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Economie

Les élèves ingénieurs inquiets pour leurs projets de fin d’études

Par Ahlam NAZIH | Edition N°:5763 Le 18/05/2020 | Partager
Les stages suspendus, les PFE piétinent
A l’ENSEM ¾ ont des difficultés
Pour les soutenances et rattrapages, ils préconisent une décision commune des écoles

Ils sont stressés les élèves ingénieurs. Bosseurs, la tête pleine de rêves et d’étoiles, ils ont vu leur cursus chamboulé par la crise pandémique. Plus de travaux pratiques, d’expériences en laboratoire, de mesures…, depuis huit semaines, si ce n’est des simulations à distance. Et plus de stage terrain pour une bonne partie de ceux en fin de parcours, leurs entreprises d’accueil ayant été obligées de tout arrêter.

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Le déficit de données et documentations est la première difficulté rencontrée par les étudiants préparant leur PFE. Ils souffrent également d’un manque d’encadrement pour leurs travaux. Plus du quart ont des problèmes d’accessibilité à internet, et autant à des licences de logiciels

«Cette année, les stages ne sont pas au niveau que nous aurions souhaité pour une bonne préparation au marché du travail, alors que beaucoup craignent de se retrouver au chômage après la crise», confie Youssef, étudiant à l’ENSEM (Ecole nationale supérieure d’électricité et de mécanique).Ceux souhaitant poursuivre leurs études à l’étranger sont entre deux feux: Un PFE qui piétine, et la peur de rater des inscriptions en raison des délais de soutenance qui s’allongent.

A l’ENSEM, une enquête du Bureau des étudiants auprès de 164 participants a révélé que 72% sont obligés de se déplacer dans une autre région ou une autre ville de leur région pour effectuer leur stage. Avec l’interdiction des déplacements entre villes cela signifie que près des trois quarts ont été obligés soit de poursuivre en ligne leur lien avec leur entreprise, soit carrément de tout arrêter. A l’ENSAM (Ecole nationale supérieure des arts et métiers) Casablanca, un sondage auprès de 741 étudiants a montré que 41% ont vu leur stage suspendu, tandis que 55% ont continué  en mode télétravail (chiffres au 30 mars 2020).

Evidemment, cette situation se répercute sur les PFE. Du côté des étudiants de l’ENSAM Casablanca, à fin mars, le quart était à moins de 10% d’avancement de son projet, et 43% entre 10 et 30%. Seulement 10% étaient à 50% et plus. L'école assure, cependant, que depuis, des mesures d'accompagnement ont été prises, et tous les étudiants ont pu poursuivre leurs projets à distance et "avancer correctement". 

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Les deux tiers des étudiants de l’ENSEM déclarent ne pas pouvoir assurer la soutenance de leur mémoire de stage en juin, faute de données et d’encadrement

Pour leur part, les étudiants de l’ENSEM sont 77% à déclarer avoir des difficultés à progresser dans leur PFE. Parmi eux, 13% sont totalement bloqués, et 7% ont choisi de changer de sujet, faute de données. La majorité entretiennent des contacts peu réguliers avec leurs encadrants industriels. Leur dernier contact date d’une période allant de 7 jours à 2 mois.

Manquant de données, d’encadrement et même d’outils pour travailler (logiciels, internet…) ils peinent à avancer. Les deux tiers affirment ne pas pouvoir soutenir leur mémoire de stage en juin comme cela est d’usage. Les 33% restants se disent en majorité (85,2%) prêts à le faire en ligne.

Cela fait, d’ailleurs, partie des recommandations des étudiants de l’ENSEM: des pré-soutenances et soutenances à distance. Ils préconisent aussi de rallonger la durée des stages pour les étudiants en difficulté, en coordination avec leur organisme d’accueil, et d’autoriser des changements de sujet, tout en accordant des délais supplémentaires pour la préparation du PFE.

Pour les étudiants, la révision du calendrier des soutenances et des rattrapages devrait faire l’objet d’un accord entre les écoles d’ingénieurs, «afin de synchroniser la décision prise, vu que toute planification indépendante influencera le principe d’égalité des chances sur le marché du travail».

Ahlam NAZIH

 

 

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