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Post-Covid: Nizar Baraka veut aller à contre-courant

Par Mohamed CHAOUI | Edition N°:5755 Le 06/05/2020 | Partager
Une grande crise, complexe «qu’il ne s’agit pas d’affronter de manière classique»
Une loi de finances rectificative pour le sauvetage de l’économie
Appel à la mise en place d’un plan d’appui à la classe moyenne
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«Faut-il continuer les politiques suivies pour produire des disparités sociales, marginaliser le rôle de l’Etat par rapport aux prestations publiques essentielles et augmenter l’enrichissement des riches. Ou bien construire des politiques qui vont garantir la réduction des disparités sociales et territoriales?», s'interroge Nizar Baraka, SG de l'Istiqlal (Ph. Fadwa Al Nasser)

Après des semaines de réserve, les chefs des partis politiques commencent à monter au créneau. Nizar Baraka, qui a été l’invité de la Fondation Lafqui Titouani, a décliné, par visioconférence, sa vision sur la situation du Maroc et les moyens de s’en sortir. Une grande crise, complexe qu’il ne s’agit pas d’affronter de manière classique, dit-il. Relance ou austérité?

Pour le secrétaire général de l’Istiqlal, «la question est faussée, car nous sommes face à un phénomène avec un problème de l’offre et de la demande, toutes les deux ayant enregistré un grand recul». Du coup, tous les pays vont choisir la relance économique, ce qui augmentera le déficit budgétaire. L’UE est également disposée à aller au-delà du plafond de 3% pour atteindre 7%.

Le Maroc n’échappera pas à un déficit budgétaire de l’ordre 7 à 8%, si on prend en compte le ralentissement économique et le recul des ressources. C’est pour cette raison que l’ancien ministre de l’Economie et des finances inverse l’équation: «faut-il continuer les politiques suivies pour produire des disparités sociales, marginaliser le rôle de l’Etat par rapport aux prestations publiques essentielles et augmenter l’enrichissement des riches. Ou bien construire des politiques qui vont garantir la réduction des disparités sociales et territoriales?».

Il préconise de mettre fin aux politiques de dépenses pour les grandes entreprises, qui obtiennent des avantages et profitent de l’économie de rente. Le SG de l’Istiqlal plaide en faveur d’une économie des solidarités et de production afin d’améliorer les dépenses publiques et les services rendus aux citoyens.

«Ce sont autant d’éléments qui nous ont poussés à réclamer une loi de finances rectificative pour changer les priorités. L’idée est de se mettre d’accord sur les choix à faire obligatoirement pour dépasser le Maroc des egos, des disparités sociales et spatiales, pour adhérer  à une répartition équitable de la fortune», souligne Nizar Baraka. Au cours de ce débat qui aura duré près de 2 heures, il a abordé d’autres points dont les plus importants sont les suivants.

                                                                                       

■ L’incontournable loi de finances rectificative?

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Le sauvetage de l’économie nationale, la mise en place de politiques sectorielles, voire à l’intérieur de chaque secteur très affecté par l’impact de la pandémie,… Ce sont autant d’éléments que doit comporter le projet de loi de finances rectificative que le gouvernement compte proposer en juin prochain. Car, après le déconfinement, «la relance n’interviendra pas du jour au lendemain, surtout que différents secteurs dépendent de la demande extérieure». Selon lui,  6.300 entreprises ont fermé leurs portes en mars, d’autres vont suivre, avec les pertes d’emplois qui s’en suivent. C’est pour cela que l’Istiqlal a réclamé de lier le bénéfice de certaines mesures comme Damane Oxygène à la condition de ne pas licencier le personnel. La pandémie a réconforté l’Istiqlal dans sa revendication de mettre en place une politique spéciale en faveur du soutien à la production nationale. D’ailleurs, le parti a appelé à mener une campagne pour consommer les produits marocains, une manière franche d’appuyer l’emploi dans notre pays.

