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Lectures du Ramadan

«L’intrication de Malabar» Episode 17: «Dieu et la science» (partie 1)

Par L'Economiste | Edition N°:5765 Le 20/05/2020 | Partager

Dans l’épisode précédent

Il me parlait souvent d’Azrou en 1999. Il s’amusait même à zoomer avec Google Earth sur cette région pour me la faire découvrir. Moi je suis de Casablanca, Azrou je ne connaissais pas trop. Merci de me remémorer le bon temps. Il m’a appelé pour me féliciter pour mon prix Nobel. Son appel m’a plus surpris que le prix lui-même. Que dieu ait son âme. Un homme bien. Prodigieusement intelligent, je voyais en lui le nouvel Einstein de notre millénaire. Incroyable qu’il n’ait pas publié ses découvertes sur la physique quantique. Lui aurait pu révolutionner notre monde.
C’est peut-être mieux ainsi. Ce monde, de toutes manières, n’est pas prêt à de telles évolutions. Mais bon… j’ai été honoré de pouvoir le connaître.

Chapitre 13
Ismaïl, Ghni et l’éminence engageaient leur troisième partie de cricket. Ghni était le lanceur. L’éminence le batteur. Le temps s’était réchauffé depuis quelques jours, Ismaïl semblait trouver l’université d’été à son goût. Depuis quelques semaines, les journées étaient organisées autour d’un programme spartiate: philosophie le matin sur des sujets que l’on pouvait débattre à trois. Puis récolter des sous le midi, et reprise du programme pendant le repas: physique quantique. Tout cela sous l’oeil bienveillant de Ghni, qui voyait l’éminence épanoui comme jamais dans son nouveau rôle de précepteur.
L’après-midi, sport après la sieste. L’été s’annonçait radieux.
- Je vais changer ma batte, dit Ghni, marque pourrie, je l’ai achetée à Londres pourtant! Il se dirigea vers le premier arbuste qu’il vit, attrapa la branche la plus épaisse et s’agrippa de tout son poids dessus. Elle céda si facilement que l’éminence et Ismaïl piquèrent un fou rire.
- Si cette branche connaissait ta beauté intérieure, elle serait restée de marbre! lança Ismaïl.
- Il parait que les surdoués ont un grand humour mais leurs blagues sont souvent incomprises et personne n’en rigole. C’est également mon cas, genre quand je dis une blague, on me dit: «Ta gueule, t’es pas drôle». Suis-je surdoué? demanda Ghni.
- Non, t’es juste pas drôle! lâchèrent en même temps dans un fou rire l’éminence et Ismaïl.
- Si je n’avais pas autant d’humilité, je vous dirais que je suis parfait, grommela doucement Ghni.
- J’aime ton humour gras, répondit l’éminence toujours en fou rire.
- Allez, je vous propose une virée au lac d’Afennourrir. C’est à une heure de marche. Je connais bien le coin là-bas. Le club est ouvert. Piscine et tagine chez l’habitant. Cher ministre des Finances, on en est où?
Ghni répondit:
- Moi, c’est la Culture, mais ce n’est pas grave. Il plongea sa grosse main dans la poche de son pantalon multicolore
- Quarante, soixante, soixante-dix. Ismaïl sortit un billet de sa poche.
- Moi j’ai cinquante!
- Mmm, dit l’éminence, mais c’est parfait tout cela! Allez, on pourra même mettre de côté pour notre plan épargne retraite! On y va! Sujet de débat pour l’heure de marche: La conscience survit-elle à l’Homme?
- Je ne vois pas du tout, dit Ismaïl, où la physique quantique se cache dans ce sujet.
- Le monde est un énorme puzzle, en plusieurs dimensions.
Tout au long de ta vie, tu découvriras que ce qu’on t’avait inculqué à la force des convictions de tes enseignants ou parents – était souvent erroné.
- Je veux bien le croire, répondit Ismaïl.

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- On n’a pas soumis à équation la plupart des vérités imposées.
On les a trop souvent intégrées comme des idées socles, que chaque société en son temps crée pour répondre à des équilibres politiques.
Chaque société crée son propre clergé, pour accompagner l’autorité, qu’elle soit cultuelle, financière, culturelle, communiste, libérale ou même nazie, et, à chaque fois, le processus tend à te faire occulter tout ce qui ne peut conforter la théorie.
La recherche scientifique, c’est tout le contraire. On y rentre nu.
On ne croit en rien, on construit tout, pièce par pièce.
- Donc pour vous, un scientifique doit être athée?
- Je crois en un Dieu suprême qui a créé le puzzle. Il nous a donné tous les éléments dans la nature pour comprendre ce puzzle. Mais nous, humains, mettons des barrières aveugles autour du religieux, sans conscience, avec une interdiction de regarder la beauté divine où qu’elle soit, de s’extasier. Deux cerveaux différents qui lisent le Coran, vont pouvoir l’interpréter différemment, sauf si l’on met entre le Coran et ces deux cerveaux un troisième cerveau qui leur dit que c’est sa vision qui prime sur les autres.
- Ah! et vous croyez à une vie après la mort?
- La conscience qui se détache de notre corps? Bien sûr!
Quand j’étais jeune, je l’ai observé, je l’ai presque touchée du doigt!
- Comment?
- Je m’étais intéressé aux cas de personnes plongées dans un coma qui ont vécu une expérience de mort imminente. Les EMI ont fait l’objet de nombreuses recherches et, généralement, les conclusions des médecins font état d’un épisode de conscience transcendante qui se produit quand quelqu’un frôle la mort et est ramené à la vie.
Plusieurs travaux de neurochirurgiens décrivent des images et des sensations «ultra-réelles, éclatantes et riches». L’idée admise par la science que la conscience est produite par le cerveau n’est pas fausse, mais c’est beaucoup plus simple quand on étudie la physique quantique. Quand tu vois quelque chose, que tu le sens ou que tu le goûte, tu stocke l’information dans tes réseaux neuronaux.
- Stockés dans une partie du cerveau?
- C’est ce que l’on croyait, mais c’est faux. Quand on nous rapporte qu’un blessé qui a eu une lésion sévère dans une région corticale du cerveau connue pour le stockage et que, pourtant, il se souvient toujours, c’est qu’on s’est forcément trompé. Si ta pensée, ton langage et tes émotions proviennent du néocortex, nous ne savons pas comment cette conscience se crée. Et ce n’est pas faute d’avoir observé le fonctionnement du cerveau sous toutes ses coutures.

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