucoup plus futé que ceux qui ne cherchent qu’à asseoir un peu plus leurs règles dans un monde qu’ils pensent avoir acheté. Agir en secret est notre seule protection.
- Le garçon qui snifait de la colle? Quand on mendiait?
- Oui, lui aussi en fait partie. Tu les rencontreras tous bientôt.
Ghni regarda la jeune fille.
- Allez! Je te présente à nouveau Abla. Elle est orpheline, de Nador. Surdouée comme tu l’avais compris, et imbattable aux échecs. C’est ce qui l’a sauvée d’ailleurs. Elle avait été éjectée de l’école à 16 ans, dossier scolaire catastrophique. Livrée à elle-même. Rebelle, indisciplinée. Elle n’arrêtait pas de contredire ses enseignants.
- Bref, elle a développé une passion pour les échecs, s’est inscrite dans des tournois régionaux pour gagner un peu d’argent. Elle a été invitée dans les tournois internationaux, mais faute de visa, elle n’a jamais pu y aller. C’est la première que nous avons récupérée il y a trois ans.
- Abla sourit d’un air reconnaissant.
- Je me suis occupé d’elle en ce qui concerne les langues, reprit-il, en la regardant avec fierté. Après trois mois, elle passait son bac en candidat libre. Puis elle a décroché sa prépa et a intégré polytechnique. Major de promo de première année. Elle démarre son stage au CERN le mois prochain pour se rapprocher du collisionneur de protons.
- Oui, on aura besoin de celui du CERN pour notre plan, dit l’éminence.
- Lui, le sniffeur de colle, Karim, est un brillant jeune homme atypique, issu d’un milieu bourgeois. Il est né avec une sacrée cuillère en or dans la bouche, dit Ghni. On pensait que c’était un p’tit con, mais pas du tout. Il a sauté plusieurs classes à l’école. Ses parents l’ont envoyé dans une école de surdoués à New York, il a eu son bac à 13 ans.
Abla reprit:
- Il est en train de passer son second doctorat à la Technische Universität de Berlin sur les méthodes d’IA qui permettent de mettre en place certains aspects de la technologie quantique. Il va devoir revisiter les processus de découverte de la chimie computationnelle et de la physique moléculaire en se basant sur nos avancées en physique quantique.
- Toi aussi Ismaïl, comme Abla, dit Ghni, vous seriez tous deux déjà docteur à 18 ans, si le système d’éducation vous avait accompagné de manière adéquate. Notre faux sniffeur de colle, c’est le personnage qu’il préfère quand il vient nous voir, a organisé la recherche de financement pour aider les autres. Il s’est occupé de leurs visas quand il le fallait. On ne pouvait toucher aux comptes de l’éminence. Il a gagné assez d’argent pour financer la recherche au Maroc durant 10 ans, mais il ne peut activer le virement d’un seul kopeck sans que cela fasse vibre<r les toiles bancaires dans lesquelles ses ennemis sont tapis comme de véritables araignées venimeuses. Bref, chacun a son rôle à jouer dans ce que l’on va construire.
- Les autres c’est qui? demanda Ismaïl.
- Tu les rencontreras tôt ou tard d’ici la fin de tes études, chanta Ghni, en se tirant son pull rouge vers le bas.
- Et je vais faire quoi comme études, demanda Ismaïl avec un trémolo dans la gorge.
- Tu verras Ismaïl, tu verras, dit l’éminence.
- Tu feras comme moi, dit Abla avec douceur, attendre la surprise!
- Toute cette histoire, tout cela semble tellement improbable, tellement irréaliste, mais c’est fou comme j’ai envie de vous croire, avoua Ismaïl.
- On ne te demande surtout pas d’être normal Ismaïl, dit Ghni, ce sont tes anormalités qui nous intéressent!
- Je dois avancer sur certains aspects avec Abla, dit l’éminence, elle retourne en France ce soir.
Abla et l’éminence se levèrent et marchèrent sur le bord du lac en discutant. Ismaïl entendit des bribes de conversation qui portaient sur l’accélérateur de protons.
Au bout d’une demi-heure, au loin, elle se retourna pour faire un signe de la main à Ghni et à lui, en le regardant plus particulièrement. Le cœur d’Ismaïl se serra. Il aurait donné beaucoup qu’elle reste encore un peu avec eux.

Un avant-goût...

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«Dans la campagne profonde d’Azrou, un brillant jeune homme quitte sa modeste maison familiale pour aller à l’aventure porté par des rêves de lendemains meilleurs.
Le sort et cette foutue chance lui jouent des tours et le conduisent à la rencontre de deux clochards miséreux, hauts en couleurs.
Contre toute attente, leur galère se transforme en une synergie lumineuse, qui pourrait bien changer le cours de l’histoire.
Mais ce serait sans compter sur d’obscurs services étrangers…»

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