■ Plan d’appui de la classe moyenne
Nizar Baraka appelle à la mise en place d’un plan de soutien à la classe moyenne dont le pouvoir d’achat a été malmené au cours de ces dernières années. «Avec la pandémie, des personnes ont perdu jusqu’à deux tiers de leurs salaires. Il s’agit de rectifier le tir pour le sauvetage de cette classe moyenne, une soupape de sécurité et de la stabilité dans le pays», indique-t-il.

■ Quid de la place du Maroc dans la nouvelle répartition mondiale du travail

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Pour l’ancien ministre, il est nécessaire de saisir les opportunités à deux niveaux. Le premier s’appuie sur l’UE qui s’est retrouvée acculée à compter sur des produits chinois à hauteur de 80%. Elle va sans doute chercher à rapprocher ses productions à l’Intérieur de l’Union ou dans des pays du voisinage. Le Maroc est bien positionné. Le deuxième niveau est lié à la Chine, qui a un partenariat stratégique avec Rabat. Ce grand pays souhaite également rapprocher ses productions de ses marchés. De ce point de vue, le Maroc est éligible pour jouer ce rôle et attirer les investissements, à la condition d’être prêt pour bénéficier de sa part dans la nouvelle répartition mondiale du travail.

■ Un gouvernement d’union nationale n’est plus d’actualité
Selon Nizar Baraka, «la logique d’un gouvernement d’union nationale est dépassée. Car, nous sommes dans un contexte d’unité nationale, conduite par SM le Roi pour faire combattre la pandémie». Par contre, l’ancien ministre a insisté sur l’importance du travail commun que doivent mener les partis politiques dans cette circonstance exceptionnelle. Il s’agit de se mettre d’accord pour un contrat social, qui renforce l’immunité de notre pays face aux effets de n’importe quelle autre pandémie ou catastrophe et augmente le niveau de résilience face à tous les chocs futurs.

■ Fonds de la Zakat

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Pour soutenir les familles impactées par la pandémie, l’Istiqlal est favorable à l’activation, à moyen terme,de l’idée de la création d’un Fonds spécial de la Zakat. En attendant, les citoyens sont invités à injecter l’argent de Zakat dans le Fonds spécial pour la gestion de la pandémie du Covid-19. «Cela marchera parce que nous savons où va cet argent: l’appui de 5 millions de personnes, l’achat de matériel pour les hôpitaux,…», indique Nizar Baraka.

■ Priorité aux TPME et aux PME

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Beaucoup de ces structures sont au seuil de la faillite. Après la fin de Damane Oxygène en juin, elles n’auront plus les moyens de poursuivre leurs activités par manque de trésorerie, prédit l’ancien ministre des Finances. «C’est pour cette raison qu’il est nécessaire de proroger la durée de cette garantie. Car 3 mois sont insuffisants, il en faut 6», dit-il.

Projet de loi maudit

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La pression de l’opinion publique a finalement produit son effet. Le ministre de la Justice a demandé le report du projet de loi 22.20 relatif à la réglementation des réseaux sociaux (cf www.leconomiste.com). Le texte devra faire l’objet d’une large consultation notamment des partis politiques, des syndicats et de la société civile. En tout cas, avant même cette décision, Nizar Baraka avait affiché sa position : refus du projet, demande de son retrait, avant d’en élaborer un nouveau. A l’avenir, il faudra le faire dans la transparence. Car, normalement, les projets de loi sont mis sur le site du SGG pour susciter le débat et recevoir des propositions du public. «Pour ce texte, cela n’a pas été fait et c’était intentionnel», note Nizar Baraka s’est également interrogé sur la fuite organisée : «pourquoi programmer ce projet dans un contexte d’unanimité nationale ? La coalition gouvernementale devait se réunir pour régler ses différends, dans le cadre de la charte de la majorité».

Mohamed CHAOUI

 

 

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