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Economie

Import des blés: La facture s’annonce salée

Par Abdelaziz GHOUIBI | Edition N°:5754 Le 05/05/2020 | Partager
Le gel de l’export des céréales russes attise la hausse des prix
Le Maroc dispose à peine d’un stock couvrant 4,5 mois de besoins
Deux saisons successives de faible production

Par ce temps de crise sanitaire, l’alimentaire va-t-il gagner encore plus sur l’échiquier des produits stratégiques? La question mérite d’être soulevée face aux mesures restrictives qui risquent d’affecter le marché mondial de produits alimentaires. A commencer par les denrées de base, en particulier les céréales. La Russie, premier exportateur mondial de blé, vient d’ouvrir le bal, en annonçant sa décision de suspendre ses exportations de céréales jusqu’au 1er juillet prochain.

En France, des voix parlementaires s’interrogent sur l’opportunité de limiter les ventes à l’étranger, en particulier du blé de panification dont l’Hexagone est largement excédentaire. Faut-il voir, dans ces exemples, une manière de prémunir les populations concernées contre une éventuelle pénurie? Ou bien un signe avant-coureur de politisation du marché des céréales?

Quoi qu’il en soit, une telle orientation pourrait, à terme, générer une hausse des prix sans lien avec l’état des stocks mondiaux. D’ailleurs, c’est ce qui a fait réagir les organisations comme la FAO, l’OMC et l’OMS lorsqu’en avril dernier Moscou avait décidé de «limiter ses exportations de céréales à 7 millions de tonnes jusqu’au 30 juin». Elles redoutaient des pénuries alimentaires, alors que pour les autorités russes, il s’agit d’assurer la «stabilité du marché local».

Sauf que sur les places de négoce international, la décision de Moscou risque de faire monter les cours déjà élevés. Vendredi sur Euronext, la tonne de blé tendre se négociait à 199 euros sur l’échéance rapprochée de mai et celle de maïs en juin à 165,75 euros.

Quel serait alors l’impact pour le Maroc qui vient d’enregistrer une faible production céréalière? A n’en point douter, la fracture sera salée. Surtout si la situation des stocks n’atteint pas un niveau suffisant. 

Pour le moment, le ministère de l’Agriculture assure que «le disponible couvre 4,5 mois de consommation». Ce stock est par ailleurs renouvelé en permanence à travers les différentes mesures prises par le gouvernement. Traduisez, le gel des droits d’importation applicables au blé tendre et à l’orge. Or, les données de l’Office des changes sur l’import des céréales au premier trimestre fait ressortir que le paquet a été surtout mis sur les achats d’orge et du maïs. Histoire d’appuyer le plan de sauvetage du cheptel.

Ce qui est sûr, c’est que le pays fait face à un déficit alarmant en matière de production céréalière. L’estimation prévisionnelle de la récolte des trois céréales principales est de 30 millions de quintaux, soit 42% de moins par rapport à la campagne précédente. Elle-même, en retrait par rapport à la saison 2017-2018. Rapporté à cette campagne, le plongeon s’établit à plus de moitié.

Par espèce, la production céréalière se répartit en 16,5 millions de quintaux de blé tendre, 7,5 millions de blé dur et 5,8 millions de quintaux d’orge.

200 kg de blé par habitant et par an

Le Maroc compte parmi les gros consommateurs du blé. En moyenne, 200 kg sont consommés par habitant et par an, soit 3 fois plus que la moyenne mondiale. A travers le pain notamment, cette céréale est un aliment de base dans le régime alimentaire. Mais le pays ne produit pas suffisamment, et entre 2014 et 2019, la production locale n’a permis de couvrir que 54% des besoins en céréales (blé, maïs, orge). Pour le blé tendre, cette proportion chute à 30%. Le reste étant pour cette céréale la plus consommée. Les importations marocaines varient en fonction de la production locale, assez fluctuante, mais oscillent en moyenne autour de 6 millions de tonnes.

A.G.

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