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Economie

Agriculture durable/ OCP: Comment optimiser les récoltes malgré la faible pluviométrie

Par Amin RBOUB | Edition N°:5747 Le 23/04/2020 | Partager
Des semis directs pour sortir de la fatalité du labour conventionnel
Couverture de plus de 10.000 hectares dans 18 provinces et 76 communes
Cultures ciblées: Céréales et légumineuses

Dans un contexte assez défavorable pour l’agriculture (crise sanitaire du Coronavirus, déficit pluviométrique  voire un scénario de sécheresse et une campagne particulièrement difficile), le groupe OCP mobilise technologies et démarche scientifique pour renforcer davantage la résilience des agriculteurs, notamment les petits d’entre eux. Cette année, malgré la faible pluviométrie et la menace de la sécheresse, l’OCP réalise des exploits grâce au programme de  semis direct Al Moutmir.

Une solution technologique pour augmenter la résilience de l’agriculture face aux changements climatiques. L’objectif est de contribuer à l’émergence de modèles de développement agricoles inclusifs, créateurs de valeurs et d’impact durables. 

Il s’agit là des premiers résultats probants d’un programme inclusif qui a réussi grâce à la mobilisation des coopératives et d’agriculteurs volontaires.  Concrètement, à travers cette opération d’envergure nationale,  l’OCP a mis à la disposition des agriculteurs 35 semoirs en plus d’un accompagnement scientifique le long de la conduite technique des cultures.

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Au total, 600 plateformes de démonstrations ont été installées cette année dans le programme de semis direct d’Al Moutmir. Parmi les cultures concernées, figurent le blé tendre, blé dur, orge et fèverole. Les plateformes sont réparties sur 15 provinces, 76 communes territoriales. Elles sont déployées sur plus de 10.000 hectares

L’enjeu étant d’encourager les coopératives à utiliser les semoirs et en tirer le maximum de profit auprès d’un maximum d’agriculteurs, surtout les petits. Parmi les cultures ciblées, figurent  les céréales et légumineuses. Cette phase pilote aura permis  la couverture de plus de 10.000 hectares.

L’expérience a démontré que les parcelles, où les agriculteurs ont utilisé le semis direct, ont réalisé de meilleures performances que celles  avec un labour conventionnel et ce, malgré un contexte marqué par le manque de précipitations. Selon l’OCP, le premier bilan de cette opération a rencontré un franc succès avec un impact considérable aussi bien sur les rendements  que sur les ressources naturelles. Plus encore, malgré la rareté des précipitations au niveau des différentes plateformes de semis direct, les résultats sont prometteurs comparés à ceux de superficies cultivées en mode conventionnel.

Parmi les indicateurs positifs, figurent l’amélioration nette du taux de levée de 12% en moyenne  à l’échelle nationale ainsi que la réduction considérable du coût de travail du sol  de 900 à 1.200 DH par hectare, soit plus de 80% du coût global des travaux du sol. S’y ajoute une nette réduction des coûts de la semence (de 100 à 130 DH à l’hectare), soit 30 à 35% des dépenses en semences. Les experts relèvent également une amélioration moyenne de 10% dans l’homogénéité du couvert végétal ainsi qu’une «forte tolérance au stress hydrique aux stades  de tallage et de montaison avec une  précocité dans l’épiaison dans les zones Bour défavorable».

Plus important encore, la limitation de la perte d’eau par évaporation ainsi qu’une meilleure utilisation de la réserve en eau du sol. De l’avis d’agriculteurs d’une plateforme bénéficiaire dans la province de Safi (Commune Dar Si Aissa), «la particularité de cette démarche, c’est que la technique du semis direct est prématurée dans la région. Elle a donné des résultats incroyables par rapport au témoin semé conventionnellement, surtout sous la rareté des pluviométries et les aléas climatiques qu’on vit actuellement».

Autre témoignage de la région de Safi, Thami El Khabyr, jeune et petit agriculteur: «Les fellahs ne s’attendaient pas aux résultats obtenus, surtout en les comparant avec la majorité des parcelles semées conventionnellement et qui ont été jugées sinistrées».

Cette initiative intervient, rappelons-le, dans un contexte caractérisé par les changements climatiques et surtout la rareté des précipitations. Selon les experts du groupe OCP, ce concours de circonstances requiert des ruptures. «Il est nécessaire de se pencher sur des modèles territoriaux de transition agro-écologique de l’agriculture qui puissent mettre à l’échelle des mesures variées et complémentaires d’adaptation».

