×L'Editorialjustice régions Dossiers Compétences & RH Société Brèves International Brèves internationales Courrier des Lecteurs LE CERCLE DES EXPERTS Documents Lois à polémiques Docs de L'Economiste prix-de-la-recherche Prix de L'Economiste Perspective 7,7 Milliards by SparkNews Earth Beats Solutions & Co Impact Journalism Day cop22Spécial Cop22 Communication Financière
eleconomiste

Régions

Fès-Meknès: La nécessité économique accélère le déconfinement industriel

Par Youness SAAD ALAMI | Edition N°:5766 Le 21/05/2020 | Partager
Le wali appelle au respect le plus strict des mesures sanitaires
Dépistage massif et contrôle d’hygiène pour éviter des clusters
textile-066.jpg

 Les industriels sont appelés à respecter les mesures sanitaires dans leurs unités. Distanciation sociale, gel antiseptique, contrôle de température sont de mise pour éviter des clusters épidémiques    (Ph YSA )

Alors que l’état d’urgence sanitaire est prolongé jusqu’au 10 juin prochain, la nécessité économique semble accélérer le déconfinement industriel. C’est ce qui ressort, en effet, de la réunion, tenue mardi dernier, à l’initiative du wali de Fès-Meknès, Essaid Zniber, en présence des représentants des services externes (industrie, commerce, santé…etc), industriels et responsables sécuritaires. Réunion qui rassure les opérateurs d’un secteur directement touché par les effets du confinement, et à qui on a donné l’autorisation de reprendre leur activité après l’Aïd. «Cette reprise est conditionnée du respect le plus strict des mesures sanitaires», exhorte le wali. Décryptage.

■ Une reprise sous conditions
Dès lundi 25 mai 2020, l’activité manufacturière devrait reprendre dans les différentes zones industrielles de la ville de Fès. Une reprise sous conditions, dont obligatoirement «le respect le plus strict des mesures barrières, l’hygiène, et la distanciation sociale». Bref, il faut rester vigilants afin d’éviter la propagation du virus dans des clusters industriels. Lors de la réunion du 19 mai, les autorités «ont insisté sur le rôle et la responsabilité des chefs d’entreprises. Lesquels doivent veiller à la mise en place des mesures préventives pour assurer la sécurité et la santé des salariés en milieu industriel», rapporte Mohamed Rkhami Berrada, président de la CGEM Fès-Taza. Selon lui, les mesures demandées figurent de façon détaillée sur les guides élaborés par le patronat. Pour rappel, la CGEM a mis en place trois guides pratiques et un kit de formation au profit des entreprises habilitées à reprendre leurs activités. Deux guides des mesures préventives et sanitaires Covid-19 sont ainsi destinés, respectivement, aux PME et aux grandes entreprises. Le patronat a aussi élaboré un guide pratique d’audit interne sanitaire Covid-19 ainsi qu’un kit de formation mesures sanitaires Covid-19 au profit de l’ensemble du personnel. Ces 4 outils visent à accompagner les entreprises en termes de mesures préventives et sanitaires pour assurer une sécurité maximale à leurs collaborateurs et à leurs clients.

■ Dépistage massif et survie économique
La levée de l’état d’urgence sanitaire passe par la garantie d’une série de conditions. En tête, l’amélioration des indicateurs de la situation épidémiologique. Pour l’instant, la situation est sous contrôle, et la ville de Fès n’enregistre que très peu de nouveaux cas (une seule contamination pour la journée du 19 mai). Malgré ceci, la vigilance est de mise. «Les unités industrielles qui ont repris, ne l’ont fait que de manière partielle, pas plus de 30% de leur effectif», souligne Rkhami Berrada notant que «les ouvriers ont compris qu’il y va de la survie de l’entreprise et que la machine économique doit reprendre». Ainsi, la plupart des salariés qui ont été invités à rejoindre le travail ont répondu à l’appel. A l’exception de ceux qui souffrent d’une maladie chronique, se trouvent en dehors de Fès, ou ceux ayant des raisons familiales. Pour relancer la machine, les industriels ont traité au cas par cas. Signalons que leurs ouvriers bénéficient d’un dépistage sur place. «Les tests massifs ont commencé vendredi dernier. C’est le meilleur moyen pour éviter des foyers épidémiques en milieu industriel», estime le président de la CGEM. Outre les tests du Covid, les visites de la commission mixte de contrôle s’enchaînent. «Ces visites se déroulent dans de bonnes conditions. Les résultats diffèrent d’une société à une autre. En cas de défaillance des mesures obligatoires, les entreprises sont appelées à rectifier les anomalies, pour un prochain passage de la commission dans les 2 ou 3 jours qui suivent», explique Rkhami Berrada.

■ Transport du personnel, gel antiseptique, thermomètre…
La reprise de l’activité industrielle est conditionnée par le respect de la distanciation sociale, le port des masques, le contrôle de la température, et la disponibilité du gel antiseptique et produits désinfectants. «Or, face à une forte demande, il n’est pas toujours évident de trouver facilement ces produits en quantités suffisantes», indique Mouhacine Idrissi, président de l’Amith Fès-Meknès. «Pour les thermomètres, à titre d’exemple, les tarifs ont pratiquement triplé durant les dernières semaines…Et aujourd’hui, ils sont introuvables», déplore-t-il. L’autre problème soulevé par ce textilien est celui du transport du personnel. Celui-ci est assuré, désormais, par les ouvriers eux-mêmes. Du même avis, le président de la CGEM déclare : «Compte tenu des nouvelles règles de distanciation, il faut quasiment doubler la capacité de transport par unité. Ce qui est quasi impossible». Signalons enfin qu’une vingtaine d’unités de textile produisent actuellement des masques de protection. «5 d’entre elles ont déjà entamé l’export des masques vers l’Europe. Notre ambition est d’assurer une reprise saine pour garantir la livraison des commandes des donneurs d’ordre. Pour cela, on doit réunir nos chaînes de production au complet. Mais, ce n’est pas évident», conclut le président de l’Amith.

Un déconfinement progressif

Si pour l’heure, seuls les industriels sont autorisés à reprendre du service, beaucoup d’observateurs s’interrogent sur la relance des autres activités professionnelles (commerce, immobilier, artisanat, cafés…etc). «Surtout que la ville de Fès ne vit pas que d’industrie, il y a bel et bien des secteurs qui ont souffert énormément du confinement», disent-ils. Pour l’heure, il semble que les activités fermées par décision administrative resteront fermées. Le déconfinement devrait être progressif.

De notre correspondant permanent, Youness SAAD ALAMI

 

Retrouvez dans la même rubrique

  • SUIVEZ-NOUS:

  1. CONTACT

    +212 522 95 36 00
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]

    70, Bd Al Massira Khadra
    Casablanca, Maroc

  • Assabah
  • Atlantic Radio
  • Eco-Medias
  • Ecoprint
  • Esjc