C’est dans cette logique que le groupe OCP a lancé (en octobre 2019)  son offre de semis direct avec le concours de plusieurs associations et coopératives agricoles à l’échelle nationale.  Le défi consiste à contribuer à la promotion de «mesures d’adaptation de l’agriculture marocaine aux changements climatiques via un développement agricole résilient».

18 provinces et 76 communes territoriales

Au total, la phase 1 du programme Al Moutmir des semis directs  a couvert 18 provinces et 76 communes territoriales. L’opération a porté sur des superficies de plus de 10.000 hectares avec plus de 95% de cultures en céréales. Le reste est réparti entre des légumineuses (4%), oléagineux et textiles (colza et lin) à raison de 1%.  A travers cette initiative, 35 semoirs ont été mis à la disposition des coopératives et autres associations agricoles avec 600 plateformes de démonstrations dédiées. Les semoirs ont été mis à la disposition des coopératives qui se sont chargées de déployer le programme selon un cahier des charges établi et en coordination avec les ingénieurs agronomes Al Moutmir. Cette dynamique a impacté positivement la relation «agriculteur» et «communauté» et a stimulé la prise de décision collective. Le programme de semis direct Al Moutmir a été pensé et mis en œuvre dans le cadre d’une approche participative fédérant plusieurs acteurs: associations et coopératives, experts scientifiques, experts de l’agriculture de conservation, industriels... 

                                                                                

«Passer d’une activité de subsistance à un business rentable»

Lancée en septembre 2018, l’initiative Al Moutmir de l’OCP est une offre multiservices comprenant des solutions innovantes et personnalisées pour mieux accompagner les agriculteurs et surtout les petits d’entre eux. Cette initiative est axée sur la promotion des meilleures pratiques agricoles, techniques et de gouvernance, en particulier la fertilisation raisonnée en tant que véritable levier pour améliorer la productivité et préserver les ressources naturelles.

Le programme Al Moutmir comprend des produits et solutions, des services de vulgarisation agricole (analyses de sols, formations, plateformes de démonstration, suivi et accompagnement…), ou encore des solutions technologiques «user friendly» ainsi qu’un dispositif de renforcement de capacités en faveur des agriculteurs, des femmes rurales, de coopératives et de jeunes leaders.

L’ambition est de doter les agriculteurs d’outils nécessaires pour passer d’une activité de subsistance à un business rentable et durable. La démarche scientifique se trouve au cœur de toutes les offres d’Al Moutmir pour assurer la durabilité de l’initiative.

                                                                                

Nouveau modèle de transition agro-écologique

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Pilier de l’agriculture de conservation, le semis direct consiste à utiliser des semoirs adaptés avec zéro labour, préservant ainsi les sols, les stocks d’eau tout en contribuant au développement de la vie microbienne des sols.

Il s’agit ainsi d’une simplification poussée du travail du sol dont l’idée maîtresse consiste à implanter une culture sans travail préalable du sol, tout en effectuant une ouverture dans le sol pour déposer la semence à la profondeur souhaitée.

Le sol n’est pas travaillé, il est maintenu couvert en permanence par une biomasse sèche de résidus végétaux. La technique a fait ses preuves dans de nombreux pays du monde dont le climat semi- aride ou aride et la nature des sols présentent les mêmes caractéristiques et des similitudes avec ceux du Maroc.

Le semis direct présente ainsi de nombreux avantages, tels que:

- la protection du sol contre l’érosion par l’eau et par le vent grâce à la couverture de résidus,
- l’amélioration  significative de la structure et de l’activité biologique du sol,
- la diminution de la compaction grâce à la circulation réduite et à une meilleure capacité portante des sols.
- la réduction  des  coûts  d’achat,  d’opération et d’entretien  de la machinerie.
- la demande réduite en énergie.

A l’origine de l’introduction de cette technique au Maroc,  des efforts entrepris par le département de l’Agriculture ainsi que des recherches menées  par l’INRA ou encore l’Université Mohammed VI Polytechnique de Benguérir... L’OCP intervient en tant qu’accélérateur à travers la facilitation et l’adoption de cette pratique qui vise à augmenter la résilience de l’agriculture face aux changements climatiques. 

L’objectif de cette initiative (plus connue par Al Moutmir) à travers son programme de semis direct est de soutenir considérablement cette lancée et accélérer ainsi l’adoption du semis direct à l’échelle nationale en tant que levier-clé du nouveau modèle de transition agro-écologique de l’agriculture au Maroc.

Amin RBOUB

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